L’association anti-corruption Anticor vient d’obtenir de la justice le réexamen de sa demande d’agrément par le gouvernement. Il faut rappeler qu’en juin de l’an dernier, sur incitation de Grabiel Attal, le tribunal administratif de Paris avait annulé cet agrément qui permet à Anticor de se porter partie civile dans les procès de corruption, tant ceux portant sur des malversations dans le domaine public (scandale des sondages de l’Élysée sous Sarkozy) ou privé (les pratiques du groupe Bolloré en Afrique). À l’heure actuelle, l’association est partie prenante dans 150 procédures pénales en cours, d’importance locale ou nationale. Jusqu’à présent le gouvernement n’a pas répondu à la demande d’un nouvel agrément et fait la sourde oreille depuis six mois. C’est cette attitude que viennent de sanctionner les juges de référé en sommant Matignon de prendre position avant la fin du mois d’août. Depuis 2010, Anticor poursuit son combat contre la corruption et agit comme un poil à gratter chez les magouilleurs de toute sorte tout en mettant sur la place publique des pratiques que certains aimeraient garder confidentielles.