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Brèves

L’actualité en bref

Pour célébrer à leur manière le centième anniversaire de la mort de son créateur, l’ingénieur Gustave Eiffel, les salariés de la tour Eiffel ont observé une journée de grève à l’appel de la CGT. Le monument a donc été fermé au public. Le syndicat dénonce « la gestion actuelle qui mène tout droit la société d’exploitation de la tour Eiffel dans le mur ». Et de citer pêle-mêle « un modèle économique trop ambitieux et intenable », une « sous-évaluation des budgets travaux », une « surévaluation des recettes basées sur des objectifs de fréquentation annuelle de 7,4 millions de visiteurs », soit « des niveaux de fréquentation jamais atteints ». Le tout risque de mettre en péril non seulement le gestionnaire du monument (qui dépend de la ville de Paris) mais aussi et surtout l’emploi des 360 salariés qui y travaillent.

C’est le site CAPJPO-Euro Palestine qui a donné l’information, photo à l’appui. Le président de l’État d’Israël, Isaac Herzog, veut apporter lui aussi sa contribution au massacre en cours à Gaza. C’est pourquoi, devant des photographes et en présence de soldats dont certains filmaient avec leur portable, il a dédicacé les obus d’artillerie que son armée s’apprêtait à lancer sur les hommes, les femmes et les enfants de Gaza. Une façon bien à lui de signer ses crimes.

À l’occasion des prochaines élections présidentielles, qui se dérouleront le 17 mars 2024, Poutine a d’ores et déjà annoncé, sans surprise, qu’il allait se représenter. Il a donc commencé à sélectionner des candidats croupions qui lui donneront la réplique, feront de la figuration mais n’auront, bien sûr, aucune chance de l’emporter. Mais une candidate risquait de perturber cette consultation jouée à l’avance. Ekaterina Dountsova, une journaliste de 40 ans exerçant dans la ville de Rjev (région de Tver, à l’ouest de Moscou), avait décidé de faire acte de candidature en dénonçant, à mots couverts vu la censure, la guerre d’Ukraine et en réclamant la libération « des prisonniers politiques ». Inconnue du grand public et boycottée par les médias officiels, elle a réussi à susciter un enthousiasme et une curiosité inattendus dans une frange de l’opinion. Trois cent mille personnes se sont, par exemple, abonnées à sa chaîne Telegram et des centaines avaient fait la queue, le 17 décembre à Moscou, pour intégrer son groupe de soutien. Ce qui a valu à certains d’être interrogés par la police. C’en était trop pour le maître du Kremlin. La commission électorale a refusé d’enregistrer la candidature de Dounstova en invoquant des « erreurs dans des documents ». Ce prétexte a largement été utilisé ces dernières années pour faire taire les opposants, notamment Alexeï Navalny interdit de se présenter en 2018 avant d’être empoisonné puis envoyé dans un camp au délai du cercle polaire. De quoi décourager les opposants.

André Mondange, le maire communiste de Péage-de-Roussillon, dans l’Isère, a été agressé par un groupe d’hommes se disant « nationalistes » dans la nuit du 21 au 22 décembre à Avignon, dans le Vaucluse. L’incident s’est produit à la sortie d’un café où l’élu avait participé à une fête avec des amis et sa famille. Outre des insultes et des coups, liées à son appartenance politique, les assaillants ont proféré des insultes racistes contre sa fille métisse qui l’accompagnait. Encore une attaque violente de l’extrême droite. Une de plus.

Un fait divers sordide vient de se dérouler à Meaux, en Seine-et-Marne. Un homme, placé en garde à vue, est soupçonné d’avoir tué sa compagne et ses quatre enfants. À cette occasion, il faut rappeler qu’en moyenne, un féminicide survient tous les trois jours en France : 118 femmes ont été tuées l’an dernier par leur conjoint ou leur ex-conjoint. Ces drames interviennent souvent dans un contexte de rupture. Au total, 244 300 victimes de violences conjugales, en grande majorité des femmes, ont été officiellement recensées, une hausse de 15 % par rapport à 2021. Cette hausse des chiffres est interprétée par les associations comme le signe d’une meilleure prise en compte de la parole des victimes mais de nombreux cas passent encore sous les radars. Un fléau qui est un sous-produit du patriarcat et qu’il faut combattre au quotidien.

