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Brèves

L’actualité en bref

Les forces israéliennes ont tué un Palestinien de 17 ans, Othman Mohammed Abu-Khurg, dans le village de Zabaddeh, près de Jénine. Ce nouveau décès intervient dans un contexte de flambée de violences dans les territoires palestiniens occupés où l’armée israélienne mène quotidiennement des raids meurtriers auxquels s’ajoutent les exactions des colons. En réaction, des Palestiniens ont mené des actions de représailles, les dernières en date étant une attaque contre une voiture dans laquelle une Israélienne de 40 ans, mère de quatre enfants et originaire de la colonie de Beit Hagai, a été tuée et la mort d’un père et de son fils abattus dans une station de lavage de voiture dans la ville palestinienne de Huwara. Depuis le début de l’année, au moins 219 Palestiniens ont été tués ainsi que 31 Israéliens, une Ukrainienne et un Italien selon un décompte de l’Agence France-Presse établi à partir de sources officielles. Et ce cycle de violences continuera tant que durera l’occupation et l’apartheid dont est victime le peuple palestinien.

Dix-huit corps ont été retrouvés dans le parc national de Dadia, près de la frontière avec la Turquie, dans une forêt ravagée pr le feu, près de la ville d’Alexandroupoli dans le nord-est du pays. Ce parc est un point d’entrée fréquemment emprunté par des migrants venus de Turquie qui tentent de franchir la rivière Evros, qui sert de frontière, et se cachent ensuite dans les zones boisées. Aucun habitant de cette région n’ayant été porté disparu, il est quasiment certain qu’il s’agit de personnes entrées illégalement dans le pays. On ne connaît pas encore l’identité de ces malheureux clandestins, piégés par le feu comme d’autres le sont par la mer, et prêts à prendre tous les risques dans l’espoir d’une vie meilleure.

Amnesty International lance une campagne contre les armes à létalité dite « réduite » comme le LBD et les grenades lacrymogènes et de désencerclement. L’ONG alerte sur leur dangerosité. Au travers d’une campagne choc, elle dénonce principalement l’usage des lanceurs de balles de défense (LBD 40), des grenades lacrymogènes et des grenades de désencerclement, qui « mutilent et tuent » en manifestation. « Aujourd’hui, tout coûte un bras, sauf manifester qui coûte aussi un œil », peut-on lire sur l’un des visuels de cette campagne. « Le cortège partira à 14h et deviendra funèbre à 16h », est-il écrit sur un autre. D’abord diffusée sur les réseaux sociaux, puis en affichage urbain à partir du 28 août à Paris, Bordeaux, Lyon, Marseille et Nantes, la campagne « vise à alerter sur l’urgence de réglementer le commerce et l’utilisation d’armes à létalité réduite qui ont, rien qu’en France, gravement mutilé des dizaines de personnes et conduit à plusieurs décès », a expliqué Amnesty International. Une excellente initiative.

Un campement de migrants installé depuis début août devant l’Hôtel de Ville a été évacué et 226 personnes mises à l’abri, ont annoncé les autorités. Ces réfugiés, « principalement originaires d’Afrique de l’Ouest, ont été dirigés dans une structure d’accueil temporaire en Île-de-France », a indiqué un communiqué de la région Île-de-France et de la préfecture de police de Paris. Réaction de l’association d’aide aux sans-domiciles fixes Utopia 56, qui avait coorganisé ce campement sauvage pour attirer l’attention sur la situation de ces familles (souvent des femmes avec des enfants très jeunes) à la rue : « Il aura fallu trois semaines de manifestations, l’épuisement des personnes et l’appui des médias pour qu’elles obtiennent ce qui est inscrit dans la loi, un hébergement pour tous.te. » De son côté, la mairie de Paris estime que « ce délai interminable est la conséquence directe du manque de moyens de l’État sur la question ». Il est évident que le gouvernement est plus réactif lorsqu’il s’agit de financer les forces de l’ordre et les envoyer charger les manifestants.

