Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Plusieurs députés de la France insoumise – dont Manuel Bompard, Mathilde Panot et Aymeric Cayron – ont été hués lors de la cérémonie aux Invalides, voulue par Macron, d’hommage aux quarante-deux victimes franco-israéliennes de l’attaque du Hamas du 7 octobre dernier. Une partie des présents a scandé des slogans comme « collabo », « antisémite » ou encore « LFI, le Hamas te dit merci ». Ce qui est parfaitement indécent et révoltant. Car si on peut discuter de la position prise par LFI à l’encontre du Hamas lors de son raid meurtrier en Israël, accuser les Insoumis d’ère « antisémites » n’a aucun sens. Leurs combats au quotidien le montrent. Mais certains « amis d’Israël », juifs ou non d’ailleurs, tentent depuis des mois de dénigrer comme racistes toutes celles et tous ceux qui se tiennent aux côtés des Gazaouis face aux massacres perpétrés par l’armée sioniste avec l’appui, actif ou passif, de Washington et de Paris. Avoir de l’empathie pour les 1 200 victimes juives du Hamas – tuées, blessées ou enlevées – n’est nullement contradictoire avec le soutien apporté aux Palestiniens en butte à l’armée israélienne et aux colons. Un massacre qui a déjà fait près de 30 000 victimes. Car il s’agit des deux faces du même problème : celui créé par l’impérialisme qui, en Palestine comme ailleurs, dresse des peuples l’un contre l’autre pour mieux perpétuer sa domination.

À peine relaxé dans son procès au pénal le maire de Pau et président du parti centriste Mouvement démocrate (MoDem), François Bayrou, avait été plus ou moins pressenti pour rejoindre le gouvernement de Gabriel Attal. Il a refusé en évoquant « un désaccord profond sur la politique à suivre ». Un « désaccord profond » qui, jusqu’à présent, n’a jamais empêché Bayrou et les députés Modem de voter toutes les mesures les plus réactionnaires des différents gouvernements macronistes. Mais en jouant les tontons flingueurs au sein de la majorité, il se différencie de ses rivaux et regarde vers la présidentielle de 2027. Et il veut avoir les coudées franches pour se présenter à nouveau au poste suprême qu’il a déjà brigué trois fois sans succès. Ce qui est vu d’un mauvais œil à l’Élysée. Et réponse sans doute du berger à la bergère le parquet de Paris vient de faire appel de sa relaxe dans l’affaire des assistants parlementaires européens. C’est reparti pour un tour.

Dans le cadre de sa tournée des États américains en vue des primaires démocrates, le président Biden se trouvait dans le Nevada. Dans son discours prononcé à Las Vegas il a relaté ses souvenirs d’une réunion du G7 tenu en Angleterre en 2021 au cours de laquelle il avait rencontré le président Mitterrand… décédé en 1996. Et ce n’est pas la première bourde de ce type. Dans un passé récent il a confondu guerre d’Ukraine et guerre de Gaza, SMS et site Internet, et prétendu que la pandémie de Covid-19 avait entraîné la mort de « 1 000 personnes » aux États-Unis alors que le chiffre réel est de l’ordre du million. On ne dispose pas d’informations précises sur l’état de santé du 46e président américain, qui a aujourd’hui 81 ans. Et si les partisans de Trump ne manquent pas une occasion de railler ses « étourderies », d’autres s’inquiètent de l’état réel de ses capacités mentales. Le plus à plaindre dans tout ça est le peuple américain qui en novembre prochain devra choisir entre un sénile à 50 % et un fou furieux à 100 %.

Alors que les médias nous rebattent les oreilles sur le cancer du roi Charles III, le quotidien Sud Ouest a demandé leur opinion à des passants rencontrés dans les rues londoniennes. Denise, une femme de 64 ans, explique : « Ce n’est pas étonnant pour un homme de son âge, et lui au moins, il a accès à un traitement immédiat. Nous on a déjà du mal à trouver un généraliste… » Et le journal de rappeler que l’an denier 22 533 personnes ont attendu plus de deux mois pour un diagnostic du cancer ou un suivi médical. De plus, près de 7 millions de personnes sont sur les listes d’attente des hôpitaux publics gérés par un Service national de santé à bout de souffle. Mais de ceux-là la presse fait rarement ses gros titres.

