Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Des milliers de militants anti-bassines ont affronté les forces de l’ordre ces derniers jours dans la Vienne, les Deux-Sèvres et en Charente Maritime. Vendredi, sur la commune de Migné-Auxances, au nord de Poitiers, les tirs de gaz lacrymogènes de la police ont mis le feu à un champ. Samedi, à la Rochelle, les policiers s’en sont pris à un premier cortège de 4 000 personnes qui se dirigeait vers le port de commerce. Un second cortège, composé de 3 000 personnes, a longé la côte depuis le centre-ville pour s’approcher à pied, certains en kayaks ou canots gonflables, du terminal agro-industriel du port de La Pallice. Cette deuxième journée de mobilisation visait à dénoncer les grands acteurs de la filière céréalière, associés à la construction des réserves d’eau contestées et à un accaparement de l’eau par l’agro-industrie. Toutes ces manifestations ont lieu dans le cadre du « Village de l’eau », organisé jusqu’à dimanche à Melle par le collectif Bassines Non Merci, les mouvements écologistes Les Soulèvements de la Terre et Extinction Rébellion, l’union syndicale Solidaires et l’association altermondialiste Attac, avec la participation de 120 structures militantes locales. Et, malgré la présence massive et la violence des policiers et autres pandores, les anti-bassines sont parvenus, une fois de plus, à faire entendre leur voix.

L’hebdomadaire Challenges vient de réaliser son classement annuel des 500 Français les plus riches. Pour la première fois, leur fortune cumulée vient de dépasser la barre des 1 200 milliards d’euros, soit 5 % de plus qu’en 2023. Les 10 premiers du classement détiennent la moitié de ces richesses. Et la fortune des quatre plus riches d’entre eux a augmenté de 87 % depuis 2020. Quant au nombre de milliardaires il a plus que doublé en 10 ans, passant de 67 à 147. Bernard Arnault (LVMH) reste en tête du classement avec une fortune évaluée à 190 milliards d’euros. Le seuil minimal pour accéder à ce top 500 est passé à 245 millions d’euros en 2024, soit 10 millions de plus qu’en 2023. Ce seuil n’était « que » de 165 millions en 2014. Il est plus que temps que les classes laborieuses fassent les poches de cette bande de profiteurs et d’exploiteurs.

La Cour internationale de justice, qui siège à La Haye, aux Pays Bas, est la plus haute juridiction de l’ONU. Elle vient d’estimer que l’occupation par l’État sioniste de territoires palestiniens depuis 1967 était « illégale » ajoutant qu’elle devait cesser « le plus rapidement possible ». Cet avis n’est pas contraignant ce qui fait que les massacres à Gaza, les expropriations en Cisjordanie et les expulsions de Palestiniens de Jérusalem Est vont continuer de plus belle. Et cela ne s’arrêtera pas tant que les principaux soutiens d’Israël – c’est à dire les puissances occidentales, États-Unis en tête mais aussi la France et l’Union européenne – continueront de soutenir politiquement, financièrement et militairement ce gendarme de l’impérialisme mondial au Moyen-Orient.

Un bateau de migrants a pris feu au large de l’île, faisant au moins 40 morts et plusieurs blessés, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). « Le navire, transportant plus de 80 personnes, a quitté Labadie dans le nord d’Haïti en direction des îles Turques-et-Caïques », avant l’incendie, indique un communiqué de l’OIM. Un drame qui illustre l’ampleur de la crise dans le pays le plus pauvre des Caraïbes. La situation socio-économique d’Haïti est à l’agonie. L’extrême violence de ces derniers mois n’a fait qu’inciter les Haïtiens à recourir encore davantage à des mesures désespérées pour fuir la misère. Et le porte-parole de l’OIM, Grégoire Goodstein, de poursuivre : « Le manque d’opportunités économiques, l’effondrement du système de santé les fermetures d’écoles et l’absence de perspectives poussent de nombreuses personnes à considérer la migration comme le seul moyen de survie ». Un choix dangereux qui les conduit bien souvent à la mort.

Le très réactionnaire sénateur James David Vance, 39 ans, a été choisi par Donald Trump comme colistier pour l’élection présidentielle américaine de novembre prochain. Dans son adresse à la Convention républicaine il a rappelé son enfance dans une famille pauvre de Middletwon, une ville industrielle de l’Ohio, et a promis de se battre pour les « travailleurs » plutôt que pour « Wall Street ». Ce qui a dû faire sourire les délégués qui connaissent les efforts de Trump et de son équipe pour faire financer leur campagne par Wall Street en général et les grands noms de la Silicon Valley en particulier. Cette pseudo-défense des travailleurs se résume en une simple formule : « Nous n’importerons pas de main-d’œuvre étrangère. » Haro sur les migrants ! Mais la sortie de Vance n’est pas gratuite. Il espère gagner les voix d’une partie au moins de la classe ouvrière de Pennsylvanie, du Wisconsin et du Michigan – trois États de l’ancienne ceinture industrielle du pays tombée en déshérence – qui connaissent chômage et misère et qui étaient acquis jusqu’à là de justesse aux Démocrates. Avec un tel ami, la classe ouvrière américaine n’a pas vraiment besoin d’ennemis.

