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Brèves

L’actualité en bref

Capgemini, le géant tricolore des services informatiques, était au centre d’une polémique après la révélation, par la presse, d’un contrat dans lequel il a notamment fourni à l’ICE, la sinistre police trumpiste de l’immigration, un outil d’identification et de localisation de personnes étrangères. Pour calmer les choses Capdemini a donc décidé de se séparer de sa filiale américaine, Capgemini Government Solutions, et de la mettre en vente. Et il l’a fait largement savoir. Un sacrifice tout relatif puisque ladite filiale ne représente que 0,4 % du chiffre d’affaires estimé du groupe en 2025 et 2 % de ses ventes aux États-Unis. Dans le même temps, Capgemini, présent dans une cinquantaine de pays, continue de vendre ses logiciels d’identification à des dizaines d’armées, de polices et de forces de répression à travers le monde. La morale s’arrête où les affaires commencent.

Métros, bus et tramways étaient à l’arrêt dans de nombreuses villes, en raison de l’appel à la grève lancé par le syndicat des services Ver.di pour réclamer des hausses de salaire et de meilleures conditions de travail tandis que les trains continuaient de circuler. Au total, près de 100 000 salariés dans 150 entreprises municipales de transport urbain et d’autobus étaient concernés par le mouvement. Les revendications portent notamment sur la réduction du temps de travail hebdomadaire, l’allongement des temps de repos et des primes plus avantageuses la nuit et le week-end. Dans quelques Länder, il est aussi question d’augmenter les salaires, en moyenne autour de 10 %. Des manifestations ont également eu lieu à Hambourg (nord) et à Sarrebrück (sud-ouest). Depuis novembre, des discussions se tiennent entre représentants syndicaux et ceux des entreprises municipales de transport public, mais jusqu’à présent elles n’ont pas abouti.

Un collectif d’anciens élèves d’établissements du réseau catholique des Lasalliens s’est constitué pour dénoncer des violences commises entre 1955 et 1985 dans une vingtaine d’établissements par des membres de la congrégation. Cette congrégation, appelée également Frères des écoles chrétiennes, gère près de 150 établissements privés sous contrat avec l’État dans tout le pays. Les membres du collectif, essentiellement âgés de 50 à 70 ans, révèlent des faits qui sont aujourd’hui prescrits. Ils dénoncent des « violences physiques », « brimades, humiliations », et pour une « grande partie » d’entre eux, des faits « d’attouchements, d’agressions sexuelles et de viols », commis par des religieux ou des enseignants laïques, la plupart décédés. Une situation couverte par l’Église alors que les pouvoirs publics, supposés contrôler ces établissements, regardaient ailleurs. Et des scandales beaucoup plus récents montrent que la question n’est toujours pas réglée. Le collectif réclame aujourd’hui que l’institution reconnaisse sa responsabilité dans des violences qu’il juge « systémiques » et qu’elle crée un fonds de réparation de 100 millions d’euros pour indemniser les victimes. On peut toujours rêver.

Le samedi 31 janvier a été particulièrement meurtrier dans le territoire palestinien. L’armée israélienne a bombardé les villes de Gaza, Khan Yunes et Rafah tuant au moins 32 personnes (dont six enfants) et en blessant plusieurs dizaines d’autres. Officiellement, et comme d’habitude, elle visait des « terroristes », mais pour l’occupant sioniste tout Palestinien est un terroriste en puissance. Depuis l’entrée en vigueur du bien mal nommé cessez-le-feu le 10 octobre dernier plus de 500 Palestiniens, dont une majorité écrasante de civils et 136 enfants, ont été assassinés par Israël.

Selon le journal Libération, Capgemini n’est pas la seule entreprise tricolore à avoir obtenu de juteux contrats avec l’ICE, la meurtrière police trumpiste qui traque les migrants sur tout le territoire des États-Unis. Les groupes Parrot et Thales ont fait de même. Parrot, via sa filiale américaine, fournirait ainsi des drones de surveillance à ICE, mais aussi à l’armée de terre, la marine et la police aux frontières des États-Unis. Ces engins sont capables de prendre des photos et vidéos en très haute définition et en infrarouge. Discrets, ils peuvent surveiller des personnes à deux kilomètres de distance. De son côté, Thales aurait fourni à la police de l’immigration son système « Ident » de gestion des données biométriques, pour les contrôles d’identité. Bref ce ne sont pas quelques objections humanistes qui vont empêcher ces capitalistes de faire des affaires.