Dans une tribune publiée dans Le Figaro une cinquantaine d’artistes prennent la défense de Gérard Depardieu, visé par plusieurs plaintes pour viols et agressions sexuelles. De plus les propos obscènes sur les femmes et les fillettes qu’il a tenus à la mi-décembre devant les caméras d’un numéro du magazine télévisé Complément d’enquête ont encore aggravé les choses. Qu’importe. Les signataires – parmi lesquels des acteurs (Nathalie Baye, Pierre Richard, Charlotte Rampling, Benoît Poelvoorde), des chanteurs (Jacques Dutronc, Carla Bruni, Roberto Alagna, Arielle Dombasle), des réalisateurs (Bertrand Blier, Nadine Trintignant, Francis Veber) – n’ont pas un mot pour les plaignantes et estiment que celui qu’ils appellent « le dernier monstre sacré du cinéma » devrait se voir épargner toute critique jusqu’au moment où il sera jugé. Il pourrait dire et faire n’importe quoi, il serait à l’abri de toute critique. Et les auteurs de poursuivre sur un ton grandiloquent : « Lorsqu’on s’en prend ainsi à Gérard Depardieu, c’est l’art que l’on attaque. […] Se priver de cet immense acteur serait un drame, une défaite. La mort de l’art. » L’art existait avant Depardieu et continuera d’exister après lui. Heureusement. Mais ce que les signataires n’acceptent pas, ou ne comprennent pas, ce qui revient au même, c’est qu’aujourd’hui les propos et les attitudes sexistes d’une personnalité publique ne passent plus auprès d’une partie grandissante de la population. Et c’est une bonne chose.

Après des semaines de recherche, les avocats d’Alexeï Navalny ont finalement réussi à le localiser. Figurant parmi les principaux opposants à Vladimir Poutine, il a été condamné en août à une nouvelle peine de 19 ans de prison pour « extrémisme ». Jusqu’à il y a trois semaines il se trouvait dans un camp de la région de Vladimir, province limitrophe de Moscou, mais depuis il avait disparu des radars. Sa porte-parole, Kira Iarmych, indique avoir dû mener un véritable travail d’enquête, avec pas moins de 600 demandes d’informations envoyées à la Cour suprême, qui affirmait ne pas avoir d’informations sur l’endroit où il se trouvait. Finalement il a été retrouvé par ses amis dans la colonie pénitentiaire numéro 3 de la localité de Kharp, petite localité d’environ 5 000 habitants, située en Iamalo-Nénétsie, région reculée du nord de la Russie, au-delà du cercle polaire arctique. Poutine espère sans doute que Navalny ne survivra pas très longtemps dans des conditions extrêmes. Une sorte de crime prémédité.

Une frappe israélienne a touché le camp de réfugiés de Maghazi, dans la zone centrale de Gaza, près de la ville de Deir al-Balah, faisant au moins 106 morts et des centaines de blessés. C’est la frappe la plus sanglante dont s’est rendue coupable l’armée sioniste depuis le début du conflit. Rappelons qu’auparavant l’état-major israélien avait désigné cette région comme « zone d’évacuation » conseillant aux civils Palestiniens fuyant la ville de Gaza de s’y réfugier… avant de les bombarder et de les massacrer. Interrogée par des journalistes sur ce point l’armée israélienne a refusé de commenter. Mais ses soutiens, comme le député Les Républicains Meyer Habib en France, continueront d’affirmer, toute honte bue, qu’il s’agit de l’armée la plus morale du monde.

L’organisation pacifiste et de soutien aux prisonniers Cage International a répertorié entre octobre et décembre 214 cas de répression contre des personnes qui manifestaient leur solidarité avec les Palestiniens. 118 d’entre eux se sont produits dans les lycées et collèges, 35 sur les lieux de travail, 35 lors de manifestations, 13 à l’université et 13 dans les mosquées. Un propos, une pancarte, une affiche, un slogan, un badge ou un tweet favorables à la cause palestinienne suffisent pour que leurs auteurs soient réprimandés, menacés, voire finissent devant les tribunaux. Un programme dit « de prévention » encourage les enseignants à dénoncer les élèves qui se « radicalisent », les salariés à faire de même à l’égard de leurs collègues et les autorités à être intraitables pour ce qui est qualifié « d’extrémisme non violent », c’est-à-dire des propos et des attitudes favorables aux Palestiniens et hostiles à Israël. Une chasse aux sorcières qui jusqu’à présent n’a guère eu d’effet puisque le Royaume-Uni est un des pays occidentaux où les manifestations de soutien à la Palestine ont été les plus massives.