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Brèves

L’actualité en bref

Au grand dam de certaines ONG, mais au nom d’une « stratégie pour une société décarbonée et souveraine », l’État a annoncé sa décision de prendre une participation, via la Banque des territoires, à hauteur de 30 % (soit 50 millions d’euros), dans le projet d’exploitation minière de lithium conduit par la multinationale française Imerys, spécialiste des minerais qui a réalisé 3,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024 et emploie 12 400 personnes dans le monde. L’ouverture de la mine est prévue pour 2030 et devrait alimenter en lithium les batteries d’au moins 700 000 véhicules électriques par an. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a promis « une mine exemplaire, une mine du 21e siècle, répondant aux meilleurs standards environnementaux et sociaux, que nous souhaitons encourager partout dans le monde ». Une affirmation qui laisse sceptiques les défenseurs de la nature qui, à juste raison, pointent les questions non résolues des résidus (deux millions de tonnes par an), du pompage d’un million deux cent mille mètres cubes chaque année, de la protection de deux zones naturelles d’intérêt écologique et d’une zone Natura 2 000. Ils se méfient des promesses du gouvernement en matière de respect de l’environnement qui, en règle générale, ne sont jamais tenues et se résument en de l’écoblanchiment.

La France a atteint un niveau historiquement bas dans l’indice mondial de perception de la corruption publié chaque année par l’ONG Transparency International. Un score qui s’explique notamment par des scandales impliquant l’ex-président Nicolas Sarkozy, la candidate du RN à la présidentielle, Marine Le Pen, ainsi que l’implication du gouvernement dans une fraude à la consommation commise par le géant agroalimentaire Nestlé, permettant à l’entreprise d’utiliser des traitements interdits pour produire des eaux minérales naturelles. On pourrait ajouter à la liste les différentes affaires pénales dans lesquelles patauge la ministre de la Culture, Rachida Dati. Cet indice de perception classe 182 pays en fonction de leur niveau de corruption perçu dans le secteur public, sur la base de données provenant d’institutions telles que la Banque mondiale et le Forum économique mondial. La France est désormais reléguée à la 27e place, son pire résultat depuis la création de l’indice en 1995 et la mise en œuvre de sa méthodologie actuelle en 2012. La « république exemplaire » promise par Macron n’est pas encore pour demain… ni après-demain d’ailleurs.

Soumis depuis des jours à des pluies torrentielles, les habitants et les ostréiculteurs du bassin d’Arcachon alertent sur de nouveaux débordements d’eaux usées, comme à l’hiver 2023 quand la vente d’huîtres avait été interdite durant un mois après une épidémie de gastroentérite aiguë qui avait frappé les consommateurs durant les fêtes de fin d’année. En cause : le réseau des eaux usées déborde provoquant leur déversement dans la nature. Le système d’assainissement du bassin avait été conçu à l’origine sur un modèle dit « séparatif » : en principe, eaux pluviales et eaux usées ne se mélangent pas. Mais la région est passée de 80 000 à 160 000 habitants entre 1980 et 2020 et les réseaux d’assainissement n’ont pas suivi, entraînant une mini-catastrophe écologique qui ne doit rien à la fatalité mais tout à l’incurie des bétonneurs et à l’inaction des pouvoirs publics.

Le procès de Meta et Google s’est ouvert devant un tribunal civil de Los Angeles (Californie) à l’initiative d’une plaignante, qui leur a reproché d’avoir « fabriqué l’addiction dans des cerveaux d’enfants », devenus accros à leurs plateformes. Le mécanisme observé sur Instagram (Meta) et YouTube (Google) ne s’est pas produit « par accident mais à dessein », a martelé son avocat Mark Lanier dans son propos introductif, « parce que l’addiction est rentable ». Plusieurs documents internes de Google et de Meta avaient été présentés lors de la première audience, l’un d’entre eux mentionnant comme objectif affiché « l’addiction des internautes ». C’est une version moderne de ce qu’affirmait en 2004 Patrick Le Lay, alors PDG du groupe TF1, qui se vantait de vendre aux annonceurs « le temps de cerveau humain disponible ». Une politique que les géants du net appliquent aussi aux enfants et adolescents avec parfois des conséquences dramatiques. À noter que dans l’État américain du Nouveau-Mexique, un procès distinct accusant Meta de privilégier le profit à la protection des mineurs contre les prédateurs sexuels doit également débuter cette semaine et qu’un autre est en cours d’instruction devant une juge fédérale d’Oakland, près de San Francisco.

