Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Amiante, pollution aux particules fines, punaises de lit, la RATP ne prévoit… rien du tout. Pendant que les punaises de lit nous piquent dans les draps, les punaises de la direction nous piquent dans les poches. Pour tous les parasites et autres punaises comme les Castex, un seul Baygon : la révolution !

… d’après le bulletin d’entreprise RATP

Le gouvernement a accepté de renégocier « la clause de sauvegarde », une taxe sur les ventes de médicaments en fonction du chiffre d’affaires, avec les labos pharmaceutiques, en échange « d’éventuelles baisses du prix des médicaments »… mais sans aucune garantie ! Car ces industriels se plaignent déjà que les prix sont trop bas pour eux en France. De son côté, le Sénat, dans un récent rapport, préconise une… hausse du prix des médicaments ! Nous prendrait-on pour des billes ?

Le mois de septembre a été l’occasion de mettre en lumière les cancers pédiatriques. Opération louable, mais aussi bien rentable pour redorer l’image des patrons de la grande distribution comme Casino, qui offre la possibilité aux clients de faire un don en arrondissant leur paiement. Faire reposer les dons sur les clients qui parfois galèrent déjà à finir leur fin de mois, plutôt que sur les patrons ou les actionnaires, tout un programme. Mais ne pourrait-on pas aussi imaginer un système de santé qui ne repose pas sur les dons privés pour fonctionner ?

Les conducteurs de bus lyonnais, ayant manqué de clim’ tout l’été, se trouvèrent fort dépourvus quand la bise fut venue. Pas le moindre souffle chaud sortant des ventilos… À Lyon il fait très chaud l’été et bien froid l’hiver, tout le monde le sait… sauf les grands chefs de Keolis et du Sytral, à en juger par leur choix de matériel et de maintenance. En 2023, ne pas pouvoir garantir le bon fonctionnement des clims et des chauffages, témoigne d’un manque de sérieux qui risque fort de nous donner un coup de chaud !

… d’après le bulletin d’entreprise TCL (Transports en commun lyonnais)

Six ONG internationales et égyptiennes de défense des droits humains ont demandé à l’ONU d’examiner « le recours massif et systématique à la torture » par le régime du maréchal al-Sissi, qualifiant cette pratique de « crime contre l’humanité au regard du droit international ». Dans leur rapport, les ONG recensent des « passages à tabac, décharges électriques, violences sexuelles et déni de soins et de visites familiales ». Elles dénoncent également « une politique d’État permise par les lois d’exception, les lois anti-terroristes et une immunité garantie à l’appareil sécuritaire du pays ». La coalition d’ONG pointe en outre « une répression brutale de la société civile » dans un pays qui compte des milliers de détenus d’opinion et où l’opposition a été réduite comme une peau de chagrin en dix années de pouvoir d’Abdel Fattah al-Sissi. Ces derniers mois, Le Caire a bien amnistié ou libéré un millier de prisonniers, une tentative, selon les observateurs, de redorer l’image de Sissi à quelques mois de la présidentielle de décembre. Mais, au cours de la même période, il en a fait arrêter trois fois plus. Preuve que pour le maréchal il faut être libéral… mais pas trop.

Samedi dernier une « Marche des libertés » était organisée en plein centre-ville de Beyrouth. Le cortège devait se rendre devant le ministère de l’Intérieur pour rappeler aux différents services de l’État, et plus particulièrement aux parquets, que quotidiennement les droits des homosexuels étaient bafoués en violation de conventions internationales signées par le Liban. C’est alors que les manifestants ont été violemment attaqués par des homophobes venus à moto « imposer les valeurs morales », suite à des appels lancés sur les réseaux sociaux. La police, présente en nombre, n’est pratiquement pas intervenue pour protéger les manifestants des coups de matraques et des jets de pierres et de bouteilles. Le lendemain, ce sont les clients d’un bar-restaurant situé sur une plage de Tyr, dans le sud du pays, qui se sont fait prendre à partie vers à deux heures du matin par une quinzaine d’hommes masqués et armés, lors d’une soirée organisée à l’occasion des 20 ans de l’établissement fréquenté par les homosexuels. Là encore aucun des agresseurs n’a été arrêté. Ces agressions se produisent quelques semaines après que des dignitaires chrétiens et musulmans aient condamné l’homosexualité dans une déclaration commune, l’accusant de saper les fondements de la famille et de la société.

Dans une tribune, publiée par Libération, un collectif de 80 professionnels et figures de l’industrie pornographique s’en prend au dernier rapport du Haut Conseil à l’égalité hommes-femmes sur ce sujet, qui selon eux « les déshumanise et les criminalise ». Intitulé Pornocriminalité. Mettons fin à l’impunité de l’industrie pornographique, ce rapport de 230 pages avait été remis à la ministre déléguée chargée de l’égalité femmes-hommes, Bérangère Couillard. Il dénonçait la prolifération des vidéos phonographiques sur les réseaux sociaux et l’image dégradante des êtres humains, et plus particulièrement des femmes, voire des enfants, qu’elles mettaient en scène. Le collectif accuse le rapport de mélanger « fantasme érotique et criminalité sexuelle ». C’est une vieille rengaine qui vise à faire passer la pornographie pour de l’érotisme et des vidéos écœurantes pour des œuvres d’art qu’il serait criminel de censurer au nom de la liberté de la création. Mais la pornographie n’est pas plus un art que la prostitution une activité commerciale comme une autre. Ce n’est pas un espace de liberté mais le reflet d’un monde qui avilit l’être humain et le rabaisse au rang d’une simple marchandise.

Le lycée Jules-Ferry, à Saint-Dié-des-Vosges, avait invité Léna Lazare, porte-parole des Soulèvements de la Terre, à donner une conférence sur le climat, dans le cadre du Festival international de géographie, une manifestation annuelle à la fois scientifique et grand public qui existe depuis 1990. Elle a finalement été déprogrammée à la demande du ministère de l’Intérieur du fait que la conférencière appartient à un mouvement écologiste que le ministre veut dissoudre. C’est que qu’on appelle la liberté d’expression à la mode Darmanin.

Lors du match de football au Parc des Princes entre les équipes féminines du Paris Saint-Germain et de l’Olympique lyonnais, un groupe de féministes a déployé dans les tribunes une banderole contre les violences sexuelles et en soutien à deux joueuses, Jenni Hermoso et Kadidiatou Diani, qui en ont été victimes. Ce qui a provoqué une riposte violente des membres de la sécurité qui ont tenté d’expulser par la force les féministes du stade. Deux poids, deux mesures : le 24 septembre dernier des supporters parisiens avaient, lors du match PSG-Olympique de Marseille, lancé des slogans homophobes sans être inquiétés le moins du mode par le service d’ordre. Des réactions opposées qui traduisent la force des préjugés homophobes, racistes et sexistes non seulement chez les supporters mais aussi dans une partie de l’encadrement du club.