Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

À l’appel de la Confédération paysanne plus de 200 agriculteurs ont investi le siège du géant du lait Lactalis à Laval, en Mayenne. Ils lui reprochent de leur acheter leur lait au rabais. Ils ont manifesté leur colère dans le hall, brandissant des pancartes sur lesquelles étaient écrites : « Lactalis, prédateur de la valeur », « Notre métier a un prix », « Lactalis, rends l’argent caché dans les paradis fiscaux ». Certains se sont également déshabillés pour affirmer symboliquement que Lactalis « les mettait à poil ». Le groupe de l’agrobusiness propose aux producteurs de leur payer la tonne lait 440 euros alors qu’eux affirment qu’en deçà de 500 euros ils travaillent à perte. Une manifestation symbolique qui a au moins l’intérêt de pointer du doigt les véritables ennemis des paysans-travailleurs : les capitalistes de l’agriculture.

Lors d’une conférence de presse tenue à l’issue d’une réunion avec la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), le principal syndicat professionnel, Gabriel Attal a annoncé l’abandon de l’indicateur de référence pour l’utilisation des produits phytosanitaires, le Nodu, au profit d’un indicateur européen beaucoup plus lâche, pour ne pas dire laxiste. Un feu vert donné aux gros agriculteurs (céréaliers, betteraviers etc.) pour se lâcher sur les pesticides en empoisonnant un peu plus la nature. Cela n’apportera rien à l’immense majorité des agriculteurs mais fera plaisir aux plus gros d’entre eux. Et c’est bien là la but de l’opération.

L’association de défense des consommateurs Foodwatch a porté plainte contre Nestlé Waters et le groupe Sources Alma pour les traitements de désinfection interdits auxquels ils ont eu recours pour leurs eaux minérales. Sont notamment concernées les eaux des marques Vittel, Perrier, Contrex, Hépar, San Pellegrino, Courmayeur, Vichy Célestins, Rozana, St-Yorre, Cristaline, etc. Vendues en général dix fois le prix de l’eau du robinet, ces eaux, présentées comme naturelles, étaient en fait traitées artificiellement pour tenter d’effacer les pollutions dont elles étaient porteuses. Prévenues dès 2021 de ces manipulations les autorités avaient fermé les yeux. « Personne, pas même une multinationale comme Nestlé, n’est au-dessus des lois », a estimé Ingrid Kragl, directrice de l’information de Foodwatch. En ajoutant : « C’est la raison pour laquelle nous portons plainte aujourd’hui devant le tribunal judiciaire de Paris contre ces deux entreprises pour neuf infractions à la directive européenne sur les eaux minérales, au Code de la consommation et au Code de la santé publique ». L’association a en outre adressé une lettre à la Commission européenne, dénonçant « la complaisance de la France, mouillée dans cette affaire depuis plusieurs années, qui aurait dû alerter les autorités européennes et les autres États membres importateurs de ces eaux ». En n’agissant pas Paris a fait un cadeau à ces grands groupes pour qu’ils puissent continuer d’écouler leurs eaux trafiquées. Un de plus pourrait-on dire….

C’est Le Canard Enchaîné qui le révèle. Le Parti socialiste, pour tenter « de retrouver le peuple » (sic) en vue des prochaines élections européennes, a recours aux services d’une agence de communication située dans les Hauts-de-Seine. Elle va plancher sur le sujet et les propositions programmatiques. Les militants seront ensuite invités à participer le 19 avril à une convention pour se prononcer sur les trouvailles de la dite « agence de stratégie narrative » afin de « trouver des moyens efficaces de défendre celles et ceux qui n’ont que leur travail pour vivre ». En arriver là en dit long sur l’état des liens du PS avec les milieux populaires. Autre symptôme du même phénomène : le 8 février le parti a entériné sa liste pour les européennes. Sur les 81 candidats les premiers ouvriers et employés sont au delà de la 40e place, c’est à dire en positions non éligibles.

