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Brèves

L’actualité en bref

Depuis des mois une partie de la population locale et des associations écologistes protestaient contre le projet de construction d’une tour métallique à Teahupo’o, sur le site des épreuves olympiques de surf, supposée accueillir juges, journalistes et officiels. Petit détail : cette tour devait être érigée sur un récif de corail qu’elle aurait gravement endommagée. Un gâchis irrémédiable pour les opposants qui soulignaient qu’on ne pouvait accepter une telle destruction pour une compétition de quelques jours. Finalement la Fédération internationale de surf vient de faire savoir que l’on pouvait fort bien se passer de cet édifice en « jugeant les épreuves via des images prises depuis le rivage, la mer et aériennes ». Ce qui a pris à contre-pied le président de la Polynésie française, Moetai Brotherson, qui jusqu’à là affirmait mordicus que la tour était la seule solution et vouait les opposants « irresponsables » aux gémonies. Il a constaté amer : « C’est un peu tard pour se réveiller. » On se demande si la phrase visait la Fédération internationale ou si c’était une tardive auto-critique.

À l’issue du procès en appel du scandale sanitaire du Mediator, les laboratoires Servier ont été condamnés à une amende de plus de neuf millions d’euros pour « tromperie aggravée » et « homicides et blessures involontaires ». Le groupe pharmaceutique produisait cet anti-diabétique, également prescrit comme coupe-faim, qui provoquait de graves lésions cardiovasculaires qui ont fait près de 5 000 victimes. Fort rentable, il a été commercialisé pendant 33 ans sans tenir compte des avertissements sur sa nocivité. Le groupe a également été reconnu coupable d’escroquerie. À ce titre, il devra rembourser plus de 415 millions d’euros aux caisses d’assurance-maladie et aux mutuelles, au titre du préjudice financier, plus d’un million d’euros au titre du préjudice de désorganisation et plus de cinq millions d’euros en frais de procédure. Il aura fallu plus de 16 ans de lutte à la pneumologue brestoise Irène Frachon, qui dénonçait la nocivité du médicament depuis longtemps sans être entendue, pour que le groupe Servier soit finalement condamné. Le président de la cour, Olivier Géron, avait tenu à souligner dans son jugement que le laboratoire avait « privilégié son intérêt financier sur l’intérêt des patients ». Bien résumé.

Éric Ciotti, le président des Républicains, a fustigé sur France Inter la fronde des 32 départements de gauche qui ont annoncé leur volonté de ne pas appliquer le durcissement des conditions de versement aux étrangers de l’Allocation personnalisée d’autonomie, voté dans la loi immigration. Dénonçant la « sédition » des présidents de ces départements le député des Alpes-Maritimes s’est écrié : « On est dans une République bananière ? Il y aurait des petits roitelets locaux qui décideraient de ne plus appliquer les lois de la République ? » Toute à son indignation républicaine, ce jacobin du café du commerce, farouche défenseur de l’unité nationale face à la sédition de la gauche, n’a pas su quoi répondre lorsque le journaliste lui a rappelé qu’une des figures les plus en vues de son parti, Laurent Wauquiez (qu’il a annoncé soutenir pour la présidentielle de 2027) avait fièrement annoncé que dans sa région Auvergne-Rhône-Alpes il n’appliquerait pas la loi climat résilience adoptée en 2021 car il était en désaccord avec certains de ses objectifs. Ciotti se retrouve donc à soutenir un séditieux, un roitelet local qui déclare ne plus appliquer les lois de la République. C’est du propre !

… assure Macron qui en est « un grand admirateur » de l’acteur accusé de multiples viols et agressions sexuelles, et dont le reportage dans l’émission C à vous a montré l’ampleur du caractère misogyne et ordurier. Macron ne veut pas lui retirer sa Légion d’honneur… Pas très étonnant, il y côtoie les plus grandes canailles du monde bourgeois, à commencer par le président lui-même, en passant par le dictateur égyptien al-Sissi, le vendeur d’armes Laurent Dassault, le multimilliardaire du luxe Bernard Arnault, le fauteur de guerre Pourine et le libertarien fascisant Elon Musk. Depardieu a pleinement sa place dans ce panthéon.

C’est le quotidien israélien Haaretz qui l’indique : en plus des Gazaouis détenus, humiliés, battus, torturés et exécutés à Gaza même, des centaines d’autres ont été arrêtés depuis le 7 octobre, et emprisonnés depuis des semaines dans un centre de détention du sud d’Israël, sur la base de Sde Teiman, près de Béersheva, où plusieurs d’entre eux sont morts du fait des mauvais traitements. Des photos insoutenables montrent des hommes au sol, nus, menottés, les yeux bandés, avec des numéros peints sur le dos à la peinture. De son côté, toujours selon Haaretz, « l’armée israélienne a déclaré que les prisonniers décédés étaient des terroristes et que les circonstances de leur mort… étaient en cours d’examen ». En violation de toutes les conventions internationales, Israël ne reconnait pas ces hommes – qui seraient au moins 500 – comme des prisonniers de guerre qui ont certains droits. Les qualifier indistinctement de « terroristes » ou de « combattants illégaux » permet de les déshumaniser et de donner une pseudo-légitimation au traitement infâme et inhumain dont ils sont l’objet.

