Nos vies valent plus que leurs profits

Capgemini : s’il faut donner son poste, allez donner le vôtre Monsieur le Directeur

C’est par voie de presse que les travailleurs de Capgemini ont appris, mardi 20 janvier, le projet de la direction du groupe de supprimer 2409 emplois en France, soit 7 % des effectifs.

L’entreprise de conseils numériques cotée au CAC 40 prétexte à la fois d’un ralentissement de l’activité en France et du développement de l’IA qui anticiperait des gains de productivité. Derrière les justifications fumeuses – le chiffre d’affaires de Capgemini était en hausse de 2,9 % l’an dernier – il s’agit surtout de générer de nouveaux profits et de conforter les actionnaires en montrant qu’on peut faire accomplir à moins de salariés une plus grande quantité de travail.

Car les salariés savent bien que les suppressions d’emplois sont autant une attaque contre ceux qui partent que contre ceux qui restent, soumis à des cadences et à une pression plus élevée.

Jusqu’à récemment, quand l’informatique embauchait, c’était commun de quitter sa boîte pour trouver un autre poste en espérant un meilleur salaire. Mais avec l’évolution du secteur, de nombreux travailleurs savent que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs. Il ne reste plus à la direction qu’à tenter une rupture conventionnelle collective, licenciements maquillés en ruptures au volontariat… mais on sait bien ce qu’est le volontariat quand la direction se donne tous les moyens de mettre la pression aux salariés qu’elle voudrait mettre à la porte.

« Un remplacement de la direction par l’IA semble être la solution la plus humaine », réagissait un salarié !

Correspondant