
Samedi 31 janvier, les enseignants du lycée Curie de Vire (Calvados) étaient sur le pont pour présenter les formations et les options disponibles lors des portes ouvertes. Seul lycée à 30 kilomètres à la ronde, loin des grandes villes, il en propose une riche palette à son millier d’élèves.
Trois jours plus tard, les collègues apprennent sidérés que le lycée perd 80 heures de cours par semaine pour un effectif d’élèves stable. Cette coupe devrait supprimer des « spécialités » (cours obligatoires, à choisir parmi plusieurs possibilités en première et terminale : le choix va rétrécir) et des cours « dédoublés » en petits groupes… Les options, dont les profs font la promotion auprès de leurs élèves, car elles sont valorisées par ParcourSup pour les études post-bac, sont laminées.
Vire a vu l’un de ses deux collèges publics fermer il y a deux ans. La lutte opiniâtre du personnel n’avait que repoussé la fermeture d’un an. Le collège public restant n’est pas épargné pour autant. À la rentrée prochaine, deux classes devraient être supprimées, obligeant les élèves à s’entasser à 27 par classe en moyenne.
Aussi, le personnel des différents établissements scolaires du secteur a décidé de se battre ensemble. Des actions communes sont planifiées pour le retour des vacances d’hiver. Les lycéens se sont quant à eux mobilisés le jour de la sortie des classes, vendredi 13 février, dénonçant l’accroissement des inégalités lié à toutes ces fermetures. Souhaitons que leur énergie et leur lucidité inspirent leurs aînés et que les forces convergent pour défendre l’éducation dans le Bocage virois.
Correspondante