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Brèves

L’actualité en bref

Au moins 61 migrants sont portés disparus et présumés morts après le naufrage de leur embarcation de fortune au large de la Libye, a indiqué le bureau de l’Organisation internationale pour les migrations. Il s’agit en majorité de ressortissants du Nigeria, de Gambie et d’autres pays d’Afrique, et parmi les victimes « figurent des enfants et des femmes ». 25 autres personnes ont pu être sauvées et ont été transférées… vers un centre de détention à Tariq Al Sekka, près de Tripoli. « Plus de 2 250 personnes ont perdu la vie en Méditerranée centrale cette année » a déploré Flavio Di Giacomo, porte-parole de l’Organisation internationale des migrations pour la Méditerranée. Ce qui n’empêche pas l’Union européenne de continuer à ériger des barrières qui rendent les traversées plus difficiles et de payer les États africains pour les empêcher de partir par tous les moyens.

La présidente du groupe écologiste à l’Assemblée, Cyrielle Chatelain, a accusé le député macroniste Jean-René Cazeneuve de « propos odieux » à son égard, ce qui a été confirmé par plusieurs témoins. Après le vote de la motion de rejet sur le projet de loi sur l’immigration, l’élu macroniste lui avait promis dans l’hémicycle qu’elle serait « tondue comme à la Libération pour avoir voté avec le Rassemblement national ». Une façon de se prévaloir d’un des épisodes les plus sombres et les plus honteux de la pseudo « justice » qui prévalait dans les rues en 1944-45. La députée écolo écrit : « La tonte des femmes à la Libération constituait une attaque contre leur intégrité physique et une destruction de ce qui représentait leur féminité. Le message est clair : en tant que femme, je me dois de rester à ma place et tenir ma langue. » Elle demande « une peine disciplinaire » contre le député du Gers après cette « insulte menaçante ». Mais jusqu’à présent, la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, toujours prompte à sanctionner les députés Insoumis, a refusé de réagir plaidant son « ignorance ». Il faut dire qu’elle appartient au même groupe politique que Cazeneuve. Ceci explique sans doute cela.

Trois syndicats (La base, CGT et FO) ont lancé lundi un appel à la grève sur la ligne du RER B, dénonçant l’« injustice flagrante » d’une procédure disciplinaire contre un conducteur de train. Selon la direction, seul un train sur deux était en service, provoquant une pagaille monstre. Le RER B est exploité par la RATP (au sud de la gare du Nord) et par la SNCF (au nord). Selon les syndicats les mesures disciplinaires se multiplient. Ils expliquent : « Sur un simple signalement et sans preuves matérielles, les cadres SNCF les plus zélés peuvent désormais dénoncer des agents de conduite RATP de tout ce qui leur passe par la tête ! » Ce mouvement de grève s’inscrit dans un contexte particulièrement tendu dans les transports franciliens, du fait notamment de nombreux travaux en vue des Jeux olympiques de Paris 2024 et de la multiplication des incidents techniques.

Des salariés de Casino et leurs soutiens ont manifesté à Saint-Étienne dimanche 17 décembre. Ils craignent pour les emplois, car le groupe s’apprête à céder ou fermer ses magasins en raison d’une dette estimée entre 7 et 12 milliards ! Des syndicats dénoncent les actionnaires et la direction qui ont joué avec la peau de 50 000 travailleurs. Ceux-ci n’ont rien à attendre des promesses du ministre de l’Économie Bruno Le Maire, qui fait mine de cornaquer les négociations avec Carrefour, Lidl, Intermarché ou Auchan. Potentiels repreneurs, ils font déjà la chasse aux coûts dans leurs propres enseignes. Les salariés ne pourront compter que sur leur lutte pour mettre la pression maximum sur tous ces vautours.

Depuis le 6 décembre, les proches d’Alexeï Navalny sont sans nouvelle du principal opposant à Vladimir Poutine, condamné en août dernier à 19 ans de prison pour « extrémisme ». Selon sa porte-parole, Kira Iarmich, un employé de la colonie pénitentiaire où il était détenu a déclaré que Navalny avait été déplacé sans plus de précision. Interrogées, les autorités russes ont refusé de répondre en mettant en garde contre « toute ingérence » dans cette affaire. Une attitude classique de la dictature de Poutine. Raison de plus pour réclamer la libération immédiate de Navalny et de tous les prisonniers politiques.

