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Brèves

L’actualité en bref

Le parquet national antiterroriste (PNA) a ouvert une enquête à l’encontre du groupe Pierre Castel, un géant de la boisson (bières et vins) qui possède notamment la chaîne de magasins Nicolas. Il est également propriétaire de 5 000 hectares de plantations de canne à sucre et d’une usine géante à Ngaboko, une zone reculée de la Centrafrique, à 400 kilomètres à l’est de la capitale, Bangui. De plus, il a obtenu depuis 20 ans le monopole de la production et de la commercialisation de sucre dans ce pays. Le groupe est pointé du doigt par une ONG américaine, The Sentry (La Sentinelle) qui lui reproche dans un rapport d’avoir versé de l’argent à des milices rebelles pour préserver ses intérêts économiques sur place. Des accusations que le groupe Castel réfute mais qui paraissent suffisamment sérieuses et fondées pour que le PNA se saisisse de l’affaire en le soupçonnant de complicité de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. La Françafrique est toujours aussi peu reluisante mais a encore de beaux restes.

De nombreuses familles de migrants ont été délogées par la police d’un hôtel social de Montgermont, près de Rennes, pour laisser place à des sans-abri expulsés d’Île-de-France. Les associations spécialisées dans l’hébergement d’urgence ont déploré « la précipitation et l’inhumanité » avec lesquelles ce relogement a dû être mené sous la pression des pouvoirs publics, au détriment de ces migrants. Certains ont été relogés dans d’autres départements bretons alors qu’ils sont parfois malades, ont des enfants scolarisés ou exercent un emploi dans la région rennaise. Une bénévole explique : « On a été obligé de faire partir ces gens en quinze jours pour laisser la place à ces autres personnes de Paris. On est écœuré de la façon dont ça s’est passé. » Elle explique que certains migrants ont par exemple été relogés du jour au lendemain dans le Finistère où ils n’avaient qu’une seule nuitée réservée. Avant de conclure : « Après, ils étaient renvoyés à la rue. Donc ces gens sont revenus à Rennes, et nous n’avons pas le droit de les reprendre. » Une nouvelle illustration de l’humanisme macroniste.

Les investigations sur l’attribution controversée du Mondial 2022 de football au Qatar s’accélèrent : l’ex-vice-président tahitien de la Fédération internationale de football (UEFA), Reynald Temarii, vient d’être inculpé à Paris. On le soupçonne d’avoir manœuvré au sein des instances internationales de foot pour faire attribuer le Mondial à l’émirat du Golfe. Mais ce n’est que du menu fretin. Les juges d’instruction cherchent à savoir si le vote en faveur du Qatar de Michel Platini, à l’époque patron de l’UEFA, a été obtenu en échange de contreparties. Au cœur des soupçons figure un déjeuner tenu en 2010 entre Nicolas Sarkozy, alors président de la République, Platini et deux hauts dirigeants qataris. Rien que du beau linge autour duquel flotte une odeur tenace de corruption, de magouilles financières et passe-droits de toutes sortes.

Le gouvernement britannique voulait se réjouir de la (très) légère baisse de l’inflation qui, pour la première fois depuis juillet 2022, est passée sous la barre des 10 %, s’établissant le mois dernier à 8,7 % sur un an. Il n’en a pas eu le temps. Car ce qu’a surtout retenu l’opinion populaire des chiffres publiés par l’Office national des statistiques, c’est que le prix des denrées alimentaires et des boissons non-alcoolisées avait fait lui un bond de 19,1 % pendant la même période, un record en 45 ans. Et, pendant ce temps, les banques de la City continuent d’engranger des résultats record.

Hugues Moutouh, le préfet de l’Hérault, a interdit une manifestation prévue aujourd’hui samedi à l’initiative du Collectif montpelliérain contre l’apartheid israélien qui regroupe une vingtaine d’organisations. Raison mise en avant : il « redoute la transposition à Montpellier d’un conflit international et la tenue de discours discriminants incitant à la haine envers une population, en raison de son appartenance à une nation, race ou religion déterminées. » En résumé, pour le représentant de l’État, toute mise en cause de l’apartheid israélien s’apparente à de l’antisémitisme. Mais le fait que les Palestiniens soient chaque jour discriminés et fassent l’objet de discours et de comportements haineux, voire de meurtres, en raison de leur appartenance à une nation, race ou religion déterminées ne semble pas troubler ce monsieur outre mesure.

