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Brèves

L’actualité en bref

Selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri), le volume des flux mondiaux d’armes a augmenté de 9,2 % entre 2021 et 2025 par rapport aux cinq années précédentes. L’Europe a plus que triplé ses importations avec l’achat d’armes pour l’Ukraine et le renforcement de ses capacités militaires. Si ces importations n’ont pas encore atteint les niveaux observés pendant la guerre froide, « l’Europe est aujourd’hui le plus grand destinataire d’armes », a déclaré Mathew George, directeur du programme sur les transferts d’armes du Sipri. Les pays européens ont représenté 33 % des importations mondiales d’armes, augmentant leurs importations de 210 % par rapport à la période quinquennale précédente. Près de la moitié des armes importées (48 %) en Europe provenaient des États-Unis. Autant dire que la pseudo-indépendance militaire européenne est largement un mythe. Et, pendant ce temps, la marche vers la guerre se poursuit.

Selon un sondage de l’institut YouGov, pour le média en ligne HuffPost, 86 % des personnes interrogées se disent préoccupées par la situation en Iran et plus largement au Moyen-Orient. Les électeurs de gauche le sont à 96 % mais c’est aussi le cas de 79 % des sympathisants du Rassemblement national.  Ce qui n’empêche d’ailleurs par une majorité de supporteurs de l’extrême-droite et de la droite de trouver « justifiées » les frappes contre l’Iran, en phase avec leurs leaders politiques. Ils sont 58 % dans ce cas au RN et 64 % chez les Républicains contre seulement 28 % chez les sondés de gauche. Au-delà de la situation en Iran, 81 % des personnes interrogées estiment que les attaques américaines et israéliennes augmentent le risque d’un conflit régional plus large au Moyen-Orient. Reste maintenant à se mobiliser pour transformer cette inquiétude latente en opposition résolue à la guerre.

L’affaire des violences physiques, sexuelles et autres au sein de la congrégation religieuse du Sacré‑Cœur de Jésus avait commencé au lycée-collège de Bétharram, à côté de Pau (Pyrénées Atlantiques), avant de toucher d’autres établissements de l’Hexagone. Désormais la commission d’enquête indépendante qui se penche sur le scandale poursuit ses investigations, notamment en Côte d’Ivoire où la congrégation est présente depuis 1959. D’ores et déjà six personnes de nationalité ivoirienne ou originaires du pays ont dénoncé des faits d’agression sexuelle et de viols. Les témoignages recueillis à Abidjan indiquent que le nombre de victimes pourrait être plus élevé que celui déjà connu, car les témoins déclarent souvent avoir vu d’autres personnes subir de tels abus. La commission va maintenant enquêter dans d’autres pays comme le Burkina Faso et la Centrafrique. Un scandale sordide qui ne fait que commencer et qui n’a été possible que grâce à la passivité, voire la complicité, d’une partie de la classe politique et de l’administration. 

La Cour d’appel de Reims a condamné la dirigeante d’une société prestataire de services et ses hommes de main à de la prison ferme. En 2023, ceux-ci avaient exploité des ouvriers sans papiers (majoritairement originaires du Mali, Sénégal, Burkina Faso, Mauritanie, Côte d’Ivoire et Gambie), pour le ramassage de raisins, sans les payer et en les logeant dans des locaux insalubres. Cinquante sept d’entre eux s’étaient portés partie civile dans cette affaire dite des « vendanges de la honte ». Ils travaillaient dans les vignes à Nesle-le-Repons et participaient aux vendanges du raisin qui donne les prestigieux Champagne. Svetlana Goumina, dirigeante de la société Avanim, continuera sa peine de quatre ans de prison dont deux fermes prononcée en première instance. De son côté José Blanco,  secrétaire général de l’intersyndicale CGT du champagne, a déclaré : « Nous sommes très satisfaits que cette condamnation pour traite d’êtres humains ait été confirmée. C’est important d’utiliser les bons mots ». À noter que le propriétaire des vignes dans lesquelles travaillaient ces ouvriers a été relaxé car il affirmait qu’il ignorait tout de la situation. Et les juges ont fait semblant de le croire.

