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Brèves

L’actualité en bref

Ahed Tamini, 22 ans, est devenue au fil des années unes des figures de la lutte des Palestiniens contre l’oppression. L’armée israélienne a annoncé qu’elle avait été à nouveau arrêtée pour « incitation au terrorisme ». C’est en 2012, à l’âge de 11 ans, qu’elle s’était fait connaître par des photos la montrant brandir un poing rageur sous le nez de militaires israéliens, photos qui feront le tour du monde. Trois ans plus tard, à l’été 2015, la jeune militante apparaît sur des clichés au milieu de femmes portant secours à un petit garçon au bras dans le plâtre, son petit frère, plaqué au sol par un soldat israélien. Mais c’est en décembre 2017 qu’elle acquiert une grande notoriété, après son arrestation pour avoir giflé deux soldats israéliens qui avaient pénétré de force dans la petite cour de sa maison familiale à Nabi Saleh, son village natal. Depuis lors son portrait géant est peint sur le mur de séparation qui sépare la Cisjordanie d’Israël. Et elle fait partie des milliers de Cisjordaniens incarcérés par l’occupant sioniste depuis le début de la guerre de Gaza.

Pour faire entendre leur voix, huit livreurs indépendants de six nationalités différentes ont entamé dimanche un périple à vélo de Paris à Bruxelles. Ils sont anglais, français, italiens, espagnols, autrichiens et belges mais ces coursiers de Deliveroo ou d’UberEats vivent exactement la même galère. Ils ont pédalé jusqu’à la capitale belge où a débuté la dernière phase de négociation d’une directive européenne sur les droits des travailleurs de plateforme, un texte qui prévoit de requalifier comme salariés de nombreux travailleurs aujourd’hui considérés comme « indépendants ». Il serait temps !

Chaque année, la lettre d’information féministe Les Glorieuses calcule la date et l’heure à laquelle les femmes commencent à « travailler gratuitement » du fait des inégalités salariales persistantes entre les deux sexes en France. Cette année cette date symbolique est tombée le lundi 6 novembre, à 11 heures 25. C’est-à-dire que les femmes pourraient s’arrêter de travailler ce jour-là si elles étaient payées avec un taux horaire moyen similaire aux hommes tout en gagnant ce qu’elles gagnent aujourd’hui à l’année. On note depuis l’an dernier une légère amélioration puisqu’en 2022 cette date était tombée le 4 novembre à 9 heures 10. Pour dire les choses autrement : les femmes gagnent en moyenne 15,4 % de moins que les hommes. Petites avancées : selon un arrêt de la Cour de cassation daté du 8 mars dernier, une salariée peut désormais légitimement demander la communication de bulletins de paie de salariés masculins occupant des postes de niveau comparable au sien et une directive européenne vise d’ici 2026 à contraindre les employeurs dans l’Union européenne à la transparence pour garantir une égalité de rémunération entre femmes et hommes. Du moins sur le papier…

En réponse à un appel des syndicats palestiniens aux travailleurs du monde entier de « s’opposer à la production et l’acheminement d’armes vers Israël », plusieurs syndicats belges du secteur de la manutention ont exprimé dans un communiqué leur « refus de manutentionner du matériel militaire destiné à la guerre en Palestine ». On se demande souvent comment agir face au massacre en cours, en plus des manifestations… C’est aussi directement sur les lieux de travail, en perturbant l’appareil militaire et en faisant pression sur les gouvernements qui soutiennent la politique colonialiste d’Israël. Car c’est nous, travailleurs et travailleuses, qui faisons tout fonctionner.

La droite et l’extrême droite s’excitent contre l’« article 3 » sur le titre de séjour provisoire destiné aux « métiers en tension » et menacent de ne pas voter la loi si le gouvernement ne le retire pas. La preuve que LR et le RN sont prêts à s’allier à Macron, à condition que ce soit pour pourrir encore plus la vie des immigrés. Ils veulent même organiser un référendum contre les immigrés et couper aux sans-papiers l’accès aux soins de base. Et c’est avec ces partis racistes et xénophobes que le gouvernement cherche un compromis pour s’éviter un nouveau 49-3. Face à ceux d’en haut qui cherchent à nous diviser, opposons la solidarité d’en bas, entre travailleurs de toutes les origines.

Le gouvernement s’apprête à faire voter sa nouvelle loi sur l’immigration. Elle prévoit de durcir la répression et l’expulsion des immigrés sans-papiers, et la création d’un titre de séjour provisoire pour ceux qui travailleraient dans des secteurs où le patronat manque de main-d’œuvre. Les macronistes font comme si cet « article 3 » de la loi allait améliorer la vie des immigrés salariés dans les métiers les plus durs et les moins bien payés, mais ce sont surtout les employeurs qui en profiteraient pour attirer la main-d’œuvre dont ils ont besoin sur les chantiers ou dans la restauration… ensuite ils renverront les salariés qui redeviendront des sans-papiers.

Commencée fin septembre, la grève des travailleurs de l’automobile aux USA s’est achevée la semaine dernière. Après Ford et Stellantis, les patrons de General Motors ont fini par lâcher. Les travailleurs des trois grands groupes automobiles américains ont mené une grève coordonnée durant six semaines et arraché 25 % d’augmentation en moyenne sur quatre ans – et jusqu’à 150 % pour les plus bas salaires. En plus des salaires, les grévistes ont obtenu la revalorisation des pensions, la titularisation de travailleurs intérimaires et des embauches (5 000 chez Stellantis et l’ouverture d’une usine de batteries chez Ford). C’est la force des 45 000 salariés en grève qui a fait plier le patronat.

En Chine, un grand nombre de fêtards d’Halloween ont profité de la fête pour se moquer du gouvernement et de sa gestion très musclée de la pandémie de Covid. On a vu dans les rues des déguisements d’agents du Covid ou de caméras de surveillance. Pas sûr que le gouvernement de Xi-Jinping goûte cet humour…

Au lac Titicaca, à la frontière de la Bolivie et du Pérou, le niveau de l’eau baisse drastiquement. La cause est à chercher du côté du réchauffement climatique, mais aussi de la déforestation de l’Amazonie qui entraîne une baisse historique des précipitations dans la région. La politique de déforestation accentuée sous la présidence Bolsonaro a donné un blanc-seing aux géants du bois et de l’agriculture pour se gaver… Au mépris des trois millions de personnes dont la vie dépend directement de l’approvisionnement en eau qu’offre le lac. Derrière la catastrophe « naturelle » se cache le pillage capitaliste.