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Brèves

L’actualité en bref

Instrumentalisant la mort dramatique du jeune Thomas, assassiné dans une rixe, l’extrême droite se montre dans la rue et sur les murs dans la Drôme. Une mosquée de Valence a été taguée : « un bon musulman est un musulman mort. Justice pour Thomas ». Mais ce week-end, la violence raciste est encore montée d’un cran. Une manifestation de nazillons a eu lieu à Romans-sur-Isère. Les nervis, prêts à en découdre avec les jeunes « de quartier », ont défilé aux cris de « La rue, la France nous appartient ». Tous ceux qui insufflent le racisme anti-arabe, de Macron à l’extrême droite, sont responsables des coups de poing de ces fascistes aux petits pieds, qui se sentent pousser des ailes.

Le sénateur Joël Guerriau est accusé d’avoir drogué une élue pour tenter de la violer. Loin de se démonter, il s’est défendu en prétendant que la substance présente dans le verre n’était pas destinée à sa collègue, mais à lui-même… Il aurait tenté de se consoler de la mort de son chat la veille, et aurait malencontreusement laissé le verre dans le frigo. L’aplomb et l’hypocrisie de ces gens est sans limite. Et si Joël Guerriau a été écarté de son groupe parlementaire, on n’espère pas grand-chose des suites judiciaires. Ce n’est pas en comptant sur la justice, mais bien par nos luttes qu’il faudra faire cesser ces agissements. C’est ce qu’ont fait entendre les manifestants de samedi dernier, qui ont battu le pavé contre les violences faites aux femmes.

Après une agression au couteau à la sortie d’une école primaire, il n’aura fallu que quelques heures à l’extrême droite irlandaise pour imaginer une origine étrangère à l’agresseur. Le soir même, plusieurs centaines de personnes manifestaient leur haine et leur violence dans les rues de Dublin, armés, brandissant des pancartes hostiles aux migrants et incendiant le mobilier urbain du quartier. Cette violence d’extrême droite ne fait qu’un avec les discours xénophobes et racistes des politiciens de droite et d’extrême-droite, des Le Pen et Darmanin, des Meloni et des Wilders.

Un adolescent de 17 ans, condamné à mort pour meurtre, a été exécuté. Hamidreza Azari a été pendu vendredi dans la prison de Sabzevar, ville située dans la province de Khorasan-e Razavi (nord-est), ont précisé les ONG Hengaw et Iran Human Rights (IHR), basées en Norvège. L’adolescent était âgé de 16 ans au moment des faits en mai dernier, quand il a tué un homme lors d’une rixe. Cette exécution constitue une nouvelle violation par l’Iran de la Convention internationale relative aux droits de l’enfant, qui définit un enfant comme toute personne âgée de moins de 18 ans. « Mais en Iran, il faut avoir 18 ans pour obtenir le permis de conduire, mais il suffit d’avoir 15 ans pour être exécuté », a déploré pour sa part le directeur de l’IHR, Mahmood-Amiry Moghaddam. On estime que depuis 2010 le régime des ayatollahs a fait exécuter au moins 68 mineurs. La barbarie au quotidien…

À partir de la fin des années 1960, le Danemark a fait poser un stérilet à de nombreuses Groenlandaises, souvent adolescentes, à leur insu et sans leur consentement. Après être longtemps restées silencieuses, les victimes réclament aujourd’hui des réparations. Pour comprendre ce qui s’est passé il faut rappeler qu’en 1953, l’archipel du Groenland est passé du statut de colonie à celui de province danoise. Cette nouvelle province connaît alors l’un des taux de natalité les plus élevés au monde. Et cette hausse de la population a un coût pour le Danemark, engagé à verser des subventions au Groenland indexées sur la démographie. D’où la décision du gouvernement de Copenhague de résoudre le problème en imposant une contraception forcée aux jeunes femmes en âge de procréer. À l’occasion de visites médicales scolaires dans les hôpitaux, on leur a posé des stérilets sans leur demander leurs avis et sans les prévenir. Cela a touché à l’époque 4 500 des 9 000 jeunes filles pubères. Il a fallu attendre 2017 pour qu’une psychologue, qui exerce à Nuuk, la capitale, décide de dévoiler son histoire dans un long texte publié sur Facebook. L’affaire prend de l’ampleur et des centaines d’autres femmes se font connaître. Enfin, l’an dernier, deux journalistes danoises découvrent son témoignage dans le magazine féminin local Arnanut et enquêtent. Le scandale devient public. Ce qui a contraint le gouvernement central d’annoncer en mai 2023 l’ouverture d’une enquête destinée à faire la lumière sur cette affaire. La commission chargée des investigations devrait rendre ses conclusions en 2025. Mais les victimes refusent d’attendre plus longtemps et ont adressé une lettre au gouvernement danois, exigeant 300 000 couronnes (environ 40 000 euros) de compensation pour chacune d’elles.

