Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Selon un sondage publié par l’Ifop pour le site de vente en ligne Spartoo, six consommateurs sur dix bouderont les soldes d’hiver qui viennent de commencer alors qu’ils n’étaient que deux sur dix il y a dix ans. Un tiers des personnes interrogées mettent en avant la perte de leur pouvoir d’achat, les autres la multiplication des campagnes promotionnelles effrénées toute l’année, dans les grandes surfaces ou pour les achats sur le Net, qui rendent les soldes obsolètes. Parmi les commerçants détaillants et les indépendants « la dynamique ne prend plus » note la Fédération nationale de l’habillement, qui représente quelque 30 000 magasins dans le pays. « Face à la hausse des prix, la consommation de vêtements est parfois pour les ménages la variable d’ajustement », ajoute-t-elle. Une autre façon de constater que la société de consommation ne fonctionne que si on a les moyens de consommer. Ce qui n’est plus le cas pour un nombre grandissant de familles modestes.

Après une femme retrouvée morte dans la rue dans le Vaucluse, c’est cette fois en région parisienne qu’un SDF, âgé de 69 ans, est mort de froid. Il s’était réfugié dans une cave, en dessous d’une ébénisterie avec l’accord du propriétaire. C’est justement ce dernier qui l’a trouvé, inanimé. Il était âgé de 69 ans. Suite à ces décès le délégué général de la fondation Abbé-Pierre, Christophe Robert, a réclamé de renforcer le système d’hébergement d’urgence. « Nous demandons au gouvernement de mettre en place des cellules d’urgence avec les préfets pour trouver tous les bâtiments vides, les aménager et les faire gérer par les associations », a-t-il détaillé. La veille, la préfecture du Vaucluse avait refusé de le faire en affirmant : « Au vu des niveaux d’occupation actuels des dispositifs d’hébergement d’urgence, il n’est pas nécessaire d’ouvrir des places supplémentaires par la mobilisation, par exemple, de gymnases. » Combien faudra-t-il encore de morts pour que les pouvoirs publics prennent les mesures d’urgence qui s’imposent ? Un toit c’est aussi un droit de ne pas mourir.

Depuis le 1er janvier, et avant même la mise en œuvre de la loi immigration, les médecins étrangers à diplôme hors Union européenne (Padhue) ne peuvent plus exercer ni travailler sous contrat sans avoir réussi un examen de vérification des connaissances. Au moins 2 000 d’entre eux seraient concernés. D’où ce coup de gueule de Laurent Laporte, du collectif des médecins de l’Ufmict-CGT, qui les soutient dans leur combat : « Tout se passe dans une opacité extrême. Plus de 1 000 praticiens étrangers travaillant aux urgences se retrouvent sans rien. Le gouvernement se fout totalement de la population et de l’hôpital public. » Bien vu…

Une cinquantaine de ressortissants yéménites ont assigné en référé TotalEnergies devant le tribunal judiciaire de Nanterre. Ils l’accusent de polluer les terres et les eaux de leur région de l’Hadramaout et affirment subir « des dommages considérables et permanents, conséquences directes de la pollution pétrolière causée par Total ainsi que par son partenaire commercial local Petromasilia ». Ils évoquent aussi des « marées noires en plein désert » à la suite d’incidents sur des oléoducs ce qui provoque, selon eux, des « crues répétées à chaque forte pluie » et de l’hydrocarbure qui s’écoule dans la terre. Le géant de l’énergie exploite sur place des puits pétroliers depuis les années 1990. En outre, quatre associations de défense de l’environnement (Darwin Climax Coalitions, Sea Shepherd France, Wild Legal et Stop EACOP-Stop Total en Ouganda) ont déposé plainte contre des projets du pétrolier en Tanzanie et en Ouganda. Le « fleuron de l’économie française », comme dirait Macron, est aussi un fleuron de la pollution mondiale.

