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Brèves

L’actualité en bref

La mobilisation des cheminots du fret la semaine dernière a été l’occasion de dénoncer les centaines de suppressions d’emploi prévues. Des politiciens du gouvernement ou des Verts en ont profité pour vanter la « relance du fret » ou du « multimodal » au nom de l’écologie. Ras-le-bol des mots creux ! Les gouvernements ont systématiquement et volontairement détruit le fret ferroviaire ces 40 dernières années, au profit des grands groupes du fret routier, dont Geodis, filiale de la SNCF. Y compris le gouvernement Hollande, auquel les Verts ont participé. C’est ce choix politique qui a détruit la filière et ses emplois, augmenté les risques d’accident dans le secteur et la destruction de l’environnement.

Macron et ses amis planchent sur une réforme de la Constitution, dont l’élément essentiel serait la mise en place de référendums. Voire de référendums d’initiative populaire. Faire voter toute la population pour trancher d’une question particulière peut sembler une formule démocratique au premier abord. Pourtant, ce système n’est pas nouveau : il a été inauguré par Napoléon III qui en a fait cinq. On appelait alors cela des « plébiscites ». De Gaulle n’a pas été en reste, il en a lui aussi organisé cinq. Même de sinistres dictateurs comme Franco et Pinochet ont eu recours à des référendums.

Dans un référendum, ce qui compte, c’est évidemment de quelle façon la question est choisie et posée, et les réponses proposées. Donc, qui l’organise et dans quel but. Et bien entendu, quels sont les moyens médiatiques mis en œuvre pour influencer les électeurs. La véritable démocratie, ce serait que les travailleurs, organisés dans des conseils d’entreprises et de quartiers, puissent débattre et décider, non seulement de tous les grands choix de société, mais de tout ce qui les concerne directement. On en est évidemment très loin avec les projets de Macron qui cherche seulement des gadgets qui ne changent rien à rien.

Un accord vient d’être passé entre le patronat, les syndicats et les organismes de retraites complémentaires Agirc-Arrco. Celles-ci seraient revalorisées de 4,9 % en novembre, c’est-à-dire en fait sur les pensions versées le premier décembre. La CFDT se félicite chaudement de ce succès en affirmant que cela correspondrait à peu près à l’inflation.

En réalité, d’une part la revalorisation vient après l’inflation subie, donc les retraités sont perdants. D’autre part, ces augmentations sont en pourcentage, ce qui creuse l’écart entre les petites retraites et les plus élevées. Enfin, riches et pauvres ne sont pas frappés de la même manière par l’inflation. Les prix des articles de première nécessité, comme l’alimentation ou l’énergie, qui entrent pour une proportion bien plus grande dans les dépenses des classes défavorisées, ont augmenté beaucoup plus vite que les autres. Ce qu’il faut imposer, ce sont des augmentations égales pour tous et toutes d’au moins 400 euros par mois et leur indexation sur la hausse des prix.

La Cour des comptes vient de rendre un rapport qui souligne que la participation de l’État français à l’Otan coûte de plus en plus cher. Le montant de sa contribution s’élèvera à 863 millions l’an prochain. Et il ne s’agit là que du fonctionnement administratif de cette alliance militaire occidentale. Les armes, les équipements et les salaires des militaires, c’est en plus. Chaque État prend en charge les siens. Bien entendu, la Cour des comptes, dont la fonction est de surveiller la bonne utilisation des fonds publics au profit du capitalisme, ne remet nullement en question ce gaspillage. Elle reproche seulement que les « retours sur investissements » seraient insuffisants. En clair elle déplore que la participation de l’État français ne lui rapporte pas suffisamment de commandes d’armes et matériels divers, bien qu’il soit déjà le deuxième marchand de canons du monde après les États-Unis.

L’intérêt des peuples serait pourtant de se débarrasser de cette sinistre course aux armements et des armées de la bourgeoisie. On pourrait même se passer de cette Cour des comptes dont le fonctionnement n’est pas non plus gratuit…

