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Brèves

L’actualité en bref

Alors que se rapproche le premier anniversaire de la mort de Mahsa Amini, la jeune femme kurde décédée le 16 septembre 2022 après son arrestation par la police des mœurs, les autorités craignent que cette date ne donne lieu à de nouvelles manifestations. Elles multiplient donc les arrestations, notamment dans sa famille. Selon l’organisation kurde de défense des droits humains, Hengaw, elles ont ainsi interpellé dans la ville kurde de Saqqez, Safa Aeli, l’oncle de la jeune femme. L’homme de 30 ans est détenu dans un lieu inconnu. Plusieurs dizaines d’autres proches de victimes de la répression ont également été inquiétés. De plus des caméras ont été installées autour de la tombe de la jeune femme pour dissuader tout rassemblement en sa mémoire. Pas sûr que cela soit suffisant pour décourager un peu partout dans le pays les hommages à Mahsa Amini.

Le 29 mai dernier, avec sa grandiloquence habituelle, Emmanuel Macron dénonçait le « fléau » de la pollution plastique, une « bombe à retardement » qu’il s’agirait de désamorcer « le plus vite possible » afin de « sauver notre planète ». Déjà en janvier, l’exécutif vantait l’entrée en vigueur de l’interdiction de la vaisselle jetable dans les fast-foods, présentée comme une mesure pionnière à l’échelle mondiale. Ce qui n’a nullement empêché l’Élysée de commander massivement pour ses cuisines des « articles jetables » à savoir 130 000 barquettes de cuisson, 5 000 rouleaux de film alimentaire, 72 000 sacs de cuisson sous vide, 7 000 pochettes de congélation… Le tout pour une valeur de 432 000 euros. La présidence de la République affirme que « la plupart » de ces produits sont en papier ou en carton et que la présence de plastique serait « marginale », limitée à des articles soumis à des normes d’« hygiène », comme le film alimentaire ou les poches à douille de pâtisserie. Pourtant, d’après les documents contractuels transmis par l’Élysée, dix-sept des trente références de produits du cahier des charges contiennent du plastique : pots à sauce, sacs bretelles, housses de protection de chariots, sacs-poubelle, barquettes de cuisson, bacs de stockage… Alors même que des solutions alternatives en verre, tissu, métal ou pulpe de canne existent sur le marché pour chacun de ces produits. « Si un consommateur lambda est capable d’avoir accès à des solutions alternatives, je ne vois pas pourquoi l’Élysée n’en serait pas capable », a estimé Nathalie Gontard, chercheuse à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) et spécialiste de la pollution plastique. Avec Macron « sauver la planète » n’est pas pour demain.

163 services d’urgence, soit près d’un sur deux, ont fermé au moins une fois durant les mois de juillet et août, selon une enquête que vient de publier le syndicat Samu-Urgences de France. Cette enquête a été réalisée directement auprès des services d’urgence internes aux hôpitaux, des Samu (service d’aide médicale urgente) et des Smur (service mobile d’urgence et de réanimation). 57 % des services d’urgences internes, 92 % des Samu et 54 % des Smur ont répondu au syndicat. Plus exceptionnel encore, 70 % des Smur, les véhicules d’urgences et de réanimation avec, à bord, un médecin, un infirmier et un ambulancier, n’ont pas pu fonctionner en continu. Les deux tiers des départements ont été touchés par des fermetures de ces services, les plus affectés étant la Gironde, la Vendée, le Nord ou encore les Pyrénées-Atlantiques. « C’est une nouveauté », constate Samu-Urgences de France, « le Smur est devenu une variable d’ajustement » pour gérer la pénurie de personnel. De plus, dans certains départements, les Smur ont été remplacés par une équipe paramédicale d’urgence « allégée » avec seulement un infirmier spécialisé à bord. Et de conclure : « Le système donne l’illusion d’avoir tenu, mais à quel prix et dans quelles conditions ? » Enfin, le syndicat d’urgentistes estime que cette situation met en péril la sécurité de la population. Une politique de dégradation du service de santé qui perdure.

Dans son baromètre annuel, le Secours populaire indique que 18 % de la population vit à découvert. C’est trois points de plus qu’en 2022. 31 % des ouvriers, 25 % des employés et 24 % des sondés ayant un niveau d’étude inférieur au baccalauréat admettent ainsi être dans cette situation. Un nombre croissant de personnes rencontre des difficultés à payer certains actes médicaux, à régler les dépenses d’énergie et à acheter des produits alimentaires. L’organisation caritative, qui lance sa campagne « pauvreté-précarité », alerte sur le fait que la situation financière de nombreuses familles continue d’empirer cette année. Face à l’inflation galopante, elles sont 72 % à avoir déjà choisi de ne plus acheter de viande. Enfin, 52 % des sondés reconnaissent ne plus faire trois repas par jour, et ils sont même 15 % à se priver d’au moins un repas régulièrement. Henriette Steinberg, secrétaire générale du Secours populaire, a déclaré à ce propos à Franceinfo : « Nous sommes dans une situation où la question de la faim intervient à nouveau dans la vie quotidienne de millions de familles sur notre territoire. » En plein XXIe siècle…