Depuis l’ouverture des JO de Milan-Cortina, on ne compte plus les athlètes de la délégation américaine qui ont tiré à boulets rouges sur la politique de Trump, sans jamais le nommer, lorsqu’ils étaient interrogés par la presse sur la situation aux États-Unis. On peut citer, pêle-mêle, les skieurs acrobatiques Hunter Hess et Chris Lillis, les patineuses Amber Glenn et Alysa Liu, la superstar du snowboard Chloe Kim, la spécialiste du ski de fond Jessie Diggins, la hockeyeuse Kelly Pannek, etc. Autre exemple : la fédération des sports de glace a dû renommer la structure où étaient hébergés ses athlètes. Elle s’appelait à l’origine Ice House (maison de glace) mais rappelait un peu trop l’ICE, la sinistre police trumpiste anti-immigration. Elle a donc fait changer son nom en Winter House (maison d’hiver). Tout un symbole…

Emmanuel Macron s’était engagé à ramener le taux de chômage à 5 % à la fin de son second quinquennat. On n’en prend pas le chemin. À un an de cette échéance, selon les derniers chiffres de l’Insee, le chômage a de nouveau augmenté au quatrième semestre 2025 pour atteindre 7,9 %, une hausse de 0,6 point sur un an. Il touche 2,5 millions de personnes, soit +56 000 sur un trimestre. Celui des 15-24 ans augmente nettement, de 2,4 points sur un trimestre et de 2,8 points sur un an, pour atteindre 21,5 %. Si l’on considère les 15-29 ans, la hausse est de 0,5 point sur le trimestre et 1,7 point sur un an. Et ce n’est pas fini. La CGT a en effet dénombré 463 plans sociaux mettant en jeu 300 000 emplois. Ce sont des dizaines de milliers de salariés qui risquent rejoindre à leur tour les rangs des demandeurs d’emploi. Face à cela il faut organiser une riposte d’ensemble concernant en premier lieu les salariés touchés par les licenciements.

Karine Le Marchand, qui anime sur M6 l’émission L’Amour est dans le pré, vient d’être épinglée pour avoir tenu des propos racistes sur CNews. Alors qu’elle était interrogée par Pascal Praud (grand spécialiste des saillies racistes, sexistes et anti-migrants) sur un documentaire qu’elle a produit intitulé Les Nouveaux Français, 100 ans d’immigration, elle a déclaré qu’en arrivant à Paris en 1966 « j’ai vu le RER arriver, j’ai vu tous ces Noirs, et tous ces musulmans, enfin ces Arabes, qui sortaient, enfin des gens qui avaient des têtes que je n’avais pas l’habitude de voir… ». Ces propos ont fait l’objet de plusieurs signalements à l’Arcom, l’autorité de l’audiovisuel. Karine Le Marchand est la preuve vivante que l’on peut être soi-même métisse (elle est née d’un père originaire du Burundi et d’une mère lorraine) sans pour autant être vaccinée contre le racisme.

Nouveau déboire du Rassemblement national avec une de ses têtes de liste. Dans la cité belfortaine il a été obligé d’enlever l’investiture à son candidat, Quentin Macullo, 23 ans. Une information donnée par la radio locale Ici Belfort-Montbéliard. En cause, des tweets racistes et antisémites de l’intéressé notamment un datant de 2022 dans lequel il écrivait : « 72 % de prénoms à consonances étrangères au dernier recensement des naissances à Belfort », soit 18 des 25 nouveau-nés mentionnés au bulletin municipal du mois de juin de cette année-là. « Je n’ai même pas comptabilisé Élie et Samuel d’origine hébraïque », insistait-il. En fait ce n’est pas le premier couac de ce genre qui affecte le parti d’extrême droite à la peine pour trouver des candidats présentables chargés de faire oublier ses inclinaisons racistes.

Neuf CRS comparaissent devant la chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris après une intervention violente le 1er décembre 2018. Ils avaient alors sauvagement matraqué des Gilets jaunes qui s’étaient réfugiés pour échapper aux gaz lacrymogènes dans un fast-food Burger King de l’avenue de Wagram. La scène avait été filmée et l’on voyait clairement que les manifestants n’avaient commis aucune violence ou dégradation dans les locaux, certains levant même immédiatement les mains à l’entrée des forces de l’ordre. Malgré cela, les CRS les avaient frappés sans sommation. Ils sont donc poursuivis pour « violences volontaires aggravées ». Il faut remarquer que les prévenus n’ont jamais été désavoués par leur hiérarchie et que, une fois encore, la justice ne s’est pas pressée pour les juger, les traduisant devant un tribunal sept ans après les faits. Par comparaison de nombreux Gilets jaunes interpellés ce jour-là furent jugés, eux, en comparution immédiate en moins de 48 heures. Comme le disait fort bien La Fontaine : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. »