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Brèves

L’actualité en bref

« Nous en sommes maintenant au point de rupture. » C’est ce qu’affirme Oscar Leeser, le maire démocrate d’El Paso. Cette ville texane, proche de la frontière mexicaine, fait face depuis plusieurs semaines à un afflux de migrants traversant le Rio Grande depuis le Mexique. Plus de 2 000 personnes arrivent chaque jour, venant principalement du Venezuela et y cherchent asile. Une situation qui dépasse les capacités d’accueil actuelles de la ville. La mairie met à la disposition de ceux qui le souhaitent des bus pour les emmener à New York, Chicago et Denver. Le gouvernement fédéral a réagi en envoyant… 800 militaires supplémentaires pour garder la frontière. Quant au gouverneur républicain du Texas, Greg Abbott, connu pour avoir fait installer une barrière flottante sur le fleuve pour empêcher les migrants de traverser, barrière qui a déjà occasionné plusieurs noyades, il ne lève pas le petit doigt face à cette situation dramatique. Là comme ailleurs les migrants sont livrés à eux-mêmes alors que le pays le plus riche du monde pourrait les accueillir sans problème.

L’Assemblée nationale a commencé l’examen du projet de loi plein-emploi qui est, en fait, une tentative de stigmatisation des plus pauvres, assimilés, peu ou prou, à des fainéants. Principale cible : les bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA). Ils se feront imposer une obligation de travail d’un minimum de quinze heures par semaine et seront inscrits obligatoirement sur les listes des demandeurs d’emploi. D’autre part sera instaurée une nouvelle mesure de « suspension-remobilisation » qui aura pour effet de leur couper les allocations en cas de non-respect de leurs obligations. Une loi de régression sociale sous tous ses aspects.

Alors que Mayotte manque d’eau tous les jours et est confrontée à la sécheresse la plus importante depuis 26 ans, la situation « est suivie au jour le jour par une cellule de crise », a assuré sur Franceinfo Christophe Béchu, le ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, en ajoutant que les choses étaient « dramatiques ». On ne peut rien lui cacher. Interrogé pour savoir comment on en était arrivé là, Béchu a pointé dans l’ordre les responsables : « des élus locaux incompétents », « les migrants » et enfin « la situation climatique ». Quant à la responsabilité de la puissance coloniale, il ne l’a jamais évoquée. Et pourtant. Depuis 1841 l’impérialisme français a la mainmise sur Mayotte et pas grand-chose n’a été fait pour améliorer l’habitat du plus grand nombre, tenir en bon état les réseaux d’eau et d’électricité, entretenir les routes, etc. Et avoir transformé en 2009 l’archipel en département français (au demeurant le plus pauvre de l’Hexagone) n’a en rien amélioré le sort de la population. Béchu et ses prédécesseurs portent une lourde responsabilité dans la situation dramatique actuelle.

Emmanuel Macron, qui est devenu un spécialiste des déclarations retentissantes sans lendemain, a annoncé une grande planification écologique. Une de plus ! Il s’est fixé divers objectifs pour 2027, comme la démocratisation des véhicules électriques, l’installation du RER dans plusieurs villes (Lyon, Marseille, Nantes…) et la sortie du charbon pour 2027 (mais, comme l’a remarqué Greenpeace, rien sur le pétrole et le gaz fossile). Comme à ce moment-là, il sera en fin de mandat ou plus président, il peut toujours promettre tout et son contraire. La seule chose vraiment concrète, ce sont les subventions massives que l’État va verser aux industriels pour développer les usines de fabrication de batteries électriques. Ce sont les contribuables qui seront évidemment mis à contribution. Mais rien n’est trop cher lorsqu’il s’agit de subventionner les capitalistes en faisant mine de sauver la planète… ou du moins de faire semblant.

L’élection présidentielle, prévue au printemps 2024, sera finalement avancée en décembre. Le président sortant, Abdel Fattah al-Sissi, n’a pas encore fait savoir s’il briguerait un troisième mandat. Mais personne ne croit vraiment qu’il s’abstiendra. D’ailleurs il continue de mettre en prison tous ceux qui lui font de l’ombre ou s’opposent à lui. Autant dire que le résultat de l’élection ne créera pas un suspense insoutenable. Et, pendant ce temps, les 105 millions d’habitants que compte le pays subissent une inflation de 40 % alors que la livre égyptienne connaît une dévaluation de 50 % par rapport au dollar et à l’euro, poussant vers le haut les prix des biens essentiels dont la plupart sont importés. Mais la popularité en berne du « raïs » n’empêchera pas son élection, dictature oblige.