La rentrée à Mayotte avait eu lieu le 23 août dernier. Sauf que moins de deux semaines plus tard les élèves du lycée Younoussa Bamana, un des principaux de Mamoudzou, le chef-lieu de l’archipel, ont dû rentrer chez eux après seulement quelques heures de cours. En cause le manque d’eau dans l’établissement et notamment dans les parties communes comme les toilettes et les cuisines. L’académie évoque un incident plus ou moins lié à la crise de l’eau mais aussi à des travaux dans des canalisations à proximité de l’établissement. Car aux aléas climatiques s’ajoute aussi la défaillance des infrastructures et un réseau public laissé à l’abandon. Selon la Mission régionale d’autorité environnementale, face aux différentes sécheresses qui ont touché l’archipel en 1997, 2017 et 2020, les réponses techniques données par les pouvoirs publics (création d’une usine de dessalement, réalisation des deux retenues collinaires…) « ont chaque fois été engagées dans l’urgence » et leur mise en œuvre ont été « plus ou moins rapides et surtout plus ou moins abouties ». Le tout au détriment des intérêts de la population.

La Cour de cassation vient d’annuler la décision de la cour d’appel de Paris qui avait relaxé Éric Zemmour du délit de contestation de crime contre l’humanité. En 2019, dans un débat sur CNews face à Bernard-Henri Lévy, le politicien d’extrême droite avait notamment affirmé que Philippe Pétain avait « sauvé » les Juifs français, un mensonge éhonté répété a satiété par l’extrême droite depuis la fin de la guerre. Dans son arrêt, la cour d’appel de Paris estimait en mai 2022 que l’infraction de contestation de crime contre l’humanité n’était pas caractérisée. Suite à cette décision, le procureur général près la cour d’appel de Paris ainsi que cinq associations antiracistes – SOS Racisme, l’Union des étudiants juifs de France, le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples, J’accuse ! action internationale pour la justice, la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme – avaient formé des pourvois devant la Cour de cassation qui leur a donné raison. Zemmour sera donc rejugé. Mais quelle que soit la décision finale, la responsabilité de Pétain dans la déportation des Juifs de France a été établie, documentée et prouvée depuis des décennies. Quoi qu’en disent certains tribunaux…

Invité à la réunion de rentrée de l’association patronale pour parler environnement, le climatologue Jean Jouzet a été battu froid par une bonne partie de l’assemblée. Son échange avec le président de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, lui a laissé un goût particulièrement amer. « J’ai expliqué pourquoi il était important d’arrêter d’investir dès maintenant dans les énergies fossiles, et de privilégier les énergies renouvelables. Il ne m’a pas dit que j’avais tort, mais en substance, il a expliqué pourquoi il allait continuer comme avant. » Tout en jurant qu’il est un farouche défenseur de l’environnement, Patrick Martin, le patron du Medef, a défendu le pétrolier en expliquant : « Le propos de Patrick Pouyanné, que beaucoup d’entre nous partagent, c’est qu’il faut que nous soyons réalistes. » Un réalisme qui conduit la planète droit dans le mur…

Alors que le département d’Ille-et-Vilaine se situe à une heure et demie de train de Paris, la cheffe du gouvernement et le ministre de l’Éducation se sont rendus à Liffré et à Saint-Germain-sur-Ille, près de Rennes, en Falcon gouvernemental. Rappelons qu’au nom de la défense de l’environnement, le gouvernement encourage l’usage du train en interdisant certains vols commerciaux lorsqu’il existe une alternative ferroviaire de moins de deux heures et demie… sauf pour les ministres.

Deux policiers seront jugés à Bobigny (Seine-Saint-Denis) le 7 mars prochain pour des violences et menaces envers un étudiant tchadien, Souleyman Adoum Souleyman, commises en marge d’une mobilisation en mars à Paris contre la réforme des retraites. Dans la nuit du 20 au 21 mars, des gardiens de la paix avaient arrêté sept jeunes manifestants soupçonnés d’avoir pris part à des dégradations lors d’une manifestation. L’un des interpellés avait alors discrètement enregistré les échanges avec les policiers, où l’on entendait ces derniers proférer menaces et propos humiliants visant spécialement l’étudiant : « La prochaine fois qu’on vient, tu monteras pas dans le car pour aller au commissariat, tu vas monter dans un autre truc qu’on appelle ambulance pour aller à l’hôpital », prévenait notamment un policier. L’avocat de l’étudiant, maître Arié Alimi, a toutefois regretté que le parquet n’ait pas considéré que ces menaces et intimidations revêtaient un caractère racial, ce qui paraissait pourtant évident.