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Brèves

L’actualité en bref

La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) vient de publier une étude sur les inégalités de santé chez les jeunes enfants en lien avec la pollution de l’air. 10 % des enfants concentrent l’essentiel des effets néfastes pour la santé observables dus à la pollution. Plus souvent dans un moins bon état de santé à la naissance, le dixième issu des ménages les plus modestes est 1,6 fois plus représenté chez les malades que le dixième le plus aisé. Concernant les hospitalisations en urgence pour bronchiolite et la délivrance de médicaments contre l’asthme, les effets néfastes importants seraient concentrés dans un groupe représentant 10 % des enfants, toujours les mêmes plus pauvres. Conclusion : un enfant a plus de chance d’être en bonne santé dans un milieu aisé que dans un milieu pauvre. On s’en doutait un peu.

Des milliers d’enseignants ont manifesté à Rabat en défilant de la principale artère du centre de la capitale jusqu’au siège du ministère de l’Éducation. Ils réclament notamment une réforme « équitable » de leur statut dans le secteur de l’éducation, perturbé depuis trois mois par des grèves. Selon des chiffres du ministère, 50 000 enseignants sur 280 000 ont observé une grève de deux jours cette semaine, rejetant un accord trouvé entre le gouvernement et les principales centrales syndicales du secteur autour du statut des enseignants, à l’origine de la crise. Le gouvernement s’est engagé fin décembre à accorder « la qualité de fonctionnaire public à l’ensemble des travailleurs du secteur de l’éducation », répondant donc à la revendication phare de 140 000 enseignants dits contractuels du secteur public recrutés depuis 2016, selon un communiqué officiel. Il a également annoncé une augmentation de 1 500 dirhams (près de 140 euros) pour tous les enseignants, dont le salaire moyen est de 5 000 dirhams (environ 463 euros). Mais la Coordination nationale du secteur de l’éducation, un regroupement informel de plusieurs groupes d’enseignants, a rejeté l’accord. « Le gouvernement cherche seulement à absorber la colère des enseignants. Nous n’adhérons pas à cet accord, car il a été signé par des syndicats qui ne nous représentent pas », a expliqué Rabie El Gourii, membre de la Coordination. L’enseignement public marocain fait souvent l’objet de critiques entre un niveau des élèves jugé faible, un taux élevé d’abandon scolaire, des classes surchargées, et aussi une privatisation constante du secteur.

Pour célébrer le début de l’année 2024 ainsi que ses 60 ans, le magazine Le Peuple breton a publié un numéro célébrant la Bretagne et ses habitants. Le mensuel d’actualités régionales a été créé en 1964 par des militants de l’Union démocratique bretonne, formation autonomiste se revendiquant de la gauche et de l’écologie. Il a choisi de mettre à la une la photo d’un petit garçon métis souriant, en habit traditionnel et le drapeau breton sur l’épaule accompagné de la mention « Être Breton n’est pas une affaire de couleur de peau ». Mal lui en a pris. Le magazine a reçu des centaines de messages racistes et haineux. La rédaction a alors indiqué : « Pour éviter la propagation des paroles racistes, nous avons coupé nos commentaires sur notre une ! Vous pouvez faire de même chez vous. » À l’évidence, le message anti-raciste de couverture n’a pas plus à tous les Bretons, surtout ceux d’extrême droite.

Selon une enquête de Mediapart, Gérald Darmanin, lorsqu’il était ministre des Comptes publics en 2017, et son cabinet, auraient conseillé le Paris Saint-Germain (PSG) et son propriétaire qatari afin que ceux-ci évitent de débourser le moindre centime au fisc français dans le cadre du transfert record de 222 millions d’euros du joueur brésilien Neymar. Manque à gagner estimé pour le trésor public et l’Urssaf : entre 67 et 224 millions d’euros. La suite des échanges va principalement se faire entre le directeur de la communication du PSG, Jean-Claude Blanc, et le directeur de cabinet de Gérald Darmanin, Jérôme Fournel, aujourd’hui à la tête de la Direction générale des finances publiques. Fournel ira jusqu’à « proposer des pistes » au PSG pour éviter tout prélèvement de cotisations et d’impôts dans la transaction. Ce sera le cas à l’arrivée. Grâce aux recommandations du ministère des Comptes publics, le PSG a réussi à contourner l’administration fiscale. Preuve que contrairement à l’image qu’il donne, Darmanin adore les étrangers… quand ils sont milliardaires.

Visite remarquée de la ministre de la Santé, Agnès Firmin Le Bodo, à l’Institut Jérôme Lejeune qui dépend de la fondation du même nom connue pour ses positions hostiles à l’IVG et l’euthanasie et qui s’est positionnée dans le passé contre la pilule du lendemain et les recherches sur l’embryon. La ministre s’est défendue en affirmant qu’elle était simplement venue échanger avec des médecins sur la question de la fin de vie. Ce qu’elle aurait pu faire en les recevant à son ministère. Mais elle a préféré s’afficher avec des catholiques intégristes devant les journalistes, ce qui est sans doute de sa part un clin d’œil complice en direction de la droite et de l’extrême droite.