C’est Mediapart qui le révèle. Le numéro de téléphone de l’hébergement d’urgence, le 115, n’est plus capable de répondre à toutes les demandes. Chaque jour, dans les maternités franciliennes, 50 femmes et leurs bébés restent hospitalisés, parce qu’ils sont sans domicile. Leur nombre a presque doublé en un an. Le 115 ne peut plus les mettre à l’abri, en raison de la fermeture de places d’hébergement d’urgence ou de logement stable. Une situation qui, selon l’Agence régionale de santé d’Île-de-France, n’est pas nouvelle mais s’est aggravée. Ce qui n’empêche pas Bruno Le Maire de prétendre que notre modèle social est vraiment trop généreux…

Le 15 octobre 1983, une poignée de jeunes partait de Marseille dans l’indifférence générale. Le groupe entamait une longue marche jusqu’à Paris pour réclamer l’égalité des droits et dire stop aux crimes racistes, qui se multipliaient alors dans l’Hexagone. Avant de battre le pavé pacifiquement, lors d’une marche inédite pour l’égalité des droits et contre le racisme, la jeunesse issue de l’immigration avait crié sa détresse et sa rage, notamment lors des premières émeutes de 1981 dans la banlieue lyonnaise. Après une énième bavure policière, les jeunes décidèrent d’entamer une marche jusqu’à Paris où ils arrivèrent le 3 décembre. Les marcheurs étaient majoritairement des enfants de travailleurs immigrés. Les jeunes, qui n’étaient qu’une poignée à leur départ de Marseille, arrivèrent triomphalement dans la capitale sept semaines plus tard après avoir traversé cinquante villes. Ils étaient désormais suivis d’une centaine de milliers de manifestants. Dans la capitale une délégation fut reçue par le président de la République, François Mitterrand. Et si aujourd’hui cette marche est un peu tombée dans l’oubli, les objectifs qu’elle se fixait restent d’actualité : lutte contre les inégalités, le racisme, les contrôles au faciès, le chômage la pauvreté l’absence des services publics, etc. Une lutte qui ne concerne pas seulement les jeunes issus de l’immigration mais l’ensemble de la classe ouvrière.

Selon la Fédération nationale solidarité femmes (FNSF), qui gère la ligne d’écoute 39 19, quelque 26 % des femmes ont subi des violences économiques en 2022, soit une progression d’un point par rapport à 2021. Ces violences économiques font partie des six formes de violences conjugales constatées et arrivent derrière celles d’ordre psychologique, verbales ou physiques. Solidarité Femmes a constaté une précarisation des femmes à la suite des violences subies. Françoise Brié, directrice générale de la FNSF explique : « Cela peut prendre différentes formes, comme l’interdiction de travailler pour la femme, mais aussi la confiscation des ressources du foyer par l’auteur des violences, comme les allocations familiales et le salaire, ce qui empêche ainsi les femmes de quitter l’agresseur. Ou encore, parfois, elles n’ont même pas de compte bancaire. » Si ce type de violences a lieu au sein du foyer, il peut également continuer après la séparation, avec le non-paiement de la pension alimentaire ou des procédures judiciaires à répétition contre des femmes sans ou avec peu de ressources.

Selon une enquête de l’agence Reuters, reprise par le site Slate, Elon Musk aurait « oublié » de signaler à l’administration du travail américaine plusieurs accidents sur les sites de son entreprise spatiale SpaceX, ayant occasionné la mort d’un de ses salariés ainsi que des amputations et des blessures oculaires. De plus, il aurait découragé des salariés à porter des gilets jaunes de sécurité parce qu’il « n’aimait pas les couleurs vives ». Il était déjà connu pour refuser d’appliquer les conventions collectives dans les pays où sont implantées ses entreprises. Le fantasque et très droitier milliardaire américain semble ignorer joyeusement la législation du travail. Mais comme c’est l’homme le plus riche du monde il doit se sentir intouchable. Comme le remarquait déjà le boxeur afro-américain Mohammed Ali : aux États-Unis vous n’allez pas en prison si vous avez plus d’un million de dollars sur votre compte en banque.