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Brèves

L’actualité en bref

Au moins 29 personnes ont été tuées dans une école du sud de la bande de Gaza, dans la quatrième frappe contre un établissement scolaire du territoire palestinien en quatre jours. L’armée israélienne a promis « de vérifier les informations sur cette nouvelle frappe ». Une façon habituelle de botter en touche pour refuser d’assumer ce qui se produit quotidiennement dans ce territoire palestinien : un massacre des innocents.

À la veille de l’installation du nouveau président « réformateur » Massoud Pezeshkian, le pouvoir judiciaire a condamné à mort Sharifeh Mohammadi, accusée d’être membre d’un parti séparatiste kurde interdit et d’appartenir à un groupe de militants syndicaux. Elle a été victime de tortures mentales et physiques par des agents du renseignement en détention, notamment en étant placée plusieurs mois à l’isolement. Cette mère de famille de 45 ans avait été arrêtée en décembre 2023 et détenue en secret pendant des mois. Sans nouvelle, son mari a tenté d’obtenir des informations sur le cas de sa femme et a été arrêté par des agents du ministère du Renseignement le 11 juin 2024, avant d’être libéré sous caution plus tard dans le mois. Les trois choses que reprochent les autorités à cette ingénieure en design industriel est d’être une femme, kurde et militante syndicale. L’ONG Iran Human Rights affirme avoir comptabilisé au moins 249 exécutions cette année, dont dix femmes envoyées à l’échafaud, au cours des six premiers mois de l’année 2024.

Un militant indépendantiste, Rock Victorin Wamytan, a été tué par une balle en pleine poitrine, tirée par un tireur d’élite du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale. Les faits se sont produits sur la commune du Mont-Dore, lors d’une opération de déblocage d’une route qui relie le sud de la Grande Terre au reste du territoire. Il est le dixième mort de cette révolte qui a éclaté en mai : deux gendarmes, dont l’un tué par un tir accidentel d’un collègue, et huit jeunes Kanak, tous tués par balles, soit par les gendarmes, soit par des miliciens armés. Rock Victorin Wamytan était le neveu de Roch Wamytan, chef de la tribu de Saint-Louis, président de l’Assemblée territoriale et une figure indépendantiste, signataire des accords de Nouméa de 1998. Depuis le 13 mai dernier, treize dirigeants indépendantistes ont été emprisonnés dont sept déportés en Métropole. En outre 1 703 personnes ont été arrêtées depuis le 13 mai. La plupart sont des Kanak, car les membres des milices armées anti-indépendantistes, ne sont pas, eux, inquiétés.

Deux femmes trans ont été assassinées coup sur coup en quelques jours, l’une à Paris, l’autre à Compiègne, dans l’Oise. La première, une prostituée, a été poignardée par un client, la seconde tuée à la hache par son compagnon. « L’augmentation des discours transphobes, comme des propositions de lois de facto discriminantes, mènent à ces crimes de haine contre les personnes trans », a dénoncé sur son copte X (ex-Twitter) la sénatrice écologiste de Paris, Anne Souyris, en référence à un texte discriminatoire adopté au printemps dernier par le Sénat malgré l’opposition des associations LGBT. Et la résurgence des préjugés racistes, homophones et transphobes à l’occasion des récentes législatives, rend le climat de plus en plus irrespirable, voire dangereux, pour les personnes trans.

Après dix-sept ans de chantier, douze ans de retard et un coût final multiplié par quatre, l’EPR de Flamanville, dans la Manche, va enfin entrer en fonction. Cette centrale nucléaire de nouvelle génération est censée produire à terme de l’électricité à bas-coût. À l’origine, sa mise en service était prévue… en 2012. Mais, depuis lors, les problèmes techniques, les mal-façons et les couacs de toutes sortes se sont multipliés au point que l’on vient sérieusement à douter de sa fiabilité. Mais il paraît qu’aujourd’hui ce « fleuron de la technologie française » sera bientôt opérationnel. Cocorico… mais on en parlera sans doute dans dix ans.

