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Brèves

L’actualité en bref

Le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, s’est exprimé sur BFMTV et RMC à propos de l’affaire Depardieu. Il a expliqué que les propos sur les femmes tenus par l’acteur dans Complément d’enquête l’avaient « choqué », qu’il les trouvait « nuls » et qu’il « avait une pensée pour les personnes qui se sont senties offensées, qui sont victimes ». Il prenait ainsi le contre-pied des déclarations de Macron dans cette affaire. Mais, pour ne pas être accusé de crime de lèse-majesté, Véran a aussitôt défendu bec et ongle la politique menée par ce dernier en faveur des femmes en rappelant que c’était « la grande cause » de ses quinquennats. Ce dont les principales intéressées n’ont pas dû s’apercevoir. Et d’ajouter pour étayer son propos : « Emmanuel Macron, c’est le candidat qui en 2016 a mis sur la table la question des violences faites aux femmes dans les transports en commun. » Et de conclure en toute modestie : « La politique que nous menons porte des résultats », en évoquant notamment les derniers chiffres des féminicides fournis par la police et qui serait en très légère baisse. Sauf que ces chiffres sont contestés par les organisations féministes qui affirment, décompte à l’appui, qu’ils sont minorés. Bref, Véran va encore devoir ramer pour prouver que Macron n’est pas sexiste et que c’est au contraire un grand féministe.

Le nombre des « étrangers délinquants » expulsés a augmenté de 30 % en 2023 par rapport à l’année précédente pour atteindre 4 686 personnes, a annoncé le ministère de l’Intérieur. À cette occasion Gérald Darmanin a réuni les préfets pour « se féliciter de ce premier bilan » et leur a demandé « d’accélérer encore en la matière, notamment grâce aux apports de la loi immigration dès lors que celle-ci sera promulguée ». Les principales zones de destination des personnes expulsées sont le Maghreb, l’Afrique subsaharienne et l’Europe centrale. Ces chiffres correspondent à des personnes sortant d’un « centre de rétention administrative » et à celles frappées d’ « arrêtés ministériels d’expulsion », mais n’inclut pas les personnes expulsées en raison de leur inscription au fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste. Mais la frénésie d’expulsions de Darmanin est telle que l’administration ne parvient pas à suivre. La Cour des comptes a rappelé le même jour que dans moins de 10 % des cas l’obligation de quitter le territoire était effectivement appliquée. Les autres 90 % sont dans les limbes ou dans des lieux de privation de liberté. Et cette situation ubuesque risque encore de s’accentuer. Une seule solution : régulariser tous les sans-papiers et arrêter les expulsions.

L’année 2024 débute dans une situation difficile pour le Service national de santé (NHS). Des dizaines de milliers de rendez-vous chez le médecin ont été annulés du fait d’une grève lancée par les junior doctors, ces jeunes médecins au statut comparable à celui des internes et qui sont 70 000 outre-Manche. Cette grève de six jours fait suite à des mois de mobilisation des junior doctors qui réclament des augmentations de salaire de 35 % étalées sur plusieurs années. Du fait de cette mobilisation, le mois de janvier 2024 pourrait être « l’un des pires débuts d’année » que le NHS a connu, a averti un directeur médical de l’institution, Stephen Powis. « Il est probable que plusieurs milliers de rendez-vous soient à nouveau annulés ou reprogrammés, en plus des 1,2 million de rendez-vous supprimés que nous avons déjà enregistrés depuis plus d’un an avec des périodes de grève », a-t-il précisé auprès du Guardian. De son côté, un dirigeant de l’Association médicale britannique, Robert Laurenson a expliqué : « Nous avons des listes d’attente énormes parce que nous n’avons pas assez de médecins. La réponse n’est pas de réduire nos salaires et de nous faire fuir […] La grève est la seule chose que ce gouvernement écoute. »

En août 2023, Jennifer Hermoso est entrée dans l’histoire du football en remportant la Coupe du monde avec l’équipe nationale espagnole. Mais l’événement avait été éclipsé par le scandale du baiser forcé sur la bouche que Luis Rubiales, à l’époque président de la Fédération espagnole de football, lui avait imposé devant les caméras. La joueuse espagnole a témoigné à Madrid devant le juge chargé de l’enquête, déclarant que le baiser n’avait été « à aucun moment consenti » et qu’elle avait subi d’intenses pressions. Elle a déclaré avoir été victime de « harcèlement » de la part de Luis Rubiales, et de son entourage, ayant « altéré sa vie » et « produit une situation de troubles et de tristesse ». Le procès en cours a un très fort retentissement dans l’opinion publique, car la joueuse est devenue un symbole du #MeToo du football espagnol.

L’ONG israélienne de défense des droits humains Yesh Din a rendu public un rapport qui montre que les actes de violence de colons israéliens contre des Palestiniens ont enregistré un record en 2023. « La violence des colons est la politique du gouvernement israélien », a-t-elle dénoncé dans un communiqué. Jamais « le nombre d’incidents et le nombre d’Israéliens impliqués et le bilan » des violences n’ont été aussi élevés. Parmi ces attaques, Yesh Din évoque deux épisodes particulièrement violents, perpétrées par « un grand nombre de colons israéliens » : le premier à Huwara, en février, et le second à Turmus Ayya, en juin, deux villages palestiniens entre Naplouse au nord et Ramallah au centre. « Des centaines d’Israéliens les ont attaqués, mettant le feu à des dizaines de maisons et de véhicules », rappelle Yesh Din. De son côté l’agence des Nations unies chargée de la coordination humanitaire a dressé un bilan semblable de 1 225 attaques en soulignant qu’elles se sont multipliées depuis le mois d’octobre. Quant aux autorités israéliennes, loin de vouloir calmer les choses, elles apportent leur plein soutien aux colons d’extrême droite.