Alors que l’équipe féminine d’Espagne célébrait son premier titre de championne du monde, Luis Rubiales, le président de la fédération espagnole de football, a embrassé de force sur la bouche l’attaquante Jennifer Hermoso. Revenue dans les vestiaires, cette dernière avait déclaré à ses coéquipières qu’elle n’avait pas du tout apprécié. La scène, qui s’est déroulée devant les caméras du monde entier, a soulevé une levée de boucliers et a fait passer au second plan le résultat de la compétition. Dans un premier temps, Rubiales avait tenté de minimiser les choses en expliquant qu’il s’agissait d’« un geste entre deux amis célébrant quelque chose » et « sans méchanceté ». Et il qualifiait celles et ceux qui y voyaient une forme d’agression sexuelle d’« idiots » et d’« imbéciles ». Finalement il a fini par s’excuser. La ministre espagnole de l’Égalité, Irène Montero, a déclaré de son côté : « On ne peut pas donner pour acquis qu’un baiser sans consentement est quelque chose qui “arrive”. Il s’agit d’une forme de violence sexuelle que nous, les femmes, subissons quotidiennement, qui est restée invisible jusqu’à présent et que nous ne pouvons pas normaliser. […] Seul un oui est un oui. » Quant au gouvernement de Catalogne il a réclamé sa démission. Preuve que ce genre de comportement, hélas habituel, ne passe plus auprès d’une fraction croissante de l’opinion.

Selon l’ONG Human Rights Watch, les autorités saoudiennes ont tué des centaines de migrants et de demandeurs d’asile éthiopiens dans une zone reculée, frontalière avec le Yémen. C’est en effet en traversant ce pays que les migrants tentaient de pénétrer dans la riche monarchie du Golfe. Le meurtre « généralisé et systématique » des migrants éthiopiens pourrait même constituer un crime contre l’humanité, estime l’ONG. Interrogé, le gouvernement de Riyad a démenti ces accusations.

C’est à Johannesburg que va se dérouler du 22 au 24 août le sommet des Brics, (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). Sous l’influence de la Chine, le club cherche à élargir son influence afin d’affirmer son pouvoir face aux États-Unis. Ils espèrent qu’à l’avenir d’autres pays le rejoindront. Certains envisagent même à terme une monnaie commune qui pourrait remplacer le dollar à l’échelle internationale. Cela dit, il y a loin de la coupe aux lèvres : il s’agit du quinzième sommet des Brics et les quatorze précédents n’ont guère fait avancer les choses. De plus, en Afrique comme en Asie, ces puissances capitalistes se livrent à une concurrence féroce et elles utilisent principalement le dollar au niveau de leurs échanges et comme monnaie de réserve de leurs banques centrales. Et si l’impérialisme américain n’est plus ce qu’il était, c’est que, du Vietnam à l’Afghanistan, il a été mis en échec par la lutte des peuples. Pas par une alliance hétéroclite de circonstance.

Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) estime que dans le pays « plus de deux millions d’enfants ont été touchés par la crise (provoquée par le récent coup d’État militaire du 26 juillet) et ont désespérément besoin d’une aide humanitaire ». Avant même ce dernier développement, l’Unicef évaluait déjà en 2023 « à 1,5 million le nombre d’enfants de moins de 5 ans souffrant de malnutrition, dont au moins 430 000 souffrant de la forme la plus mortelle de malnutrition ». De plus la décision de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) d’imposer, avec le soutien de Paris, le blocus des frontières du pays aggrave la situation et entrave non seulement le travail des humanitaires et empêche l’arrivée de fournitures vitales qui restent bloquées aux différents points d’entrée du pays. En outre, les pénuries d’électricité – déjà fréquentes en temps normal – ont été multipliées par les sanctions de la Cédéao. Elles affectent la chaîne du froid et peuvent compromettre l’efficacité des « vaccins infantiles » stockés dans les structures de santé. Des sanctions qui touchent beaucoup plus la population que les militaires putschistes.

Le président du journal économique La Tribune, Jean-Christophe Tortora, a annoncé qu’il lancera le 8 octobre prochain une édition généraliste du dimanche en tentant de profiter de la crise qui a agité le Journal du dimanche, dirigé désormais par Geoffroy Lejeune, un journaliste d’extrême droite. « Nous voulons être le quotidien du dimanche, sans couleur politique, qui rassemble tous les Français […] Nous sommes là pour apporter un décryptage sur les grands sujets du siècle », a déclaré le même Tortora. Le Journal du dimanche est propriété du milliardaire Vincent Bolloré, le nouveau titre, La Tribune dimanche, sera sous la houlette de Rodolphe Saadé, troisième armateur mondial grâce à son groupe de porte-containers CMA CGM. D’un milliardaire à l’autre, vive la liberté de la presse…