Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Lors de son show de présentation de la division de voitures électriques, Ampère, le directeur général, Luca de Meo, nous a sorti la grande rhétorique guerrière. Il faudrait être « courageux », contre les Chinois qui « travaillent de 9 heures du matin à 9 heures du soir, six jours par semaine ». Chaque matin, il faudrait qu’on se réveille en ayant conscience que la survie d’Ampère dépend de nos sacrifices, de notre productivité… Il nous a comparé à des GIs américains, et lui se prend visiblement pour un général ! Mais nous ne nous laisserons pas opposer « aux Chinois », ni pousser à la course de productivité. S’il veut jouer à la guerre, on lui prépare une mutinerie : crosse en l’air et rompons les rangs !

… d’après le bulletin d’entreprise Renault Lardy

Courrier international a repris un article du journal dominical conservateur The Sunday Times sur les nouveaux riches qui investissent les quartiers chics de la capitale britannique. La journaliste Charlotte Yvers a participé à l’inauguration d’un nouvel hôtel, le Raffles, où une nuit dans une chambre simple coûte 1250 euros, chiffre qui monte à 28 700 euros pour une suite. Lors du cocktail d’inauguration, en présence de la princesse Anne, les amuse-bouches étaient décorés à l’or fin. Et 13 autres établissements de ce type devraient ouvrir d’ici à 2025. Dans un aéroport voisin, celui de Farnborough, le nombre de jets privés a augmenté de 27 % en un an. Interrogé par la journaliste, Alex Laweiz, conseiller en relations publiques dans un groupe d’immobilier de luxe, explique : « Comme dans les années 1920 il y a beaucoup de pauvreté et de misère sociale, mais dans les échelons supérieurs, les élites transatlantiques n’ont jamais mené aussi grand train. » Et pendant ce temps, les transports publics se délabrent, le Service national de santé est à l’agonie, les ordures s’entassent dans les rues des grandes villes et les écoles sont souvent dans un état déplorable. Le capitalisme du 21e siècle dans toute sa splendeur…

La Commission européenne a annoncé qu’elle allait renouveler l’autorisation d’utilisation en agriculture du glyphosate pour dix ans, à la suite d’un vote des États membres qui n’a pas permis de dégager de majorité sur le sort de cet herbicide classé « cancérigène probable » par le Centre international de recherche sur le cancer de l’Organisation mondiale de la santé. Le groupe allemand Bayer s’est réjoui de l’annonce de la Commission. Et pour cause. À travers sa filière Monsanto, c’est le principal fabricant de ce poison qu’il commercialise sous le nom de Roundup. Les trois premières puissances agricoles de l’Union européenne  – la France, l’Allemagne et l’Italie – se sont abstenues ce qui a permis au texte de passer. Macron, tout juste élu président, tweetait sous en novembre 2017 : « J’ai demandé au gouvernement de prendre les dispositions nécessaires pour que l’utilisation du glyphosate soit interdite en France dès que des alternatives auront été trouvées, et au plus tard dans trois ans. » Il n’a pas tenu parole… une fois de plus. « Make our planet great again », disait-il.

C’est l’une des promesses phares d’Emmanuel Macron depuis sa réélection : faire baisser le taux de chômage à 5 % d’ici à 2027, pour atteindre le fameux « plein emploi ». Or on n’en prend pas le chemin. L’Insee vient de dévoiler ses derniers chiffres à ce sujet : ils montrent une hausse du chômage au troisième trimestre, qui passe à 7,4 % contre 7,2 % au trimestre précédent. Aussitôt le ministre de l’Économie a réagi. En général il s’attribue tous les mérites lorsque les chiffres sont bons et rejette la faute sur les autres lorsqu’ils ne le sont pas. Et ça n’a pas manqué. Cette fois Bruno Le Maire s’en est pris à « notre modèle social » qui serait trop généreux et qui ne permettrait pas d’attendre les fameux 5 %. Parmi les « solutions » proposées par le ministre de l’Économie sur CNews : « réfléchir au dispositif d’indemnisation du chômage » c’est-à-dire, en langage clair, réduire les conditions d’accès aux allocations, leur montant, les durées d’indemnisation, etc. En un mot s’attaquer aux chômeurs pour en faire disparaître un maximum des statistiques. Une vielle recette…

