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Brèves

L’actualité en bref

En visite à Mayotte ce week-end, Darmanin y a annoncé la suppression du droit du sol : « Il ne sera plus possible de devenir Français si on n’est pas soi-même enfant de parents français. » Applaudissements chaleureux du RN qui en rajoute aussitôt : il faudrait étendre la mesure à toute la France. À la course poursuite sur le terrain du racisme, Marine Le Pen aura toujours une longueur d’avance.

Mayotte, cette ancienne colonie que la France a réussi à garder (défiant même les lois dites internationales et les résolutions de l’ONU) au moment de l’indépendance des Comores, dont elle est l’une des iles, est aujourd’hui le département le plus pauvre de France. De nombreux habitants vivent dans des bidonvilles, l’accès à l’eau potable n’y est même pas assuré, mais les politiciens locaux et le gouvernement français font des migrants venus des autres îles des Comores les boucs-émissaires de la situation. La France a fait de Mayotte son 101e département pour préserver ses intérêts dans la région et n’a que faire de la situation des Mahorais. Un département un peu spécial, colonial, pour qui on va changer un peu la Constitution, histoire d’y rendre constitutionnelle la chasse aux migrants.

Cette politique de division a semé la haine à Mayotte, avec l’émergence de collectifs anti-migrants. Un aperçu de ce qu’ils tentent de faire aussi dans l’Hexagone, avec leur loi Immigration. La xénophobie est un poison pour la classe ouvrière, ne nous laissons pas diviser. Ouvrons les frontières, libre circulation pour tous.

Des ouvriers de la maintenance du réseau de transport francilien ont envahi jeudi le siège de la RATP pour réclamer une augmentation salariale de 300 euros et de meilleures conditions de travail, alors que se tenaient les négociations annuelles obligatoires. « Pas de point, pas de train ! 300 euros ou pas de JO », indiquait la banderole syndicale sur la façade de l’immeuble du 12e arrondissement. La centaine de grévistes est ensuite entrée dans les bureaux. La direction de son côté a proposé 100 euros brut mensuels. La CGT-RATP a déposé un préavis de grève pour une période s’étendant du 5 février au 9 septembre, soit celle des Jeux olympiques, pour lesquels les transports sont un facteur clé. Outre les 300 euros pour tous, la CGT demande notamment une meilleure prise en charge de la mutuelle, la semaine de 32 heures, la réévaluation de primes et l’instauration d’un mécanisme d’indexation sur l’inflation. Des revendications qui ne concernent pas seulement les travailleurs de la RATP.

Alors que les massacres continuent à Gaza, que le nombre de morts dépasse désormais les 28 000 et le nombre de blessés les 67 000, Benyamin Netanyahou a ordonné à l’armée israélienne de préparer une offensive à Rafah, à l’extrême sud de la bande de Gaza, où s’entassent plus de 1,3 million de déplacés dans des conditions déjà insoutenables. Face à cette violence aveugle, Washington a déploré « la riposte excessive » d’Israël, mettant en garde son allié contre « le risque d’un désastre ». Outre que le désastre est déjà bel et bien là depuis des semaines, « la riposte excessive » d’Israël ne serait pas possible si les États-Unis ne livraient pas chaque jour des tonnes et des tonnes d’armement à son allié sioniste pour lui permettre de perpétuer des crimes sans nombre. La pudeur hypocrite affichée de Biden à l’égard de ce qui se passe à Gaza ne peut dissimuler sa complicité active dans ce bain de sang.

Le 11 février 1957, le militant communiste algérien d’origine européenne Fernand Iveton était guillotiné à Alger, dans la prison de Barberousse, en même temps que deux militants nationalistes algériens. Rallié à la lutte de libération nationale, Iveton fut accusé d’avoir placé une bombe dans un casier de vestiaire de l’usine à gaz du Hamma où il travaillait et menait des activités syndicales. La bombe avait été réglée pour exploser la nuit, en l’absence de personnel, pour ne faire que des dégâts matériels. Il fut torturé au commissariat de police et condamné à mort pour faire un exemple. Le président de la République, René Coty, refusa sa grâce, après que Mitterrand, alors Garde des sceaux, ait donné un avis défavorable. Fernand Iveton fut le seul Européen guillotiné pendant toute la guerre d’Algérie, mais lui-même se considérait comme Algérien. Saluons la mémoire de ce camarade et n’oublions pas de quoi sont capables les forces de répression et les politiciens bourgeois, même quand ils se disent « de gauche »…