Lors de la rencontre entre le PSG et l’Olympique de Marseille, on a entendu pendant près d’un quart d’heure une partie des supporters parisiens scander des slogans homophobes à l’égard des joueurs phocéens du genre : « Les Marseillais sont des pédés, des fils de putes, des enculés » sans que les dirigeants du club n’interviennent. Suite à ces incidents, Olivier Klein, le délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT, s’est dit très « choqué » et a réclamé que des sanctions soient prises. À cet effet il va saisir le club et la Ligue de football. Quant à la ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra, elle a déclaré : « Il est impensable de rester sourd à de tels chants haineux et homophobes dans nos tribunes… Il est urgent de les éradiquer de nos stades. » Et elle a demandé au PSG d’identifier les coupables et de les faire traduire en justice. On peut rêver. Il y a des décennies que des supporters parisiens, parfois liés à des groupes d’extrême droite, se sont faits une spécialité de crier des tribunes des insultes homophobes, racistes ou de pousser des cris de singe à l’égard des joueurs de couleur présents sur le terrain. Et si quelques-uns ont été poursuivis, ils ne constituaient qu’une exception. Le PSG a toujours couvert les autres et tout indique qu’il continuera dans cette voie.

Alors que Thomas Brail, militant écologiste perché dans les arbres devant le ministère de la Transition écologique en signe de protestation, a été délogé par les pompiers, 200 scientifiques demandent l’arrêt immédiat des travaux de l’A69 Castres-Toulouse. Membres d’un collectif nommé Atécopol (Atelier d’écologie politique de Toulouse), qui regroupe des spécialistes de différentes disciplines, de la climatologie à l’économie en passant par l’urbanisme, l’écologie ou l’agronomie, tous sont membres d’établissements d’enseignement supérieur de la région toulousaine, et deux d’entre eux sont des auteurs du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec). Ils dénoncent un projet qu’ils décrivent comme inutile et surtout très dangereux pour l’environnement, la biodiversité et le climat. Ce qui n’empêche pas la présidente de la région Occitanie, Carole Delga, de le défendre bec et ongles. Et cette dame se prétend « socialiste ». Qu’est-ce que cela serait si elle était de droite.

C’est le très libéral Institut Montaigne qui l’affirme : chaque année 200 000 salariés sont « mis au placard » par leurs employeurs. D’après l’auteur de cette étude, Franck Morel, avocat spécialisé dans le droit du travail, « le placard est un poste qui se caractérise notamment par l’absence de sens », « le retrait du collectif » et « l’absence de suivi par la hiérarchie ». Le phénomène, explique-t-il, se produit lorsque l’entreprise « ne souhaite pas ou ne peut rompre les relations de travail avec l’intéressé », mais doit « maintenir le lien contractuel », ou veut « l’inciter à quitter de lui-même l’entreprise ou l’organisation vers un autre emploi ». Cependant cette étude ne cherche pas à dénoncer les patrons ou les petits chefs voyous qui placardisent à tour de bras. Elle n’est pas non plus destinée à manifester de l’empathie à l’égard des travailleurs souvent brisés par ces pratiques discriminatoires. Vous n’y êtes pas ! Non elle veut faire prendre conscience aux employeurs que « la placardisation » coûte dix milliards par an à l’économie, entre travail non effectué et arrêts maladie à répétition. Voilà ce qui préoccupe les « sages » de cet Institut, qui préconisent comme solution de « lever les tabous par un large dialogue dans les entreprises et administrations sur ces situations ». Merci, mais pour ce type de « dialogue » on a déjà donné.

Le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, a décidé de ne pas ouvrir d’enquête administrative interne sur le policier qui a sorti son arme pour faire reculer des manifestants alors que sa voiture était attaquée lors de la marche à Paris contre les violences policières. Bien mieux, selon une source proche du dossier « le préfet de police a appelé chacun des fonctionnaires (qui se trouvaient dans le véhicule pris à partie) pour les féliciter et leur adresser son soutien ». Et si demain un policier tire et tue un manifestant, Nuñez sera en première ligne pour réclamer qu’il ne soit ni poursuivi, ni mis en examen et encore moins incarcéré. C’est ce qu’on appelle l’impunité de la police. Dommage que la même mansuétude ne s’applique pas aux trois manifestants (dont un mineur) qui, dans cette affaire, ont été placés en garde à vue et seront jugés pour « violences volontaires sur personnes dépositaires de l’autorité publique ».