NPA Révolutionnaires

Nos vies valent plus que leurs profits
Rechercher
Fermer ce champ de recherche.

Groenland : des femmes victimes de contraception forcée réclament justice

À partir de la fin des années 1960, le Danemark a fait poser un stérilet à de nombreuses Groenlandaises, souvent adolescentes, à leur insu et sans leur consentement. Après être longtemps restées silencieuses, les victimes réclament aujourd’hui des réparations. Pour comprendre ce qui s’est passé il faut rappeler qu’en 1953, l’archipel du Groenland est passé du statut de colonie à celui de province danoise. Cette nouvelle province connaît alors l’un des taux de natalité les plus élevés au monde. Et cette hausse de la population a un coût pour le Danemark, engagé à verser des subventions au Groenland indexées sur la démographie. D’où la décision du gouvernement de Copenhague de résoudre le problème en imposant une contraception forcée aux jeunes femmes en âge de procréer. À l’occasion de visites médicales scolaires dans les hôpitaux, on leur a posé des stérilets sans leur demander leurs avis et sans les prévenir. Cela a touché à l’époque 4 500 des 9 000 jeunes filles pubères. Il a fallu attendre 2017 pour qu’une psychologue, qui exerce à Nuuk, la capitale, décide de dévoiler son histoire dans un long texte publié sur Facebook. L’affaire prend de l’ampleur et des centaines d’autres femmes se font connaître. Enfin, l’an dernier, deux journalistes danoises découvrent son témoignage dans le magazine féminin local Arnanut et enquêtent. Le scandale devient public. Ce qui a contraint le gouvernement central d’annoncer en mai 2023 l’ouverture d’une enquête destinée à faire la lumière sur cette affaire. La commission chargée des investigations devrait rendre ses conclusions en 2025. Mais les victimes refusent d’attendre plus longtemps et ont adressé une lettre au gouvernement danois, exigeant 300 000 couronnes (environ 40 000 euros) de compensation pour chacune d’elles.