Alors qu’il est sur le point d’être rénové aux frais de l’État en vue des Jeux olympiques, le Stade de France est à vendre. Son prix est estimé entre 400 et 600 millions d’euros, mais comme l’explique la ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra, tout cela est couvert par le secret des affaires. On sait seulement que le propriétaire du PSG, Qatar Sports Investments, a jeté l’éponge et que le consortium Vinci-Bouygues, qui a la concession de l’ouvrage jusqu’en 2025, est sur les rangs. Ainsi que l’entreprise d’évènementiel GL Events, présidée par Olivier Ginon, considéré comme proche de l’Élysée, qui a le soutien de la mairie de Paris et de la société américaine AEG, spécialisée dans l’organisation d’événements sportifs et musicaux, et qui exploite l’Accor Arena, le Bataclan et la future Arena La Chapelle. Tout ce beau monde va donc s’étriper dans les mois qui viennent pour tenter de mettre la main sur l’ouvrage. Pas pour la beauté du sport, mais dans l’espoir de faire un investissement rentable. Quant aux sportifs, personne ne leur demande leur avis. Comme d’hab.

Dans une tribune publiée dans les colonnes du Monde, un collectif de membres de la Société française de santé publique réclame « un soutien affirmé des pouvoirs publics » à la campagne « janvier sans alcool » dans le but de mener une politique « cohérente et déterminée sur l’alcool, à la hauteur des enjeux, et qui vise notamment à changer l’image de ce produit. » À l’instar de la stratégie antitabac, développée avec succès depuis des décennies. La consommation d’alcool est en effet responsable, directement ou indirectement, de plus d’une soixantaine de maladies. Elle est la première cause d’hospitalisation et la deuxième cause de mortalité évitable en France (après le tabac) avec environ 49 000 décès par an. Mais derrière Macron, différents ministres du gouvernement, qui a récemment annulé plusieurs campagnes contre l’alcoolisme, affichent sans vergogne leur proximité avec le lobby vitivinicole. La santé publique attendra…

France info a publié un reportage sur les ONG pacifistes israéliennes qui peinent à se faire entendre dans leur pays alors que l’opinion publique est très majoritairement intoxiquée par la propagande belliciste. Ainsi l’ONG Médecins pour les droits humains (Physicians for Human Rights) travaille depuis des années avec des médecins gazaouis qu’elle forme, à qui elle envoie du matériel et des médicaments. Mais depuis le début de la guerre, impossible d’envoyer des renforts de personnel sur place, ni du matériel, ni de l’argent aux hôpitaux. « Depuis quatre ou cinq semaines, on tente de faire parvenir de l’aide humanitaire dans Gaza, mais notre banque nous a menacé de geler nos comptes », déplore un de ses dirigeants, Guy Shalev. « Les fonds envoyés à Gaza, ça aurait pu être considéré comme du financement terroriste, ou quelque chose comme ça. » Et de poursuivre : « On reçoit tout le temps des messages et des informations sur des personnes que l’on connaît et qui sont mortes sous les bombardements », raconte-t-il. « Plus de 300 soignants ont été tués depuis le début de cette guerre. Ce matin encore, on a parlé au directeur de l’hôpital européen de Khan Younès, son frère a été tué. Il était aussi médecin. » C’est le même sentiment à chaque message reçu : « On est totalement impuissants. » Il poursuit : « C’était impossible, les premières semaines, de parler d’un cessez-le-feu. On a essayé, on a reçu beaucoup de menaces. Donc les gens ne voulaient pas en entendre parler. Mais je pense que ces deux ou trois dernières semaines, l’opinion s’ouvre un peu plus à l’idée que le cessez-le-feu est la chose à faire. Il n’y a vraiment aucun moyen de sauver des vies à Gaza si ce n’est d’appeler à un cessez-le-feu. » Malgré leur isolement les ONG comme celle-ci poursuivent leur combat.

Dans Libération 150 personnalités du monde de la culture ont paraphé un texte dénonçant « l’impunité » de l’acteur et affirmant « les monstres sacrés n’existent pas ». L’acteur, visé par plusieurs plaintes pour viols, est également très critiqué après la diffusion d’un reportage de Complément d’enquête où il multipliait les propos misogynes et insultants envers les femmes et les fillettes. Dans le même temps, le texte publié par le collectif « Cerveaux non disponibles » et relayé sur le site du Club de Mediapart, atteint désormais les 8 000 signatures de personnalités des arts et du spectacle alors qu’un nombre grandissant de personnes qui lui avaient d’abord apporté leur soutien dans les colonnes du Figaro font désormais machine arrière. Il semble bien que l’intervention télévisée de Macron en faveur de Depardieu a eu exactement l’effet inverse que celui recherché : loin de le conforter elle a ouvert la voie à un torrent de critiques et d’indignation. Et c’est une bonne chose.