Javier Milei, candidat de l’extrême droite, fait figure de favori à l’élection présidentielle qui aura lieu en Argentine dans trois semaines. Celui-ci promet de « dollariser » l’Argentine, c’est-à-dire d’aligner la valeur du peso sur celle du dollar. Il essaie ainsi de faire croire que l’inflation qui frappe durement les classes populaires cesserait d’un seul coup. Pourtant ce système a déjà été utilisé et n’a abouti qu’à des catastrophes. Mais Milei est un ultra-libéral qui plaide pour le droit de vendre « librement » des organes et des enfants, tout en voulant supprimer le droit à l’avortement ! C’est aussi un nostalgique de la dictature qui a déclaré que « si l’Argentine avait eu des services aussi efficaces que la Gestapo allemande sous Hitler, elle serait débarrassée des gauchistes et de tous les gêneurs. Ils en ont tué six millions, alors qu’on n’en a éliminé que quelques milliers ». Ces déclarations scandaleuses ont suscité des protestations, notamment celles de la communauté juive. Pourtant, les partis de droite classiques comme les péronistes au gouvernement aujourd’hui ont tellement dégoûté la population qu’une partie des pauvres et des travailleurs se tourne vers ce démagogue. Il existe certes des organisations socialistes et révolutionnaires, mais leur influence n’est pas suffisante pour qu’elles apparaissent comme une alternative crédible. Pourtant, la classe ouvrière d’Argentine a de solides traditions de lutte et ce sont bien elles qui sont porteuses d’espoir.

Pendant le confinement, un jeune homme de 22 ans a travaillé pendant plusieurs mois dans un Monoprix parisien, comme caissier, avec le statut d’auto-entrepreneur. Il avait été recruté sur la plateforme en ligne StaffMe. Travaillant de 8 à 20 heures, six jours par semaine, il faisait plus de 70 heures. Ses heures supplémentaires ne lui étaient pas payées. Le 2 octobre, il demandait aux prud’hommes que son contrat soit requalifié en salariat. Les patrons sont de plus en plus nombreux à utiliser ce statut d’auto-entrepreneur pour disposer d’une main-d’œuvre jetable à tout instant et ne pas payer de cotisations sociales.

Le tribunal doit rendre son jugement le 1er décembre. Espérons que cette escroquerie sera condamnée et les droits de ce salarié déguisé reconnus. Il faut imposer la suppression de tous ces dispositifs qui permettent de contourner des protections sociales déjà insuffisantes.

Sous prétexte de l’insécurité qui sévit à Haïti, l’ONU, à l’initiative des États-Unis, va envoyer des troupes africaines sous l’autorité du Kenya. Ce qui leur permet de ne pas donner l’impression de mener une expédition coloniale. La situation est en effet catastrophique, mais le prétendu remède risque d’être pire que le mal. Ce n’est pas la première fois que l’ONU envoie des forces armées à Haïti. Non seulement celles-ci n’ont pas mis fin à la délinquance et au règne des bandes armées, mais elles se sont souvent comportées elles-mêmes comme ces bandes, en pillant, tuant et violant. Cette intervention va soutenir le gouvernement en place, celui d’Ariel Henry, qui n’a même pas été élu. Or, il a été établi que ce gouvernement a des liens avec ces fameuses bandes armées qui font régner la terreur. Il les utilise pour réprimer les mouvements populaires, comme en 2018 où une émeute populaire d’un quartier de Port-au-Prince a été réprimée dans le sang. Le carnage a fait 71 morts. Des voitures de police avaient emmené les gangs dans ce quartier.

La misère terrible qui sévit à Haïti est bien sûr une des causes principales de la décomposition sociale et de la délinquance. Pour y mettre fin, il faudra que la population prenne son sort en mains, chasse les politiciens corrompus et s’allie aux travailleurs des autres États des Antilles.

Si seulement ! Jean Castex et Valérie Pécresse se sont mis d’accord pour une nouvelle augmentation des tarifs de la RATP. De nouvelles lignes de métros sont prévues et d’autres rallongées, mais les usagers qui sont dans leur grande majorité (à près de 90 %) des travailleurs se rendant au… travail, n’ont pas, eux, vu leurs salaires augmenter, bien au contraire ! Tant qu’on prendra les transports pour aller bosser, c’est au patron de payer, à Paris comme ailleurs.

Depuis le 1er septembre, les embauchés ont droit à un cadeau de bienvenue : la fin de l’embauche au statut. Ils auront la chance de trimer jusqu’à 64 ans si ce n’est plus. Et de partir à la retraite avec des pensions diminuées par le calcul sur les 25 dernières années. Pour les nouveaux embauchés machinistes, les cadeaux ont commencé dès le 1er janvier : 300 euros de moins sur la paye. Ils ont eu droit comme tout le monde aux heures de boulot en plus, mais pas à la pseudo-carotte qui allait avec. Pour remercier en retour la direction et Macron qui organisent ces divisions, il ne nous reste qu’à lutter côte à côte, quels que soient notre régime de retraite et notre ancienneté.

… d’après le bulletin d’entreprise RATP