Pour « tenir compte de l’inflation », dixit le gouvernement, le Smic va augmenter au 1er janvier de… 1,13 %. Le salaire minimum brut horaire passera de 11,52 euros à 11,65 euros et le Smic mensuel brut sera porté à 1 766,92 euros, soit une hausse de 19,72 euros. En net il passera donc de 1 383,08 euros à 1 398,69 euros, soit une augmentation de 15,61 euros par mois… à peine plus que le prix d’un paquet de cigarettes. Vraiment pas de quoi pavoiser. On ne peut pas vivre aujourd’hui avec moins de 2 000 euros par mois. Mais ça c’est dans les rues et les entreprises qu’il faudra le rappeler au gouvernement.

C’est sur TF1 que s’est déroulé samedi soir depuis Dijon l’élection de Miss France 2024. Un concours qui existe depuis 93 ans et qui est un condensé de tous les poncifs sexistes sur la femme. Les candidates sont toutes belles, jeunes, souriantes et gentilles. Des beautés standardisées. Et même si ce concours se donne des airs de modernité sous l’influence des luttes féministes – les candidates peuvent désormais avoir des enfants, être plus âgées ou être tatouées ! – ça n’en reste pas moins un défilé de femmes conformes à un idéal physique taillé pour les médias et autres commerces de l’image.

Selon une enquête du ministère de l’Intérieur, visant à étudier le « vécu et ressenti en matière de sécurité », seules 5 % des femmes victimes de violences sexuelles ont porté plainte en 2021. Ces violences ont concerné 247 000 victimes en 2021 dont 88 % de femmes et 60 % de moins de 25 ans. Les deux raisons les plus fréquemment citées par les victimes pour ne pas avoir fait de déclaration auprès de la police ou de la gendarmerie sont qu’elles considéraient que l’atteinte subie n’était pas assez grave (25 %) et que cela n’aurait servi à rien (24 %). Les personnes concernées ont également tendance à penser que leurs témoignages ne seraient pas pris au sérieux (16 %), ou voulaient éviter que cela soit su (10 %). D’autres raisons sont citées dans l’étude, notamment le fait d’éviter des épreuves supplémentaires, de trouver une autre solution, de ne pas vouloir avoir à faire avec la police ou la gendarmerie, d’avoir eu une mauvaise expérience lors d’une déclaration passée, ou d’avoir peur des représailles. Dans un rapport publié fin septembre, la Fondation des femmes fustigeait « l’écart abyssal entre les dépenses de l’État et les besoins nécessaires en matière de violences conjugales, sexistes et sexuelles ». Dans ce document extrêmement précis, l’organisation affirmait qu’il faudrait entre 2,6 et 5,4 milliards d’euros pour lutter efficacement contre l’ensemble de ces violences, alors que l’État n’a dépensé en 2023 que… 184,4 millions d’euros. Pas étonnant que les victimes se sentent abandonnées par les pouvoirs publics.

En marge de la visite de Gérald Darmanin dans la ville, des manifestants ont dénoncé un « génocide de migrants ». Il faut dire que la visite du ministre de l’Intérieur – sur place pour annoncer le début des travaux pour un futur commissariat de police dans le cadre de la lutte contre l’immigration irrégulière – a coïncidé avec un nouveau naufrage d’un bateau de migrants. L’embarcation, avec 66 personnes à bord, a chaviré faisant au moins un mort, deux disparus et un homme en état d’hypothermie conduit en urgence à l’hôpital. Olivier Ternisien, coprésident de l’association Osmose 62, qui effectue des maraudes sociales dans le Boulonnais, estime que la situation empire de jour en jour et que les migrants prennent toujours plus de risques pour tenter la traversée vers l’Angleterre. Et la répression se durcit en conséquence. « Depuis un certain temps, on a des témoignages d’exilés qui nous racontent que les forces de l’ordre crèvent le canot pneumatique dans l’eau. On n’avait jamais entendu d’histoire pareille auparavant », rapporte-t-il. De leur côté les autorités britanniques prévoient d’investir 500 millions d’euros sur quatre ans pour militariser davantage la frontière maritime. Des infamies des deux côtés de la Manche.