Dans cette petite ville de 18 000 habitants proche de Lille, le maire sortant LFI Patrick Proisy tenait un meeting lorsque des hommes cagoulés, au nombre d’une quinzaine, sont intervenus pour perturber l’événement. Ils ont notamment brandi des pancartes portant des inscriptions  tels que « LFI hors de nos mairies » ou « Justice pour Quentin ». Ils ont jeté de la farine, du faux sang et des canettes sur la centaine de participants. Ces individus, repoussés par le service d’ordre, étaient membres de la Nouvelle Droite, un groupuscule fascisant lié au théoricien identitaire Alain de Benoist. En soi, pour qui connaît l’extrême-droite; de tels agissements de voyous n’ont rien de surprenant. Mais alors que plusieurs personnalités et organisations de gauche manifestaient leur soutien au maire, on a observé un lourd silence radio du côté de la macronie, de la droite et de l’extrême droite. En fait ces gens là ne condamnent la violence que lorsqu’elle vient de l’autre camp.

La Maison Blanche a publié une vidéo de propagande de 42 secondes mélangeant images de guerre et extraits de films. Dans ce clip intitulé « Justice à l’américaine », l’équipe chargée de la communication de l’exécutif américain a choisi d’enchaîner des extraits de films et de séries, tels que Gladiator, Braveheart, Iron Man, Breaking Bad, Deadpool et Top Gun, entremêlés avec des scènes réellement filmées par l’armée américaine, montrant des drones et des frappes. La vidéo se termine par une phrase prononcée par une voix off déclarant « victoire sans faille ». Figure aussi dans ce clip un extrait de Tonnerre sous les tropiques, long métrage de Ben Stiller qui est pourtant une satire des films de guerre hollywoodiens. Ce dernier, à la fois acteur et réalisateur, a vertement réagi sommant la Maison Blanche de retirer l’extrait de son film en concluant : « La guerre n’est pas un film ». Sauf pour Trump qui en profite pour continuer son cinéma au prix de milliers de victimes. 

Alors que les prix des carburants s’envolent une polémique oppose le ministère de l’Économie à Dominique Schelcher, le patron des magasins Hyper et Super U qui possèdent de nombreuses stations services. Ce dernier affirme que l’État est le « grand gagnant » de la hausse du prix de l’essence en raison des taxes qui les frappent. Bercy réfute ces accusations en rappelant que seule la TVA (20 %) augmente avec le prix et que les autres taxes sont fixes. Dans le même temps les distributeurs de carburant ont été reçus au ministère pour « s’assurer » qu’ils ne pratiqueront pas de hausses exagérées des prix, par rapport à celles des cours du pétrole. En fait, de part et d’autre, on fait part d’une belle hypocrisie. Selon l’Union française des industries pétrolières le prix du litre de carburant se compose environ de 30 % du coût des matières premières, de 50 à 55 % de taxes (TVA et accise) et de 15 à 20 % de coûts de distribution. Lorsque ce prix augmente les recettes de l’État vont de pair mais les distributeurs en profitent toujours pour se faire un peu de la marge. S’ils affichent immédiatement à la pompe la hausse du prix mondial du pétrole (même lorsqu’ils ont des stocks payés à l’ancien prix) ils attendent souvent plusieurs jours, voire plusieurs semaines, pour répercuter les baisses. Il n’y a que l’automobiliste qui ne s’en met pas plein les poches. 

Le Comité des droits sociaux du Conseil de l’Europe, composé de 13 experts indépendants, a rendu une décision unanime se prononçant contre la France pour la multiplication d’arrêtés municipaux interdisant la mendicité dans l’espace public. Il avait été saisi par la Fédération européenne des associations nationales travaillant avec les sans‑abri et par la Fédération internationale pour les droits humains. La décision, à laquelle s’est opposé le gouvernement français au nom de « la préservation de l’ordre public », souligne que ces arrêtés sont contraire à la Charte sociale européenne qui protège contre la pauvreté et l’exclusion sociale et interdit la discrimination. Ces dernières années la justice administrative a retoqué plusieurs arrêtés anti-mendicité pris par certaines villes comme Nice et Amiens. Ce qui n’empêche pas la droite et l’extrême droite de remettre régulièrement le couvert. Ainsi à Marseille cette mesure figure au programme de la candidate divers droite aux municipales, Martine Vassal. Une façon de combattre les pauvres plutôt que la pauvreté.

Aucun membre du gouvernement français n’a participé à la cérémonie d’ouverture des Jeux paralympiques d’hiver de Milan-Cortina qui se déroulent jusqu’au 15 mars. Une décision assumée par la ministre des Sports, Marina Ferrari, qui entendait ainsi protester contre le retour d’athlètes russes et bélarusses dans la compétition, sportifs que Paris souhaitait bannir pour protester contre la guerre d’Ukraine menée par la Russie avec le soutien de la Biélorussie. Par contre Macron ne voit aucun problème à la participation d’athlètes israéliens et américains malgré la guerre d’Iran. A l’Élysée on a l’indignation sélective.