Le Parlement européen et les 27 États membres sont parvenus à un accord de principe sur la réforme de la politique migratoire européenne. Il prévoit notamment un contrôle renforcé des arrivées de migrants dans l’Union européenne, des centres fermés près des frontières pour renvoyer plus rapidement ceux qui n’ont pas obtenu le droit à l’asile. La réforme prévoit aussi un « filtrage » des migrants à leur arrivée et une « procédure à la frontière » pour ceux qui sont statistiquement les moins susceptibles d’obtenir l’asile. Ces derniers seront retenus dans des centres pour pouvoir être renvoyés plus rapidement vers leur pays d’origine ou de transit. Le Conseil européen a insisté pour que même les familles avec enfants de moins de 12 ans soient concernées par une telle procédure, qui implique une détention dans des centres situés près des frontières ou des aéroports, par exemple. C’est à ce genre de détails que l’on reconnait de véritables humanistes…

Dans l’enquête sur la mort de Nahel, tué par le tir d’un policier le 27 juin dernier à Nanterre, la version des policiers qui se fondait avant tout sur une pseudo-légitime défense a été mise à mal par plusieurs témoins oculaires. Les juges d’instruction du tribunal de Nanterre ont acquis la certitude que la Mercedes conduite par Nahel, lorsqu’il a redémarré, n’a pas foncé sur le policier qui le contrôlait. Deuxième point crucial de l’enquête : les coups qu’auraient portés les policiers lors du contrôle. Plusieurs témoins se sont manifestés, cinq au total, dont deux des passagers de la voiture conduite par le jeune homme. Tous racontent avoir vu les fonctionnaires donner des coups de crosse de pistolet à Nahel : un premier aurait été donné par le policier auteur du tir mortel et deux autres par l’un de ses collègues. Enfin, des menaces de mort auraient été proférées par les policiers qui ont promis une « balle dans la tête » à Nahel et crié « shoote-le » Ce qui ne les empêche pas de continuer de jouir du soutien de leur hiérarchie et du ministre de l’Intérieur.

Trente-deux départements présidés par la gauche n’appliqueront pas le durcissement des conditions de versement aux étrangers de l’allocation personnalisée d’autonomie (dont bénéficient les personnes âgées de 60 ans ou plus en situation de perte d’autonomie) prévu par la nouvelle loi « immigration », qualifiée d’« injuste » et d’« inefficace », ont-ils annoncé dans un communiqué commun publié par le département de la Dordogne. Le premier à faire connaitre sa décision avait été celui du Lot dont le président du conseil départemental, Serge Rigal, affirmait : « Le département du Lot, fidèle à ses valeurs de solidarité, refuse et refusera d’appliquer le principe de la préférence nationale pour nos aînés », et proposait de « créer une nouvelle allocation d’autonomie universelle qui donnera exactement les mêmes droits aux Lotois qui seraient exclus par cette loi ». Il a bientôt été suivi par celui de Paris, de la Seine-Saint-Denis, et des dizaines d’autres.

Fin novembre le ministre de la Santé, Aurélien Rousseau, aujourd’hui démissionnaire, avait promis la réouverture de 3 000 à 4 000 lits dans les hôpitaux d’ici la fin de l’année. La plupart des observateurs mettent sérieusement en doute que cet objectif puisse être atteint. Selon les derniers chiffres de la Direction statistique des ministères sociaux l’an dernier, les 2 976 hôpitaux publics et privés disposaient très exactement de 374 290 lits d’hospitalisation complète, soit 6 713 de moins que l’année précédente. Une tendance lourde observée depuis vingt ans. Pour se justifier, les pouvoirs publics affirment que dans le même temps ils ont créé 2 591 places d’hospitalisation partielle de jour, sans nuit passée dans l’établissement. Non seulement ce chiffre est largement inférieur à celui du nombre de lits fermés mais, de plus, une « place de jour peut généralement accueillir plusieurs patients quotidiens, qui présentent des pathologies légères. Depuis fin 2013, 39 000 lits d’hospitalisation complète ont été supprimés au total (−9,4 % en neuf ans), et seulement 17 400 places d’hospitalisation partielles ont été créées. Et malgré les bla-bla officiels, l’hôpital, faute de crédits et de personnel suffisants, reste le parent pauvre du service de santé.