Le député Renaissance Thomas Gassilloud a proposé un amendement au projet de budget 2024 qui a été retenu par le gouvernement et adopté. Il s’agit de flécher les encours du livret A vers les entreprises industrielles du secteur de la défense. Fin septembre 2023, le montant total de ces encours était de 406,10 milliards d’euros. Mais, contrairement à une croyance trompeuse, mais largement répandue, seul un peu plus du tiers de cet argent est utilisé pour aider au financement des logements sociaux. Un autre tiers passe dans l’aide aux PME et le dernier est utilisé largement par les banques privées et les entreprises du CAC40. Ce placement d’épargne, très prisé de nombre de familles populaires, servira donc désormais aussi de liquidités pour les marchands de canons. Merci pour eux…

La défenseure des droits, Claire Hédon, vient de publier un rapport intitulé Le droit des enfants aux loisirs, au sport et à la culture. Elle met en lumière les inégalités économiques, sociales, et territoriales empêchant les enfants d’accéder à ces activités essentielles à leur développement. De plus, là encore, existe un fossé grandissant entre ceux issus des milieux les plus riches et les plus pauvres. « 71 % des enfants dont les parents disposent de bas revenus ne sont pas inscrits dans un club ou une association sportive et culturelle, contre 38 % des enfants dont les parents disposent de hauts revenus », dénonce-t-elle. Enfin, à cause des inégalités géographiques et sociales, les territoires ruraux ou populaires bénéficient de moins de structures et de transports pour y accéder. Et de conclure : « Il y a un écart entre le droit aux loisirs, à la culture et au sport, qui existe dans nos textes, et la réalité vécue par les enfants. »

Ce jeudi 16 novembre s’est tenu devant l’hôpital Édouard-Herriot un rassemblement en solidarité avec le peuple palestinien. Un appel qui a émané de syndiqués Force ouvrière, mais qui a résonné plus largement, au vu de la presque centaine de soignants présents. Et tout cela, malgré des directions qui tentent par tous les moyens d’empêcher la solidarité de s’exprimer, comme à l’hôpital du Vinatier où le directeur a exprimé son mécontentement par mail à l’ensemble de l’hôpital : celui-ci ne serait selon lui pas un lieu pour faire de la « politique extérieure » !

Qu’à cela ne tienne, les soignants espèrent bien amplifier la mobilisation, et ils défileront en blouse blanche samedi lors de la manifestation lyonnaise de soutien au peuple palestinien, comme on a déjà pu voir à Paris avec les soignants mobilisés du collectif Soignant.es pour Gaza.

L’Érythrée a fait savoir qu’elle avait retiré sa sélection masculine des qualifications Afrique pour la Coupe du monde 2026 sans donner d’explications. Mais le quotidien britannique The Guardian croit savoir que le gouvernement aurait fait pression sur sa Fédération de football pour annuler sa participation et éviter une fuite des joueurs à l’occasion des déplacements à l’étranger. Ce pays africain a déjà fréquemment été écarté des compétitions internationales en raison des défections de ses joueurs lors des rencontres à l’extérieur. En 2019, lors du dernier match officiel de la sélection érythréenne, sept joueurs s’étaient éclipsés pendant le voyage en Ouganda. Dix ans plus tôt, douze joueurs avaient fait de même après la Coupe d’Afrique centrale et de l’est qui se déroulait au Kenya. Il faut savoir que le régime du président Isaias Afwerki, en place depuis 1993, est considéré comme l’un des plus répressifs du continent africain. On comprend que ses footballeurs aient envie de prendre le large.

Le gouvernement britannique a affiché sa volonté de poursuivre son projet d’envoyer vers le Rwanda – contre paiement d’une subvention annuelle de 160 millions d’euros – des demandeurs d’asile arrivés illégalement au Royaume-Uni, après que la Cour suprême a confirmé l’illégalité de cette mesure phare de la politique migratoire du Premier ministre Rishi Sunak. Cependant, applaudie par les associations de défense des droits humains et le Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies, cette décision se fonde sur des raisons légales et aucunement politiques, a insisté le président de la Cour suprême Robert Reed. Pas question donc de condamner le principe de l’expulsion des demandeurs d’asile mais simplement le fait que « le Rwanda ne peut être considéré comme un pays sûr ». Annoncé il y a un an et demi, à l’époque sous le gouvernement de Boris Johnson, le projet d’envoyer vers ce pays africain des migrants – quelle que soit leur origine – n’a jamais été mis en œuvre. Mi-2022, un premier vol avait été annulé in extremis après une décision de la Cour européenne des droits de l’homme. Ce qui n’empêche pas Sunak de persévérer dans son sinistre projet.