En 2023, les 40 sociétés du CAC 40 ont versé près de 100 milliards d’euros à leurs actionnaires, dividendes et rachats d’actions confondus. Une hausse de plus de 20 % par rapport à 2022 qui était déjà une année record. En tête des généreux donateurs, TotalEnergies a versé 18,4 milliards à ses actionnaires. Suivent BNP Paribas (10 milliards) et LVMH (7,5 milliards, dont la moitié à Bernard Arnault et sa famille). En voilà qui n’ont pas à se serrer la ceinture dès le 15 du mois. Mais ces profits colossaux ne sont pas de l’argent magique, c’est le fruit de notre travail… volé par les capitalistes.

En Allemagne, les cheminots rejoignent un mouvement social aux airs de gilets jaunes après qu’une trentaine d’agriculteurs ont empêché le ministre de l’Économie de descendre d’un ferry suite à la suppression d’une subvention sur le diesel. Chauffeurs routiers, artisans, pêcheurs et d’autres secteurs rallient la mobilisation. Certains disent s’inspirer des traditions françaises de contestation. Quant aux cheminots, ils appellent à trois jours de grève à partir de mercredi, en revendiquant notamment la semaine de quatre jours sans baisse de salaire. On ne peut que valider l’initiative !

Huit bureaux de poste proposent, à titre expérimental pour l’instant, des cabines d’essayage pour récupérer des colis, essayer les vêtements, déposer l’emballage pour qu’il soit recyclé et gérer les éventuels retours de colis. Il s’agirait de permettre aux « clients » de « gagner du temps ». À quand des coiffeurs ou des masseurs-kinésithérapeutes ? Au lieu d’expérimenter tout et n’importe quoi, embaucher massivement et titulariser tous les facteurs et livreurs de colis permettrait déjà de livrer efficacement en temps et en heure tout le courrier et les colis. Ça serait bien le minimum pour un service public.

… d’après le bulletin du secteur Poste

Le député juif communiste, Ofer Cassif, qui siège au sein de l’alliance Hadash (Front démocratique pour la paix et l’égalité), est menacé d’être exclu de la Knesset pour avoir soutenu publiquement l’action menée par l’Afrique du Sud auprès de la Cour internationale de justice à l’encontre d’Israël pour les massacres à Gaza. Plusieurs membres de la droite et de l’extrême droite, dont Oded Forer, député du parti suprémaciste Israel Beytenou, (Israël notre maison) cherchent à obtenir l’appui de 90 parlementaires (sur un total de 120) pour obtenir son exclusion. De son côté, Cassif, qui dans le passé été suspendu à plusieurs reprises du Parlement, a déclaré : « Mon devoir constitutionnel, je l’assume vis-à-vis de la société israélienne et de tous ses résidents, pas à l’égard d’un gouvernement dont les membres et la coalition appellent au nettoyage ethnique et même à un réel génocide. » D’autre part 310 militants pacifistes ont rendu publique une pétition exprimant leur « soutien aux procédures engagées par l’Afrique du Sud devant la CIJ, affirmant que la conduite d’Israël à Gaza viole ses obligations au titre de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide ». Un terme qui désormais n’est plus tabou…

Il aura fallu près de sept ans pour que les trois policiers qui avaient grièvement blessé Théo Lubaka, lors de son arrestation musclée le 2 février 2017 à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), comparaissent devant la cour d’assises de ce département. Les images des caméras de vidéosurveillance montrent les trois policiers en train d’interpeller très violemment ce jeune homme noir, alors âgé 22 ans. D’abord gazé, ce dernier se retrouve plaqué au mur et frappé à plusieurs reprises. Son pantalon tombe, et un des policiers, Marc-Antoine Castelain, porte un violent coup avec la pointe de son bâton télescopique de défense à travers son caleçon. Le jeune homme s’effondre. Le coup a provoqué une rupture de son sphincter et il restera handicapé à vie. S’ils ont regretté leurs gestes, les accusés se défendent en affirmant qu’ils s’en sont strictement tenus aux « gestes réglementaires ». Des gestes qui conduisent à mutiler et parfois même à tuer. Ce que leur avocat appelle « la violence légitime ». Piètre excuse. Il faut enfin signaler que les trois policiers sont toujours en activité.