Le dictateur du pays, Paul Kagame, a obtenu un score de 99,18 % lors de l’élection présidentielle où il ambitionnait de succéder… à lui-même. Il obtient donc un quatrième mandat prolongeant pour cinq ans son règne à la tête d’un pays qu’il dirige depuis trente ans. En outre, il a pris soin de modifier la Constitution pour pouvoir se représenter… jusqu’en 2034. Pour parvenir à ce « triomphe » dans les urnes il avait pris soin d’interdire à sa principale rivale, Victoire Irigabire, de faire acte de candidature. On n’est jamais trop prudent…

Un tribunal a condamné le journaliste américain Evan Gershkovich à 16 ans de prison, marquant la fin d’un procès expéditif à huis clos pour « espionnage », une accusation jamais étayée. D’ailleurs, interrogé sur le bien fondé de ces accusations, le Kremlin a toujours refusé de les préciser. « Les accusations d’espionnage sont une chose très sensible, nous ne pouvons pas faire d’autres commentaires », a éludé le porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitri Peskov. Le reporter du Wall Street Journal, âgé de 32 ans, devra purger sa peine dans une colonie pénitentiaire à « régime sévère », ce qui signifie des conditions de détention très strictes, comparées au « régime normal ». L’ONG Reporters sans frontières a dénoncé « un autre exemple flagrant de prise d’otage inacceptable ». « Prise d’otage » car il est probable que Gershkovich n’a jamais espionné quiconque. Il a été arrêté et condamné uniquement pour servir de future monnaie d’échange contre des prisonniers russes détenus aux États-Unis. Ainsi va la justice sous le doux régime de Poutine.

Cette semaine les autorités ont procédé à l’expulsion de nouveaux campements dans le nord de Paris à quelques jours du début des Jeux olympiques. Coup sur coup, un camp d’environ 250 personnes a été évacué dans le nord de Paris, près du canal de l’Ourcq, puis deux autres le long du canal Saint-Denis. Pour les personnes sans-abri évacuées ces derniers mois, il s’agit d’un « nettoyage social ». Paul Alauzy, coordinateur Médecins du monde et membre de l’association Le Revers de la médaille, le constate : « Chaque évacuation est marquée du sceau olympique. » Et de poursuivre : « Ils sont évacués parce qu’ils sont sur le passage de la flamme olympique. Le canal Saint-Denis, la flamme va y passer le 26 juillet pour être menée de la porte de la Villette jusqu’au Stade de France pour la cérémonie d’ouverture. » En résumé, ces « salauds de pauvres » ne doivent pas gâcher la « grande fête olympique et populaire » qu’on nous promet. Comme le dénoncent les associations d’aide aux migrants : « Le nettoyage social est gravé dans l’ADN des Jeux olympiques. »

La présidente sortante, Yaël Braun-Pivet, a été réélue à la tête de l’Assemblée nationale avec 220 voix, à l’issue d’un vote serré en trois tours, devant le député du Nouveau Front populaire, le communiste André Chassaigne (207 voix) et Sébastien Chenu du Rassemblement national (141 voix). Braun-Pivet a bénéficié des voix des macronistes, des centristes et de la droite républicaine… et des 17 ministres démissionnaires. « Le vote des Français aux élections législatives a été volé par une alliance contre nature » entre le camp présidentiel et la droite, a dénoncé André Chassaigne, après sa défaite. On voit mal en quoi un accord ou un marchandage entre les différentes nuances de la droite est contre nature. Elle est plutôt dans la nature des choses. Depuis le second tour des législatives, le Nouveau Front populaire a d’abord pleurniché en reprochant à Macron de refuser de l’appeler au gouvernement (bien que ses différentes composantes n’arrivent toujours pas à se mettre d’accord sur le nom d’un possible premier ministrable), ensuite sur le fait que la droite et le centre ne jouaient pas le jeu. Ce qui laisse entendre que pour appliquer son programme, le Nouveau Front populaire devrait avoir sinon le feu vert, du moins la neutralité bienveillante, de Macron, de la droite et sans doute des patrons. Bon courage…