Neuf personnes, dont au moins cinq militaires, du Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (Cross) du cap Gris-Nez, dans le Pas-de-Calais, ont été mis en examen pour non-assistance à personne en danger dans le cadre de l’enquête sur le naufrage d’un bateau de migrants dans la Manche en 2021. En novembre de cette année-là, 27 personnes avaient perdu la vie lorsque leur embarcation s’était retournée. Les passagers en détresse avaient appelé une quinzaine de fois les services de secours sans aucun résultat. On va sans doute trouver dans cette affaire quelques boucs émissaires sur lesquels on fera peser l’essentiel de la responsabilité de ce drame. Mais ce qui est en cause c’est, des deux côtés de la Manche, la politique criminelle des gouvernements français et britannique à l’égard des migrants, qui incitent ces derniers à prendre tous les risques dans l’espoir d’une vie meilleure.

Le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau, est sous le feu des critiques sur les réseaux sociaux après la diffusion d’une vidéo où il se vante auprès d’une interlocutrice d’avoir dit « du bien des pesticides » lors d’une interview. L’extrait est issu d’un reportage du média Vakita, spécialisé dans les questions environnementales et sociétales. Marc Fesneau était interrogé sur une étude qui désigne l’agriculture intensive comme la première cause de la disparition des oiseaux en Europe. Le ministre a botté en touche, affirmant ne pas connaître la définition de « l’agriculture intensive » et de conclure : « L’agriculture qu’on a, c’est l’agriculture qu’on a voulue. » Une façon de nier le rôle des pesticides dans le recul de la biodiversité, le déclin des pollinisateurs, la disparition des oiseaux, et la multiplication des maladies qui frappent les agriculteurs. Comme nombre de ses précurseurs, il agit avant tout comme porte-parole des gros céréaliers et des trusts agro-alimentaires.

Patrick Pouyanné, le PDG du groupe pétrolier TotalEnergies, a répondu lors de l’assemblée générale des actionnaires à ceux qui l’accusent d’écoblanchiment. Sans complexe il a affirmé : « Le climat est au cœur de notre préoccupation… Notre compagnie a été la major qui a investi le plus pour construire le modèle énergétique de demain qui sera basé sur l’électricité » avant d’ajouter aussitôt que « la demande de pétrole au niveau mondial est en croissance et si ce n’est pas TotalEnergies qui répond à cette demande, d’autres le feront à notre place ». Bref tout va continuer comme avant. Au passage il s’en est pris aux « grincheux », en l’occurrence les défenseurs de l’environnement, qui critiquent son action. Finalement la prétendue « stratégie climat du groupe » a été approuvée par 88,76 % des actionnaires qui ces derniers mois se sont gavés de dividendes et qui veulent que ça continue. Face à cela l’avenir de la planète ne pèse pas lourd.

Le projet de loi portant sur un prétendu meilleur partage de la valeur a été présenté au Conseil des ministres. Il s’agirait d’étendre aux petites et moyennes entreprises, qui emploient entre 11 et 50 salariés, des dispositifs d’intéressement, de participation ou de prime de partage de la valeur (ex-prime Macron) qui existent déjà dans les grands groupes. Mais attention : il faudra pour cela que lesdites entreprises présentent des bénéfices exceptionnels ou sur des sur-profits, deux notions laissées largement à l’appréciation du patron. Bref, au-delà de l’effet d’annonce il est probable que ces dispositifs n’auront guère d’effet sur la feuille de paye. En fait le seul moyen de « partager la valeur » est de se battre pour une augmentation mensuelle de 400 euros pour tous, pas de salaire inférieur à 1 800 euros et l’échelle mobile des salaires en fonction de l’augmentation des prix.