Sous une pluie battante, des militants écologistes ont à nouveau manifesté samedi à Saix contre la future autoroute A69 qui doit relier Castres à Toulouse. Selon la société Atosca, concessionnaire du projet, 95 % de déboisement a déjà été effectué, saccageant bois, prairies et zones humides. De son côté, le gouvernement se dit décidé à mener « jusqu’à son terme » cette portion d’autoroute, qui réduirait d’environ vingt minutes le trajet entre les deux villes. Mais les militants écologistes ne désarment pas, arguant que ce projet vieux de plusieurs décennies, est obsolète et date d’avant la prise de conscience des changements de comportement rendus nécessaires par le dérèglement climatique. Ils sont soutenus par de nombreux élus locaux. S’étaient aussi jointes à leur manifestation des délégations internationales venues de Belgique, d’Espagne et de Suède avec Greta Thunberg.

Le maire de Londres, Sadiq Khan, a mis en garde contre le « signal terrible » qu’enverrait au monde le chaos annoncé à la gare de Saint-Pancras où arrivent l’Eurostar et les autres trains en provenance du Continent. En cause : l’entrée en vigueur d’un nouveau système de contrôle des entrées et sorties de l’Union européenne, appelé Entry/Exist System (EES), concernant les ressortissants venus de pays tiers. Cette nouvelle base de données centralisée, qui sera opérationnelle à la fin de l’année, comprendra notamment les photographies du visage et empreintes digitales du voyageur. Pour les départs et les arrivées de France, ces contrôles s’effectueront aux 14 terminaux de la gare londonienne alors que des modélisations suggèrent qu’il en faudrait près de 50 aux heures de pointe pour éviter des attentes qui pourraient atteindre… jusqu’à 14 heures. Encore une fois, le renforcement des contrôles aux frontières de l’UE risque d’entraîner des situations kafkaïennes. Mais de cela Bruxelles s’en moque et continue d’empiler règlements et législations restrictives vis-à-vis des non-européens. Sus à l’ étranger…

La commission électorale centrale a rejeté la candidature de Boris Nadejdine qui apparaissait comme le seul opposant à Poutine à l’élection présidentielle du mois prochain. Le maître du Kremlin reste pratiquement seul en liste puisqu’une poignée d’autres candidats, acceptés par la commission électorale, ont comme point commun de tous soutenir… la politique de Poutine. Nadejdine, qui se définit comme libéral, n’avait aucune chance de l’emporter, mais sa proposition d’arrêter le « cauchemar » de l’offensive en Ukraine, de mettre fin à la « militarisation » de la Russie et libérer « tous les prisonniers politiques », lui avait valu de la sympathie dans une partie notable de l’opinion. Il avait réuni sans problème les 100 000 signatures de parrainage de sa candidature (voire 200 000 selon lui) mais la commission aurait détecté 15 % d’irrégularités ce qui l’éliminait d’office. Poutine ne veut tolérer aucune voix dissidente même si elle est largement symbolique et ne met nullement en danger sa domination.

Une loi scélérate, visant à expulser des migrants illégaux vers le Rwanda, est devenue l’objet d’un pari entre le chef du gouvernement conservateur, Rishi Sunak, et Piers Morgan, un journaliste de la télévision britannique. Sur une vidéo postée par le quotidien The Independent sur ses réseaux sociaux, le journaliste parie 1 000 livres sterling (1 167 euros) que le Premier ministre ne parviendrait pas à expulser un seul réfugié par avion avant les prochaines élections législatives, prévues fin 2024 ou début 2025. « Je veux faire monter les gens en avion » a répondu Sunak en serrant la main de son interlocuteur. Ce qui pourrait faire sourire si derrière ce pari sinistre ne se jouait pas l’existence de centaines de milliers de personnes qui vivent dans des conditions plus que précaires et dont certaines sont privées de liberté depuis des mois.

En 2023, le géant du pétrole et du gaz TotalEnergies a engrangé un bénéfice record de 19,8 milliards d’euros. Preuve que sa décision, qui a généré force publicité, de plafonner le prix du carburant à la pompe à 1,99 euro n’a guère écorné ses bénéfices. Pour tenter de « verdir » son image, TotalEnergies rappelle que le groupe investit dans le renouvelable, comme l’éolien ou le solaire. Mais dans les faits, ses bénéfices proviennent essentiellement des énergies fossiles qui représentent au total 92 % du total (48 % pour le gaz et 44 % pour le pétrole). Et, dans un avenir proche, le groupe compte exploiter de nouveaux gisements de gaz et de pétrole en Afrique, notamment en Ouganda et en Tanzanie, en saccageant au passage des régions entières et en privant leurs habitants de leurs droits.