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Brèves

L’actualité en bref

Élisabeth Borne a déclenché une nouvelle fois l’article 49.3 de la Constitution à l’Assemblée nationale, pour obtenir l’adoption définitive sans vote du projet de budget de la Sécurité sociale. C’est la vingtième fois qu’elle utilise cette procédure depuis qu’elle est Première ministre. Aussitôt la France insoumise a annoncé le dépôt d’une motion de censure. Un spectacle un peu répétitif dont la classe politique ne semble pas se lasser. Le citoyen lambda, c’est autre chose.

La Cour suprême russe a banni pour « extrémisme » le mouvement LGBT+, ouvrant la voie à des poursuites judiciaires et des peines de prison contre les homosexuels et militants défendant leurs droits dans le pays. Le juge Oleg Nefedov a ordonné de « reconnaître comme extrémistes le mouvement international LGBT+ et ses filiales, d’interdire leurs activités sur le territoire de la Fédération russe ». Il a précisé que cette interdiction entrait « immédiatement en vigueur ». L’audience s’est déroulée sans défenseur et à huis-clos, car l’affaire était classée « secrète ». Désormais toute activité publique associée à ce que les autorités considèrent comme des préférences sexuelles « non-traditionnelles » pourra être sanctionnée comme un crime passible de lourdes peines de prison. Ces mesures s’inscrivent dans le vaste climat de peur qu’imposent les autorités depuis le début de la guerre d’Ukraine.

C’est du haut de leur luxueux hôtel situé au cœur de Dubaï que des participants à la COP28 ont pu découvrir l’envers du décor de la capitale économique des Émirats arabes unis, septième réserve mondiale de pétrole. Tzeporah Berman, militante écologiste et écrivaine canadienne, écrit sur son compte X : « Ce matin, j’ai ouvert les rideaux dans mon hôtel sur ce que je sais maintenant être la plus grande installation au monde sur un seul site de production d’électricité au gaz naturel. » Et de décrire l’épaisse brume polluante dans laquelle est plongée la cité. De son côté, Farhana Sultana, chercheuse à l’université de Syracuse (New York), regrette pour sa part « l’ironie d’une conférence mondiale visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre au milieu des émissions de gaz à effet de serre ». Ce qui n’empêche pas le président de la COP28, Sultan Al-Jaber, dirigeant de la compagnie pétrolière émiratie Adnoc, d’être un chaud partisan des énergies fossiles.

Durant les nuits d’émeute qui ont suivi la mort de Nahel à Nanterre, début juillet, Mohammed Bendriss, un jeune homme à scooter, avait été retrouvé mort à Marseille avec des traces de lanceur de balle de défense sur le corps. Libération et Mediapart se sont associés pour dévoiler des images exclusives, filmées par un témoin, et permettant d’observer l’altercation entre le jeune père de famille et les policiers du Raid. Ces images dévoilent que Mohammed Bendriss ne représentait aucune menace pour les policiers qui ont tiré sur lui. À noter que la femme qui avait filmé la scène a été menacée de poursuite par l’Inspection générale de la police nationale si elle dévoilait l’enregistrement en sa possession. Heureusement elle est passée outre…

Au 1er janvier prochain, Pôle emploi va changer de nom et devenir France travail. Pour faire, parait-il, plus moderne et plus dynamique. Aucune chance que cela ait un effet quelconque sur le niveau du chômage. Mais combien va coûter ce changement de nom et de graphisme ? Secret défense. On sait seulement qu’une agence de pub, The Good Company, a été embauchée pour phosphorer sur la question. Le Canard enchaîné a rappelé qu’en 2009 le logo Pôle emploi qui remplaçait alors celui de l’ANPE (Agence nationale pour l’emploi) réalisé par une agence privée, avait couté 500 000 euros. En tenant compte de la mise en place du nouveau logo sur les différents supports et dans les agences, on arrivait à la bagatelle de 2,4 millions d’euros. Aujourd’hui, l’addition sera sans doute deux ou trois fois plus salée. Mais quand on aime la communication, on ne compte pas…

