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Brèves

L’actualité en bref

Le quotidien suisse Tages-Anzeiger, de Zurich, repris par Courrier international, affirme dans un article très documenté sur la situation dans l’île que « Mayotte compte désormais plus de policiers et de gendarmes que les villes de Marseille, Lyon et Lille réunies, d’après le ministre de l’Intérieur ». Déjà, fin 2023, Darmanin affirmait que « depuis 2017, les effectifs de police et de gendarmerie ont été doublés » et que « quatre unités de force mobile (près de 300 gendarmes) sont déployées de manière permanente, soit plus que dans des départements comme le Rhône ou les Bouches-du-Rhône ». Quant au nombre de gendarmes mobiles, il a ainsi été doublé en trois ans, avec également l’arrivée d’un peloton intervention de la garde républicaine. En outre, une « Task Force Police Judiciaire » a par ailleurs été créée pour renforcer les capacités d’investigation des unités locales. Elle pourra être complétée, au besoin, par les enquêteurs de l’Unité nationale de police judiciaire (UNPJ) de la gendarmerie. Sans oublier une quinzaine de gendarmes du GIGN venus renforcer les effectifs sur place pour mener « des opérations coups de poing ». À ce rythme il y a aura bientôt plus de policiers et de gendarmes que d’habitants dans l’île. Ce qui n’empêche pas que les conditions de vie de ces derniers continuent de se dégrader.

C’est le député Rassemblement national des Alpes-Maritimes, Bryan Masson, qui a filmé et diffusé la vidéo sur les réseaux sociaux. On y voit le président du RN, Jordan Bardella, en déplacement dans les Alpes-Maritimes, recevoir une médaille des mains du commandant Jean-Marc Cortesune qui dirige la compagnie de la CRS-6, après une chaleureuse poignée de mains. La séquence a fait hurler certains élus de gauche mais Darmanin s’est contenté d’exprimer son « mécontentement » et de demander « un rapport administratif ». Il n’a pas dû être très étonné, car l’influence de l’extrême droite dans les rangs des policiers est un fait notoire et largement documenté. Et pas question d’affronter ses troupes à rebrousse-poil en prenant des sanctions.

L’Algérie, qui occupe le siège réservé aux pays arabes au Conseil de sécurité, a présenté un projet de résolution exigeant un cessez-le-feu humanitaire immédiat entre Israël et le Hamas, rejetant le déplacement forcé des Palestiniens et exigeant l’acheminement complet, rapide et sans entrave de l’aide humanitaire dans toute la bande de Gaza. Les États-Unis ont déclaré aussitôt qu’ils opposeraient leur veto à une telle résolution « car cela pourrait compromettre les efforts diplomatiques de Washington visant à obtenir la fin des hostilités ». C’est le troisième veto américain à une résolution proposant un cessez-le-feu. Une façon de laisser les mains libres à l’État sioniste pour continuer les massacres.

Ayant dû revoir à la baisse sa prévision de croissance pour 2024 de 1,4 % à 1 %, le gouvernement a annoncé par la voix du ministre des Finances, Bruno Le Maire, qu’il allait réaliser « 10 milliards d’économies immédiates » en réduisant les dépenses de gestion de tous les ministères et en diminuant la part de l’État dans certaines politiques publiques comme l’aide au développement ou le dispositif MaPrimeRenov. Et, en bout de chaine, ce sont les consommateurs qui en feront les frais. Pourtant il y aurait une solution rapide et indolore pour les familles modestes : ponctionner ces 10 milliards sur les 100 milliards d’euros de dividendes versés aux actionnaires l’an dernier. Mais de cela ni Le Maire ni Macron ne veulent en entendre parler.

Les salariés vont devoir contribuer de leur poche au compte personnel de formation (CPF) par le biais d’une participation forfaitaire qui pourrait atteindre 10 %, a annoncé le ministre délégué chargé des Comptes publics, Thomas Cazenave. « Cette participation forfaitaire va être mise en œuvre dès cette année, ce qui nous permettra de générer 200 millions d’euros d’économies sur un total de 2 milliards », a-t-il déclaré. Un décret en ce sens est prévu en avril. Bien entendu le ministre estime cette mesure d’autant plus « juste » et « nécessaire » que ce seront encore une fois les salariés qui en feront les frais.

