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Brèves

L’actualité en bref

Après l’agression qui a couté la vie à un enseignant à Arras, le ministre de l’Éducation nationale, Gabriel Attal, envisage d’exclure les élèves radicalisés des établissements scolaires. Il a fièrement annoncé : « Je prendrai toutes les mesures d’exclusion qui sont nécessaires, dès lors que ça protège les personnels de l’Éducation nationale. » Il promet de travailler la question avec ses collègues de l’Intérieur et de la Justice. Aujourd’hui, les mineurs potentiellement radicalisés seraient plusieurs dizaines dans le pays. Au lendemain de cette déclaration, Layla Ben Chikh, principale de collège et membre du Syndicat national des personnels de direction de l’Éducation nationale, s’est interrogée : comment définit-on un élève radicalisé ? Qui effectue les signalements et comment sont-ils traités ensuite ? Et de rappeler que l’école reste obligatoire jusqu’à 16 ans et que leur exclusion ne résoudra pas la question de leur scolarité. Or ne pas en tenir compte serait bafouer à la fois la législation nationale et les différentes conventions internationales sur les droits de l’enfant signées par Paris. Mais de tout cela Attal n’a cure. L’important pour lui, et pour le gouvernement, est de faire le buzz après chaque fait divers sanglant, pas de résoudre les problèmes.

Vendredi 20 octobre à six heures du matin, des policiers, dont certains étaient cagoulés, sont venus au domicile de Jean-Paul Delescaut, secrétaire départemental de la CGT du Nord. Ils étaient équipés d’un bélier au cas où il n’aurait pas ouvert assez vite. Motif de cette intervention : un tract de la veille appelant à manifester à Lille « en soutien au peuple palestinien en lutte contre l’État colonial ». Le parquet de Lille avait ouvert une enquête pour « apologie du terrorisme » à propos d’un paragraphe de ce tract disant : « Les horreurs de l’occupation illégale se sont accumulées, depuis samedi 17 octobre, elles reçoivent les réponses qu’elles ont provoquées. » On peut sans doute discuter cette formulation, mais on est tout de même très loin d’une apologie du Hamas ! Cette enquête avait été lancée à la suite d’une plainte d’une organisation qui avait elle-même appelée à manifester pour soutenir l’État d’Israël.

Jean-Paul Delescaut a été gardé à vue jusqu’à 13 heures 30, ainsi qu’une autre syndicaliste. Ils ont été libérés alors qu’une manifestation de protestation se déroulait devant le commissariat. Le parquet n’a procédé pour le moment à aucune poursuite, aucune mise en examen. Cette interpellation et cette garde à vue sont scandaleuses et témoignent d’une marche supplémentaire dans la volonté du gouvernement de criminaliser le soutien au peuple palestinien et de s’en prendre à la liberté d’expression.

Daniel Hagari, le porte-parole de l’armée israélienne, a déclaré que ses avions avaient bombardé Gaza ces deux dernières semaines « à un rythme jamais vu depuis des décennies ». Au cours d’une conférence de presse, Hagari a non seulement indiqué que la vague meurtrière continuerait sans relâche sur le territoire gazaoui, mais que, de plus, elle allait s’accentuer grâce aux cargaisons supplémentaires de bombes que les États-Unis sont en train de livrer à Israël. Un génocidaire sans état d’âme.

Brandir le drapeau palestinien étant interdit Israël, des militants utilisent d’autres symboles pour montrer qu’ils se tiennent au côté des Palestiniens. Le plus célèbre de ces signes reste le keffieh, la coiffe blanche au motif à damier universellement connue grâce à Yasser Arafat. Mais, selon le média libanais Al-Modon, il en existe un autre moins connu : la pastèque. Pour afficher leurs couleurs, sans avoir à utiliser un drapeau, les Arabes israéliens et leurs soutiens coupent une pastèque en deux. Ce fruit, très populaire au Moyen-Orient, a en effet les mêmes couleurs que le drapeau palestinien : sa chair est rouge, ses pépins noirs et sa peau verte et blanche. C’est le peintre palestinien Sliman Mansour qui, sur ses toiles, a le premier utilisé ce fruit comme symbole de la Palestine. Et depuis, il est repris dans nombre de manifestations.

Le tribunal administratif de Paris a suspendu l’arrêté d’expulsion visant Mariam Abou Daqqa, militante du Front populaire de libération de la Palestine, arrivée en France fin septembre pour y tenir une série de conférences. « Le ministre de l’Intérieur a porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d’expression et à la liberté d’aller et venir » d’Abou Daqqa, estime dans son ordonnance le juge des référés. Une (petite) claque pour Darmanin qui a décidé de faire appel.