Le Comité international olympique doit encore se prononcer mais la France est seule en lice pour organiser les Jeux olympiques d’hiver 2030, en Haute-Savoie. Et Macron l’affirme : ils seront « innovants, durables et inclusifs ». Ce n’est pas l’avis de tout le monde. Depuis des mois, des citoyens, des élus et des ONG de défense de l’environnement fustigent une candidature « aberrante » tant pour la menace qu’elle représente pour la planète que pour le coût financier et social qu’elle va avoir. Et une tribune publiée sur Reporterre, début novembre, dénonçait en vrac l’artificialisation des sols, l’eau qui devra être pompée dans les rivières et les glaciers pour créer de la neige artificielle (car il y a de moins en moins de neige dans les Alpes) ou le bilan carbone des trajets nécessaires à l’organisation et à la venue du public. Et le collectif « No JO » a lui lancé le slogan : « 15 jours de fête, 15 ans de dettes… Nos impôts ne payeront pas leurs JO ». Bientôt la nouvelle devise olympique va devenir « plus cher, plus polluant, plus nocif ».

Un enfant de huit ans, Adam al-Ghoul, et un adolescent de quinze ans, Bassem Abou el-Wafa ont été tués par des soldats israéliens à Jénine, ville du nord de la Cisjordanie occupée, régulièrement théâtre d’incursions militaires israéliennes. Des images de vidéo-surveillance mises en ligne montrent un enfant fauché par une balle dans une rue alors que le tir fait fuir en courant d’autres enfants alentour. Sur d’autres images, on voit un adolescent également touché par une balle. Alors que d’autres balles s’écrasent au sol autour de lui, il s’écroule et semble appeler à l’aide alors que cinq autres adolescents courent se réfugier derrière des voitures ou dans un magasin. Le garçon se débat au sol, agonisant, durant au moins une demi-minute. Dans le même temps, l’armée israélienne a arrêté un enfant de 12 ans, Karim Ghawanmeh, dans le camp de réfugiés de Jalazone, à Ramallah, a rapporté le Club des prisonniers, une ONG palestinienne. Depuis le 7 octobre, en Cisjordanie, près de 240 Palestiniens ont été tués par des soldats ou des colons israéliens.

Accusant la Russie d’orchestrer une arrivée massive de demandeurs d’asile à sa frontière, la Finlande a décidé de fermer le dernier point de passage terrestre avec son voisin, celui de Raja-Jooseppi, après la fermeture des sept autres postes frontières quelques jours plus tôt. À l’origine de cette décision : l’arrivée importante, via cette frontière longue de 1 300 kilomètres, de migrants venus de Somalie, d’Irak et du Yémen. Un « afflux », qui aurait été orchestré, selon la Finlande, par la Russie, dans un but de « déstabilisation ». Ce qui est évidemment possible. Sauf que ce prétexte tombe à pic pour le premier ministre finlandais, Petteri Orpo, à la tête depuis avril dernier d’un gouvernement qui regroupe la droite et l’extrême droite et a fait de la lutte contre l’immigration son cheval de bataille. Une façon de montrer ses muscles sur le dos des demandeurs d’asile.

Quatre hommes, de nationalité marocaine, ont été découverts a priori noyés près de leur embarcation sur laquelle voyageaient 32 autres migrants qui ont débarqué sur deux plages proches de Cadiz, dans le sud de la péninsule ibérique. Quatre autres de ces migrants sont arrivés en état d’hypothermie et l’un d’eux a été hospitalisé. Le pays constitue l’une des principales portes d’entrée migratoires en Europe, notamment par la Méditerranée occidentale avec des départs d’embarcations depuis le Maroc ou l’Algérie. Pas moins de 13 044 migrants y sont arrivés entre le 1er janvier et le 15 novembre, soit 11,5 % de plus qu’à la même période l’an dernier. Et le mouvement ne cesse de s’amplifier malgré le durcissement des législations européenne et espagnole contre les migrants.