Nouvelle offensive du patronat. Sa principale organisation, le Mouvement des entreprises de France (Medef), a proposé la création d’un nouveau type de CDI, « pouvant être rompu sans motif pendant les premières années », avec « une indemnisation croissante en lien avec l’ancienneté du salarié en cas de rupture ». Or le CDI est censé offrir une certaine sécurité de l’emploi, notamment en limitant les possibilités de rupture sans motif. C’est à cela que veut mettre fin le Medef. L’organisation patronale suggère également de regarder du côté du Smic, « qui peut parfois constituer un frein à l’emploi pour les primo-entrants ». Elle préconise en outre pour un « public cible » dans une « durée limite » et « potentiellement par la négociation collective », « d’adapter ce niveau de rémunération », dans une logique « d’incitation à l’embauche et d’adéquation entre le niveau de rémunération et les compétences de primo-entrants. » Ce qui signifie en langage clair que les nouveaux embauchés pourraient être payés en dessous du Smic. De plus, le syndicat patronal suggère d’abaisser, « en deçà d’un certain âge », la durée minimale des contrats à temps partiel, de supprimer les délais de carence entre deux CDD ou encore d’augmenter leur durée légale. Autant de mesures vues par la CGT comme une « déclaration de guerre aux jeunes et aux salariés ». Ce qu’elles sont effectivement.

À l’appel d’Alliance, le premier syndicat de la profession policière, plusieurs milliers de personnes ont manifesté à Paris et dans une vingtaine de villes en soutien aux forces de police et de gendarmerie. Alliance a revendiqué 45 000 manifestants au total dont 15 000 à 20 000 à Paris, 1 500 à Lyon, 400 à Lille et 400 à Marseille… Quant aux autorités, qui en règle générale divisent par deux ou trois le nombre de participants lorsqu’il s’agit de manifestations appelées par la gauche, l’extrême gauche ou les syndicats, elles ont fait preuve cette fois d’une extrême pudeur en se refusant à communiquer tout chiffrage national. Au sein des différentes manifestations on notait sans surprise la présence de personnalités de droite et d’extrême droite : Sarah Knafo, Thierry Mariani, Marion Maréchal Le Pen, Christian Estrosi, Éric Ciotti, etc. Scandant des slogans comme « Sans police c’est le chaos », « All cops are heroes » (Tous les flics sont des héros) et « L’impunité fabrique des criminels », les manifestants n’ont, bien sûr, pas eu un mot pour dénoncer la violence policière au quotidien ou les meurtres des jeunes tués par les nervis en uniforme. Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, depuis 2017, 12 500 emplois ont été créés dans les forces de sécurité intérieure, les crédits immobiliers ont été multipliés par deux et 19 000 véhicules achetés. De plus le budget 2026 prévoit une nouvelle augmentation des crédits. L’État gâte sa police… qui en demande toujours plus.

Le ministère de l’Agriculture a décidé de diviser par deux le seuil limite de céréulide autorisé dans les laits infantiles. La céréulide est la toxine responsable de la contamination de ces produits pour bébés. Elle provient d’une huile riche en oméga-6 produit par un fournisseur d’ingrédient chinois Cabio Tech auprès duquel s’approvisionnent tous les groupes touchés par le scandale (Nestlé, Danone, Lactalis et Vitagermine). Le ministère a déclaré dans un communiqué : « La protection de la santé des nourrissons constitue la priorité absolue des autorités sanitaires. » Fort bien. Mais les décisions annoncées arrivent un peu tard, les premières alertes datant de la fin novembre 2025. Deux longs mois pendant lesquels les ministères de l’Agriculture et de la Santé ont laissé faire les industriels du secteur.

Selon le Washington Post, l’administration Trump est en train d’acheter d’anciens entrepôts industriels, dans 23 villes, pour les transformer en centre de détention pour migrants, gérés par l’ICE. Au total 80 000 personnes pourraient y être enfermées simultanément, dans l’attente de leur expulsion. Dans certaines de ces villes (toutes ne sont pas encore connues), la population et les conseils municipaux se sont déclarés opposés à ce projet. Le maire de Kansas City (Missouri), où l’ICE doit transformer un entrepôt vide en centre de détention pour 7500 migrants, a déclaré lors d’une interview : « Je ne suis pas certain que ce type de détention soit humain. » C’est le moins que l’on puisse dire ! Espérons que l’exemple de Minneapolis fasse tache d’huile et que les rues des États-Unis se remplissent pour faire entendre leur voix contre l’ignoble politique raciste de Trump et de sa bande de criminels.