C’était le traitement défendu par le professeur marseillais Didier Raoult alors que se propageait la première vague de la pandémie de Covid-19. Selon lui l’hydroxychloroquine, un médicament anti-parasitaire, était un remède quasiment miraculeux contre le coronavirus, alors que le monde se confinait pour ralentir sa propagation. Malgré les critiques de plus en plus vives des milieux médicaux il avait reçu l’onction de Macron qui l’avait qualifié de « grand scientifique ». Aujourd’hui, une étude parue dans la revue Biomedicine & Pharmacotherapy estime que son usage a provoqué la mort de près de 17 000 personnes et que ce chiffre est très largement sous-évalué. Pour parvenir à ce résultat, une équipe de chercheurs lyonnais s’est concentrée sur les données de la France, de la Belgique, de l’Italie, de l’Espagne, de la Turquie et des États-Unis lors de la première vague de la pandémie, c’est-à-dire entre mars et juillet 2020. Ils ont ensuite multiplié « le nombre de patients hospitalisés recevant de l’hydroxychloroquine par le taux de mortalité de chaque pays », explique le professeur Mathieu Molimard, chef du service pharmacologie du CHU de Bordeaux. Pour arriver à un total de 16 990 morts. Ce chiffre n’est toutefois « que la partie émergée de l’iceberg », précisent les auteurs de l’étude, et ce pour plusieurs raisons. Premièrement, elle ne porte que sur les patients décédés à l’hôpital. Elle met donc de côté tous ceux morts chez eux, potentiellement des effets secondaires que peut entraîner l’hydroxychloroquine, notamment sur le rythme cardiaque. Ensuite, ce chiffre ne concerne que six pays. Or d’autres nations – comme l’Inde et le Brésil où l’hydroxychloroquine a été massivement prescrite – n’ont pas été prises en compte, notamment par manque de données. Quoi qu’il en soit, Raoult, qui se voulait un grand bienfaiteur de l’humanité, apparait surtout comme un grand fossoyeur.

C’est le site Capjpo-Europalestine qui donne l’information accompagnée d’une vidéo et de plusieurs photos. 300 militants juifs ont envahi le Parlement de Californie, à Sacramento, et bloqué les débats, pour exiger un cessez-le-feu et la fin du génocide à Gaza ! Les manifestants portaient des t-shirts noirs avec sur le dos l’inscription : « Les juifs disent : pas en notre nom » et avaient déployé au balcon des banderoles reprenant le même slogan et affirmant aussi : « Pas de fonds américains pour le génocide d’Israël en Palestine. » Sur le sol, ils avaient étendu une grande toile couverte de coquelicots sur laquelle figurait l’inscription « 30 000 tués en Palestine. Chaque fleur représente 20 vies palestiniennes ». Depuis le début du conflit l’association Voix juive pour la paix multiplie les manifestations dans le pays en soutien aux Palestiniens.

La Radio télévision belge francophone (RTBF) puis Mediapart ont publié coup sur coup des reportages sur des militants israéliens anti-occupation qui, dans la vallée du Jourdain, répondent aux appels de bergers palestiniens pour les protéger, ainsi que leurs troupeaux, face aux attaques des colons juifs. Ils tentent d’empêcher le vol des moutons, l’accaparement des ressources en eau, voire les violences physiques contre les bergers dont la plupart sont des Bédouins, une des communautés les plus pauvres au sein de la population palestinienne. Cette solidarité est bien évidemment très mal vue par certains en Israël. Comme l’explique Tal, une militante de 32 ans qui vit à Jérusalem : « [Mon activité] je la cache, ce n’est pas quelque chose dont vous parlez au travail… Mes amis les plus proches ont découvert seulement l’année dernière que je faisais ceci. Ils l’ont découvert car l’un des colons m’a identifiée sur Facebook. » Et même si le niveau de violence des colons a nettement augmenté depuis octobre, ces militants pacifistes continuent de se battre, envers et contre tout. Respect…

C’est le 15 janvier que doivent s’achever les négociations commerciales annuelles entre les industriels de l’agroalimentaire et ceux de la grande distribution. C’est dans ce cadre que ces derniers essaient de porter le débat sur la place publique pour tenter d’obtenir l’appui des consommateurs et de l’opinion. Carrefour a ouvert le feu en annonçant qu’il arrêterait de vendre des produits du groupe PepsiCo (Lipton, Pepsi-Cola, chips Lay’s, les Doritos ou encore les biscuits apéro Bénénuts) dans ses supermarchés pour protester contre la hausse des prix demandée par l’industriel. « Nous ne vendons plus cette marque pour cause de hausse de prix inacceptable. Veuillez nous excuser pour la gêne occasionnée », sera-t-il désormais écrit dans les magasins Carrefour, sur tous les produits du groupe PepsiCo. Michel-Édouard Leclerc s’est dit « tenté » de faire la même chose. Il accuse les multinationales de vouloir faire grimper les prix de manière « incongrue » : « 23 % sur l’huile », « 11 % sur les tablettes de chocolat, 10 % sur les sauces chaudes, 18 % sur les jus de fruits, 8 % pour le champagne. » Mais, avant d’en arriver là, il préfère utiliser d’autres moyens de persuasion, par exemple leur laisser miroiter une augmentation des volumes vendus en cas de baisse des prix. Il assure qu’il va « mettre les gants de boxe » face aux industriels. Tout ce cinéma se fait, bien entendu, au nom de la défense du consommateur et du pouvoir d’achat des plus modestes. Mais ces grands philanthropes n’ont qu’un seul objectif : arrondir leurs bénéfices sur le dos de la clientèle.