Alors même que Bruno Le Maire annonçait un plan d’économies de 10 milliards d’euros, dont la moitié prise sur le budget de différents ministères, Gérald Darmanin, loin de se serrer la ceinture, vient de demander une rallonge de près de 700 millions d’euros directement liée aux Jeux Olympiques. Pour calmer la grogne dans les rangs de la police, qui sera mobilisée à cette occasion, il a promis une prime de 1 900 euros pour chaque fonctionnaire présent, soit 400 millions d’euros, auxquels il faut ajouter 285 millions d’euros comprenant le montant des heures supplémentaires, les frais de déplacement d’hébergement en Île-de-France etc.. Il ne faut pas être grand clerc pour prévoir que la maison poulaga sera beaucoup moins concernée par les restrictions budgétaires que les autres administrations, comme l’Éducation ou la Santé. 

Dans différents services de cet hôpital privé de la capitale argentine, on discute augmentations de salaire. C’est à l’occasion des commissions paritaires où ont lieu des négociations salariales (équivalent local des NAO) que se font entendre les colères, dans un contexte d’inflation galopante atteignant les 211 % fin 2023, alors que les salaires bien évidemment ne suivent pas. Pour imposer des augmentations de salaire, indexées sur le coût du panier de courses mensuel pour un foyer, les syndicats combatifs appellent à une assemblée générale mercredi 21 février, afin de préparer la journée de grève nationale du lendemain. Dans les hôpitaux comme ailleurs, des augmentations salariales sont aussi à exiger des patrons de tous les secteurs ! À suivre.

Après sept ans de confinement à l’ambassade de l’Équateur à Londres puis cinq ans passés dans la prison londonienne de Belmarsh, Julian Assange va-t-il finalement être extradé aux États-Unis où il risque une peine de 175 ans de prison pour « espionnage » ? C’est ce que doivent décider deux magistrats de la Haute Cour de justice britannique au terme d’une audience de deux jours. Cet Australien de 52 ans a fondé la plateforme WikiLeaks en 2006. À partir de 2010, il y a publié plus de 700 000 documents confidentiels sur les activités militaires et diplomatiques américaines, notamment en Irak et en Afghanistan, dénonçant en particulier nombre de crimes de guerre. C’est cela que Washington ne lui pardonne pas. Il n’a jamais espionné au profit de quiconque mais simplement mis à la disposition de l’opinion publique mondiale, via les médias de tous les pays, une masse de document dénonçant les crimes de l’impérialisme américain au Proche-Orient. C’est un lanceur d’alerte, pas un espion. Libération immédiate de Julian Assange.

Les pratiques d’Israël dans les territoires palestiniens sont une forme « encore plus extrême » de l’apartheid qu’a connu l’Afrique du Sud avant 1994, a affirmé le représentant de Pretoria devant la plus haute juridiction de ONU. « En tant que Sud-Africains, nous sentons, voyons, entendons et ressentons au plus profond de nous-mêmes les politiques et pratiques discriminatoires inhumaines du régime israélien comme une forme encore plus extrême de l’apartheid institutionnalisé contre les Noirs dans mon pays », a déclaré Vusimuzi Madonsela, ambassadeur d’Afrique du Sud aux Pays-Bas, où siège la Cour internationale de justice. Avant de poursuivre : « Il est clair que l’occupation illégale d’Israël est également administrée en violation du crime de l’apartheid […] elle ne se distingue pas du colonialisme. » Parole d’un spécialiste qui l’a déjà vécu dans sa chair…

Dans une « Lettre ouverte » adressée au président de la République, le président d’Amnesty International France, Jean-Claude Samouiller, exhorte Emmanuel Macron à mettre un terme aux exportations d’armes françaises à destination d’Israël alors que les opérations militaires israéliennes se poursuivent à Gaza au prix de dizaines de milliers de morts civils. Pour l’ONG, la récente décision de la Cour internationale de justice enjoignant à l’État hébreu de ne pas « commettre des actes » susceptibles de mener à un « génocide » en Palestine impose à la France de suspendre ses coopérations militaires, conformément à ses engagements pris dans le cadre de la « Convention sur le génocide » et du « Traité sur le commerce des armes ». Des engagements sur lesquels Macron et son gouvernement s’assoient allègrement. De son côté le ministre des Affaires étrangères a minimisé ces exportations d’armes, selon lui « très résiduelles », sans autre précision. L’honneur est donc sauf : la France participe certes au massacre des Gazaouis, mais seulement à la marge. Les victimes seront bien contentes de l’apprendre.