Dans un communiqué commun, plusieurs organisations de consommateurs (Afoc, CLCV, Cnafal, CSF, Familles rurales, UFC, Unaf) protestent contre le fait que près d’un million de familles risquent de ne pas recevoir cette année le chèque énergie versé par l’État aux plus précaires pour faire face à leurs dépenses énergétiques alors qu’elles y ont droit. Ce chèque varie de 48 euros à 277 euros par an selon les revenus et la composition des ménages. Il concerne 5,6 millions de personnes. Pour l’attribuer, les services de l’État se basaient jusque-là sur la déclaration de revenus et la taxe d’habitation. Mais la disparition de cette dernière n’a pas été anticipée par l’administration fiscale. Et cette année le million de ménages qui doit accéder pour la première fois au bénéfice du chèque énergie n’a pas été pris en compte alors que leurs revenus correspondent au critère d’éligibilité. Ce qui est proprement inacceptable et scandaleux. Pour ces familles le gouvernement envisage de créer un guichet pour déposer un recours. Nettement insuffisant pour les associations de consommateurs qui demandent à Bercy de réparer sa bourde et de verser sans condition le chèque énergie à toutes celles et tous ceux qui y ont droit.

Après l’électricité, les factures de gaz vont-elles aussi grimper ? La Commission de régulation de l’énergie (CRE) vient de se prononcer en faveur d’une hausse du tarif des réseaux à partir du 1er juillet. Cette augmentation interviendrait dans un contexte de baisse de la consommation du gaz (−27,7 % entre août et novembre 2023 comparé à 2018) et du recul des prix sur les marchés de gros. Cette hausse ne se justifierait pas non plus par une augmentation des taxes, qui ont déjà grimpé, mais par l’entretien des réseaux et le financement de nouvelles infrastructures pour le biométhane. Les fournisseurs veulent faire payer le coût de la transition énergétique sans toucher à leurs bénéfices. Lorsque les prix du gaz augmentent les factures s’envolent et lorsqu’ils baissent elles continuent de flamber. Implacable logique du système capitaliste.

Alors que les prix de l’alimentation ont augmenté de 5,7 % sur un an, l’ONG Foodwatch (Vigilance alimentation), qui milite pour plus de transparence dans le secteur agroalimentaire, accuse les marques After Eight, Bordeau Chesnel, Findus, Fleury Michon, Maille et Milka d’avoir dégradé la qualité de certains produits… tout en augmentant leurs prix. Pour fortifier leurs marges bénéficiaires, elles auraient substitué un ingrédient par un autre moins cher ou de moins bonne qualité, par exemple de l’huile de palme plutôt que de l’huile de tournesol. De même, elles diminuent la quantité de poisson ou de viande dans les plats cuisinés ou le nombre de jaunes d’œufs utilisés dans la mayonnaise industrielle. Une pratique baptisée « cheapflation ». Conclusion d’Andrey Morice, chargée de campagnes pour Foodwatch : « Ça suffit les magouilles des industriels. Eux voient leurs marges et leurs profits exploser. Mais c’est toujours les consommateurs et consommatrices qui, en bout de chaîne, trinquent. »

Sans nouvelle des leurs depuis près d’un mois, les familles de 40 jeunes migrants tunisiens disparus en tentant de traverser la Méditerranée vers l’Europe ont manifesté à Tunis pour demander des comptes aux autorités. Originaires d’El Hencha, petite ville du centre de la Tunisie, ils avaient pris la mer ensemble à Sfax, deuxième ville du pays et épicentre des départs pour l’Italie, dont les côtes se trouvent à moins de 150 kilomètres. Il est probable que les adolescents et jeunes adultes qui formaient ce groupe se soient noyés après le chavirement de leur embarcation. Depuis des mois, l’aggravation de la conjoncture économique et du chômage des jeunes qui touche 38 % d’entre eux ont entraîné une augmentation massive de cette émigration, généralement clandestine, car les restrictions en Europe sur les visas excluent le plus grand nombre d’entre eux. En 2023, les Tunisiens ont représenté la deuxième nationalité de migrants illégaux arrivés en Italie (avec 17 304 personnes) juste derrière les Guinéens (18 204). Pour éviter ces drames et ces souffrances, une seule solution : la liberté de circulation et d’installation pour tous et toutes.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a porté le coup de grâce à un projet législatif, déjà bloqué par les euro-députés, visant à réduire l’usage des pesticides en agriculture. Élément-clé du « Pacte vert », ce texte proposé mi-2022 par Bruxelles prévoyait des objectifs contraignants pour réduire de moitié d’ici 2030 l’utilisation et les risques des produits phytosanitaires chimiques dans l’UE par rapport aux années 2015-2017. Si cette décision satisfait les gros agriculteurs et l’agrobusiness, représentés notamment en France par la direction de la FNSEA, elle n’aura par contre aucun effet sur l’amélioration des conditions de vie des paysans travailleurs. Car ce qui les étrangle ce ne sont pas les mesures de protection de la nature, mais les banques et le grand capital.