C’est la très sérieuse revue médicale britannique The Lancet, qui fait autorité dans le monde scientifique et de la recherche, qui l’affirme. Si la guerre s’arrêtait maintenant, le bilan à Gaza pourrait dépasser les 186 000 victimes palestiniennes. Ce chiffre représenterait près de 8 % des 2,3 millions d’habitants avant la guerre. Cette multiplication par presque cinq du bilan officiel du ministère de la Santé de l’enclave palestinienne (38 000 morts) est due aux morts « indirectes » qui pourraient survenir, selon la revue. Le nombre réel de décès pourrait être beaucoup plus élevé en raison de la destruction massive des établissements de santé, des réseaux de distribution de nourriture et d’autres infrastructures vitales. L’étude s’est également penchée sur les allégations de falsification de données par le ministère de la Santé de Gaza (tenu par le Hamas), affirmant que les services de renseignement israéliens, les Nations unies et l’Organisation mondiale de la santé jugent tous ces accusations « peu plausibles ». L’étude conclut que : « Il est essentiel de documenter l’ampleur réelle de la catastrophe pour garantir la responsabilité historique et reconnaître le coût total de la guerre. » Un coût qui risque d’être faramineux tant sur le plan humain que matériel.

L’ONG allemande Sea-Eye a annoncé avoir secouru des bateaux de migrants cinq fois en 24 heures, sauvant au moins 230 personnes dont une mère et son bébé. « Cela montre l’état d’urgence qui règne actuellement en Méditerranée et combien il est important que nous soyons là pour sauver des vies », a affirmé l’ONG dans un communiqué. Après en avoir transféré une partie sur un navire des garde-côtes italiens, le navire de l’ONG allemande a dû transporter environ 170 personnes vers le port de Gênes, 1 100 kilomètres plus au nord, une destination qui lui été avait assignée par les autorités italiennes dans le but de gêner son activité. Depuis son arrivée au pouvoir, en octobre 2022, la coalition de la Première ministre d’extrême droite Giorgia Meloni cherche à endiguer l’arrivée de bateaux de migrants en Italie en provenance d’Afrique du Nord. « En envoyant des navires de sauvetage civils dans des ports éloignés – nous devons compter six jours pour le seul voyage vers et depuis Gênes – nous perdons un temps précieux dans la zone de recherche et de sauvetage, pendant lequel nous ne pouvons pas aider les personnes qui en ont besoin », a déploré le président de Sea-Eye, Gorden Isler. C’est exactement le but recherché par Meloni qui veut flatter les préjugés xénophobes de son électorat au mépris de la vie des migrants.

Un policier municipal a été condamné pour violences à six mois de prison avec sursis et deux ans d’interdiction d’exercer par le tribunal correctionnel. Les faits s’étaient produits en juin puis décembre 2023. Cette dernière scène avait été filmée par un riverain du quartier Saint-Mathieu, puis diffusée par Mediapart, entraînant l’ouverture d’une enquête par le parquet. On y voyait un adolescent interpellé et menotté, après avoir été surpris lors d’une transaction de drogue. Lors de son interpellation, le policier l’avait violemment poussé et sa tête avait heurté les barreaux d’une fenêtre. Lors de l’audience, le policier, un ancien militaire, avait reçu le soutien de ses collègues et de sa hiérarchie. Et, encore une fois dans ce genre d’affaire, le tribunal a décidé que cette condamnation ne sera pas inscrite à son casier judiciaire pour ne pas nuire à sa carrière. Selon que vous serez flic ou jeune de banlieue, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir…

Plusieurs syndicats du groupe Aéroports de Paris, qui gère Charles-de-Gaulle et Orly, ont appelé à la grève le 17 juillet, soit une quinzaine de jours avant l’ouverture des Jeux olympiques. Les syndicats CGT, CFDT, FO et Unsa réclament notamment une « gratification pour l’ensemble du personnel », un plan d’embauche « massif » de 1 000 postes et la garantie de pouvoir poser des jours de congé pendant les Jeux olympiques et paralympiques. Ces revendications et cet appel à la grève font suite à une assemblée générale de près de 300 salariés, donnant « mandat » afin de « lancer un mouvement de grève » pour « obtenir satisfaction ». Ils ont également « soutenu la décision unanime des syndicats d’interrompre leur participation à toutes formes de réunions avec la direction ». Cet appel à la grève s’inscrit dans un contexte de mobilisation, ces derniers mois, en vue des Jeux olympiques, notamment à la RATP et la SNCF.