Lors d’un déplacement commun à Menton (Alpes-Maritimes), Jordan Bardella, le président du Rassemblement national, a considéré que le ralliement de l’ancien directeur de l’Agence européenne des gardes frontières (Frontex), Fabrice Leggeri, à la liste qu’il doit diriger pour les élections européennes « est un réel atout pour la crédibilité et la mise en œuvre future de notre projet migratoire ». Ce haut fonctionnaire, passé par le ministère de l’Intérieur, est surtout connu pour avoir piloté Frontex de 2015 à 2022, année où il avait dû démissionner après un rapport accablant de l’Office européen de lutte anti-fraude l’accusant d’avoir systématiquement enfreint les droits des migrants. Depuis il en a remis une couche en parlant de « submersion migratoire ». À quelques centaines de mètres des deux hommes, le militant du droit des migrants Cédric Herrou était venu protester, qualifiant Leggeri d’« assassin » et rappelant qu’il avait été régulièrement accusé par les ONG d’avoir toléré des refoulements illégaux de migrants. Avec un tel pédigrée, ce personnage a toute sa place sur la liste RN.

Les résistants communistes arméniens Missak et Mélinée Manouchian entreront au Panthéon le 21 février. À cette occasion on aura droit à une cérémonie solennelle qui mettra en scène d’abord et avant tout… Emmanuel Macron qui a multiplié ce genre de cérémonies depuis son élection à la présidence. Il y a eu Simone et Jean Veil en 2018, Maurice Genevois en 2020, Joséphine Baker en 2021 et bientôt Robert Badinter. Il est évident que ce n’est pas à l’idéal communiste des militants du groupe Manouchian que Macron entend rendre hommage. Manouchian lui-même n’aurait pas apprécié de se retrouver aux côtés de personnages comme Thiers, le massacreur de la Commune de Paris. Mais le Président fait feu de tout bois pour tenter de gagner un peu de popularité en célébrant une pseudo « unité nationale », sous forme d’un « hommage solennel de la nation », dans laquelle se précipite, et même joue des coudes, l’ensemble de la classe politique, de gauche comme de droite. Une unanimité de façade (avec quelques accrocs) le temps d’une cérémonie parfaitement hypocrite.

Dominique Faure, ministre des Collectivités territoriales, n’a pas hésité à comparer la situation des ministres dans l’attente de leur reconduction ou de leur remplacement à celle des malades angoissés par l’attente d’un diagnostic qui risque de leur apprendre qu’ils souffrent d’un cancer. On veut bien croire que, pour madame Faure, obnubilée par sa carrière et ses privilèges, la chose la plus importante au monde soit de conserver son fauteuil de ministre. Mais il faut une sacrée inconscience pour oser le proclamer ainsi publiquement avec cette comparaison aussi stupide qu’odieuse. En général, ses collègues font au moins semblant de voir la différence entre une personne frappée par un mal terrible et une autre qui va juste changer de situation mais continuer à vivre très confortablement.

Le carriérisme et le nombrilisme sont bien des cancers qui rongent les politiciens bourgeois, indifférents au sort de ceux à qui ils demandent de les écouter et de voter pour eux. Ils sont à l’image de la classe sociale d’exploiteurs qu’ils servent. Cette ministre vient d’en faire la démonstration.

Voilà bientôt deux ans que Poutine a lancé son offensive en Ukraine. Plus d’un demi-million de victimes plus tard dans les deux camps, la situation ne semble pas près de se régler. En tournée à Berlin et Paris, Zelensky a obtenu de nouveaux financements, avec un engagement de Macron à soutenir militairement et économiquement l’Ukraine pour les dix prochaines années. Ceux-là trouvent bien leur compte dans une situation embourbée qui fait le bonheur des marchands d’armes. Mais est-ce que les populations ukrainiennes et russes devront supporter la guerre encore dix ans ?

Il y a 107 ans, les travailleurs et soldats de Russie avaient trouvé le meilleur moyen d’arrêter la guerre : par la révolution, ils ont cessé de se battre pour les intérêts des puissants et commencé à défendre les leurs.