Le ministre de l’Intérieur continue sa campagne islamophobe en surfant sur le conflit moyen-oriental. Il prend cette fois pour cible Karim Benzema qu’il accuse d’être « en lien notoire avec les Frères musulmans » donc, selon lui, avec le Hamas. Pour preuve : la piété religieuse dont ferait preuve le footballeur et le fait qu’il n’ait pas tweeté en faveur des victimes israéliennes de la guerre. Pour ne pas être en reste, et prendre le risque se faire faucher son os par Darmanin, la droite, représentée en l’occurrence par Valérie Boyer, sénatrice et vice-présidente des Républicains, a surenchéri en demandant de retirer au footballeur le Ballon d’or qu’il avait remporté en 2022 puis de lui ôter la nationalité française. Et, sur la lancée, on pourrait aussi exiger qu’il soit condamné à mort ? Notons cependant que, jusqu’à présent, ni Darmanin, ni Boyer n’ont manifesté la moindre sympathie à l’égard des 4 000 morts, des 11 000 blessés et des milliers de disparus dans la bande de Gaza.

Face à ses juges la tactique de Nicolas Sarkozy est toujours la même. D’abord il affirme qu’il n’était pas au courant de ce qu’on lui reproche, ensuite qu’il a été trahi par les siens qui lui ont caché ce qui se tramait. Une tactique qu’il a déjà utilisée dans l’affaire Bismuth, puis dans l’affaire de financement libyen d’une de ses campagnes présidentielles, et enfin dans l’affaire Bygmalion de dépassement des dépenses électorales. Et cette fois, il affirme qu’il a été trompé par l’une de ses proches, Mimi Marchand, dans l’enquête sur la rétraction frauduleuse de Ziad Takieddine qui avait changé son témoignage pour innocenter Sarkozy de l’accusation d’avoir reçu de l’argent libyen en 2007. Il jure n’être ni « organisateur », ni « bénéficiaire », ni « valideur », ni même « au courant » des agissements de gens qu’il traite de « bande de pieds nickelés avides d’argent ». Pourtant tous, à un titre ou un autre, étaient ses collaborateurs. Sans vraiment convaincre à ce stade les juges, qui l’ont mis en examen pour recel de subornation de témoin et association de malfaiteurs en vue d’escroqueries au jugement en bande organisée.

Si le monde entier a les yeux tournés vers Gaza, cela ne doit pas faire oublier que l’occupant sioniste poursuit sa politique de répression en Cisjordanie et à Jérusalem-Est où de nombreuses manifestations ont eu lieu en soutien aux Gazaouis, toutes sauvagement réprimées. Depuis le 7 octobre et le début du conflit, il y a eu au moins une soixantaine de morts, 1 250 blessés et l’armée israélienne affirme avoir arrêté 524 personnes. Selon la porte-parole du Club des prisonniers palestiniens, Anadolu Amani Sarahna, « les arrestations se répartissent sur toutes les localités de Cisjordanie ».

Le gouvernement Netanyahou profite de la guerre pour durcir la législation répressive. Le ministre des Communications et membre du Likoud, Shlomo Karhi, a annoncé mettre la dernière main à un décret qui lui permettra d’ordonner aux forces de police d’arrêter des citoyens, de les emprisonner et de saisir leurs biens s’il les soupçonne « de porter atteinte au moral national ou de répandre des informations pouvant servir à la propagande de l’ennemi ». Des motifs suffisamment vagues pour impliquer quiconque met en cause la guerre actuelle, la colonisation ou la réforme de la justice voulue par Netanyahou. Et ça n’a pas tardé. Des militants de Standing Together (Debout ensemble), une association qui rassemble Juifs et Arabes pour la paix et l’égalité, ont été arrêtés à Jérusalem. Leur tort : avoir placardé des affiches, en arabe et en hébreu, sur lesquelles on pouvait lire : « Juifs et Arabes – Nous nous en sortirons ensemble ». Le coordinateur national de l’association, Uri Weltmann, a déclaré à ce propos : « Cela montre à quel point les autorités cherchent à délégitimer les voix anti-guerre, anti-occupation et antiracistes. Aujourd’hui, l’escalade de la violence est orchestrée par le gouvernement. Il existe un climat pesant dans la société, qui n’accepte aucune critique. » Le même jour, Ofer Cassif, député communiste juif, membre de la coalition de gauche Haddash, a été exclu de la Knesset pour quarante-cinq jours pour ses propos contre la guerre qualifiés de « déclarations anti-israéliennes ».