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Brèves

L’actualité en bref

Dans un courrier adressé aux directeurs d’école, le maire de Marignane, et soutien de Zemmour, Éric le Dissès, a proposé d’équiper le personnel des écoles de bombes lacrymogènes. En décembre, il obligeait les employés de la cantine à servir de la viande dans toutes les assiettes. Des idées bien fumeuses pour cacher les problèmes d’effectif et de salaire dans l’Éducation nationale.

Travail, famille, patrie : voilà le programme très réactionnaire annoncé par Macron dans son allocution la semaine dernière. Bientôt un « numer’ovaire » pour renforcer le « réarmement démographique » et produire de la chair à patron et à canon ? Toutes les femmes sont appelées à faire des gosses, mais aussi à retourner très vite au travail puisque Macron a annoncé dans le même temps une réduction drastique du congé parental. Sauf que le ventre et la vie des femmes n’appartiennent qu’à elles et que la politique menée par Macron et ses amis est un excellent contraceptif !

Une nouvelle matière s’est ajoutée à l’emploi du temps habituel des lycéens parisiens en cette rentrée 2024, avec la tenue d’une assemblée générale inter-lycée de plus de 150 jeunes. Au programme ? Des blocus coordonnés pour la semaine suivante. Avec six lycées bloqués à Paris et une manifestation de 250 lycéens, malgré la répression administrative et policière, on peut dire que les devoirs ont été faits !

Depuis le 17 janvier, près de 5 à 10 000 personnes ont manifesté à plusieurs reprises à Oufa et Baïmak en Bachkirie (république de la fédération de Russie) à la suite de la condamnation à quatre ans d’emprisonnement en colonie pénitentiaire pour « discours extrémiste et séparatiste » du militant nationaliste Faïl Alsynov. Arrêté après une plainte déposée par le président Radi Khabirov, sa sentence intervient alors qu’il militait contre le projet d’exploitation minière de sites naturels par l’industriel local BSC et avait dénoncé l’enrôlement de la minorité bachkir en première ligne sur le front ukrainien.

La principauté d’Andorre est codirigée par la France et l’Espagne. C’est le dernier pays d’Europe où l’avortement est interdit en toutes circonstances. En 2019, les autorités locales avaient attaqué la militante féministe Vanessa Mendoza Cortés, présidente de l’organisation Stop Violències, qui avait exprimé sa préoccupation concernant l’interdiction totale de l’avortement devant le Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes. Elle était accusée d’avoir commis un « délit contre le prestige des institutions ». Finalement la justice a déclaré irrecevable cette accusation et l’a acquittée. Mais l’avortement continue d’être interdit dans la principauté.

Du jamais-vu en Irlande du Nord. Plus de 170 000 travailleurs du secteur public se sont mis en grève, un mouvement décrit par le Congrès irlandais des syndicats comme « la journée d’action la plus importante pour le mouvement syndical en une génération ». À l’appel d’une quinzaine de syndicats, des arrêts de travail ont eu lieu dans les transports publics, les écoles, le secteur de santé, etc. Le mécontentement est en effet à son comble après deux ans de paralysie politique – dû au boycott depuis février 2022 de l’exécutif par la principale formation protestante, le Parti unioniste démocrate – qui a entraîné une baisse des financements pour de nombreux services publics et un blocage des salaires. Le ministre britannique chargé de l’Irlande du Nord, Chris Heaton-Harris, a rappelé qu’une enveloppe de 3,3 milliards de livres sterling (3,8 milliards d’euros) proposée par Londres le mois dernier était disponible, à la condition que l’assemblée locale du Stormont redémarre. En attendant ce sont les travailleurs qui trinquent et qui viennent de faire savoir qu’ils ne sont pas prêts à continuer à payer les pots cassés pour les politiciens loyalistes protestants.

Des milliers de personnes arrêtées par les forces israéliennes depuis le début de la guerre contre le Hamas ont souvent été soumises à de mauvais traitements qui pourraient s’apparenter à de la torture, a affirmé Ajit Sunghay, le représentant du Haut-Commissariat des droits de l’homme de l’ONU dans les territoires palestiniens occupés. Sunghay, qui s’exprimait par visioconférence depuis Rafah, dans le sud du territoire palestinien, a indiqué que ces hommes étaient détenus « dans des conditions globalement horribles » par les forces de sécurité israéliennes dans des lieux inconnus durant des périodes allant de 30 à 55 jours. « Ils ont décrit avoir été battus, humiliés… Ils ont déclaré avoir eu les yeux bandés pendant de longues périodes, certains pendant plusieurs jours consécutifs. » Certains, en guise d’humiliation, ont été relâchés nus avec uniquement des couches. Quant à l’armée israélienne elle a déclaré sans rire que « les personnes détenues sont traitées conformément au droit international ». Parole de tortionnaires.

Le collectif Nos services publics a publié une étude sur les conséquences concrètes de la « préférence nationale » qu’instaurerait la future loi immigration. Au moins 100 000 personnes perdraient tous leurs droits, tout en continuant de cotiser aux régimes dont elles seraient privées d’accès. Parmi elles, 30 000 enfants, qui subiraient la diminution des ressources disponibles pour leur logement, leur alimentation, leur santé et leur éducation. Et l’étude de poursuivre : « Jusqu’à 700 000 personnes pourraient être privées de certaines prestations sociales (hypothèse maximale), avec en leur sein 210 000 enfants touchés par une baisse de niveau de vie, dont 19 000 basculeraient dans la pauvreté et 55 000 de la pauvreté à la très grande pauvreté. » Une loi anti-pauvre, scélérate dans tous ses aspects.

Placé au cœur de l’actualité le groupe scolaire privé catholique Stanislas, où sont scolarisés les trois enfants de la ministre de l’Éducation, Amélie Oudéa-Castéra, fait polémique tant pour ses valeurs et méthodes éducatives (sexisme, homophobie, anti-IVG, refus d’aborder certaines thématiques liées à la sexualité dans les cours de science…) que par le financement public dont il bénéficie. Stanislas est en effet une affaire rentable qui fonctionne sous forme de société anonyme et qui a réalisé un chiffre d’affaires de 22 millions d’euros l’an dernier. Dans cet établissement privé bien réac il faut compter 2 027 euros de frais de scolarité par an en primaire, 2 200 au collège et 2 500 au lycée. Plus de 3 500 élèves y sont scolarisés. Outre l’argent généré par les frais d’inscription, il perçoit des financements publics, au premier rang desquels, le salaire des professeurs intégralement rémunérés par le ministère de l’Éducation nationale. Il existe ensuite un forfait obligatoirement versé par les collectivités territoriales (communes, départements, régions, etc.) destiné à l’embauche de personnel et aux dépenses matérielles. Cette somme est calculée par élève et représente 807 euros par an et par collégien (446 euros au-delà de 80 élèves) et 487 euros par lycéen. Dans le cas de Stanislas, la ville de Paris a ainsi accordé une subvention de 1,3 million d’euros pour l’année scolaire 2022-2023. Quant à la région Île-de-France elle a donné une enveloppe de 487 000 euros en 2023 et sa présidente, Valérie Pécresse (LR), a annoncé qu’elle serait portée à 917 000 euros en 2024. Et c’est donc à juste raison que le syndicat SUD-Éducation a demandé « la fin du financement de l’école privée avec de l’argent public » en ajoutant « le complexe scolaire Stanislas est le symbole d’un enseignement privé qui cultive l’entre-soi de la grande bourgeoisie et qui propage son idéologie nauséabonde ».