
Des débrayages ont eu lieu dans des usines d’Airbus, notamment à Toulouse, pour protester contre la réduction de 2 400 euros de la prime de participation, malgré des résultats exceptionnels. Dans quelques autres secteurs aussi, les travailleurs se sont mis en lutte pour les salaires. Des mouvements limités en nombre, du moins pour l’instant, mais, face à la radinerie des patrons et aux fins de mois difficiles, seule la lutte paye.
L’offensive patronale
La hausse des prix des carburants causée par la guerre en Iran s’étend sur l’alimentaire. Elle pourrait atteindre 4 à 5 %, selon Que Choisir. Mais les patrons veulent imposer des augmentations qui dépassent rarement 1 %. S’ajoutent à l’inflation et aux bas salaires les licenciements, comme la fermeture annoncée d’ici 2028 de l’usine Stellantis de Poissy, les 161 annoncés à la polyclinique de Pau, les 180 chez Nestlé, ou les 206 salariés d’Arquus Saint-Nazaire, qui produit des véhicules pour l’armée – comme si le secteur de l’armement était peu profitable, surtout en ce moment ! Sans compter tous les contrats précaires, CDD ou intérimaires, non renouvelés, comme les 44 intérims de Arquus déjà « remerciés ».
Cette offensive est bien souvent menée par des groupes richissimes. Le tout avec l’aide du gouvernement qui refuse d’aller piocher dans les 4,96 milliards profits de Total au premier trimestre 2026, gonflés de 51 % par la guerre et la spéculation, ou dans les 9 milliards de trésorerie de Dassault et les fortunes de tous les profiteurs de guerre. Qui refuse aussi d’imposer des augmentations de salaire, mais multiplie les cadeaux, aides et commandes à ces grands groupes.
Des réponses se multiplient
Pour tenter d’éteindre l’incendie, certains distribuent des primes, comme à Sevesc qui annonce une prime d’intéressement équivalent à un mois et demi de salaire, mais seulement 0,8 % d’augmentation des salaires.
D’autres font dans le mépris, comme la RATP qui a promis une prime de 100 euros, mais uniquement pour le mois de juin. Si les plus grosses primes ont pu apaiser la colère, ça en dit surtout long sur le refus d’augmenter les salaires. Quant aux autres, elles ne peuvent être vues que comme des insultes et des provocations, et ceux qui y répondent ont mille fois raison de le faire. Comme les 220 membres du personnel administratif et technique de la fac de Nanterre, réunis en AG pour voter la grève reconductible pour la revalorisation de leurs primes, ceux de la fac Montaigne à Bordeaux, qui s’étaient mis en bagarre contre les suppressions de postes, ou la trentaine de travailleurs du Muséum d’histoire naturelle, en grève pour leurs salaires, en passant par les débrayages et grèves dans les labos, pour des augmentations de salaire et une baisse des charges de travail…
Question de priorités
Pour l’instant, ces quelques grèves se font entreprise par entreprise plutôt que tous ensemble. Les syndicats se gardent bien d’appeler à une mobilisation de tous ceux qui veulent mettre un coup d’arrêt à l’offensive patronale. Au contraire, ils distillent l’idée que, chacun dans son coin, boîte par boîte, la lutte serait plus facile. Quant aux politiciens de gauche, ils n’ont que la présidentielle de l’an prochain en tête.
Mais qui peut attendre un an dans le mince espoir qu’un autre président, qu’un autre gouvernement pourrait lui permettre de faire le plein et de remplir son caddie ? Les patrons et les actionnaires, eux, ne changeront pas en 2027. Ils se moquent bien des élections ! Heureusement, ce qu’aucun politicien ne pourra faire dans un an, la mobilisation massive des travailleurs peut l’imposer dès demain :
- 400 euros net d’augmentation immédiate pour tous et toutes !
- pas de salaire, pension ou allocation inférieurs à 2 000 euros net !
- interdiction des licenciements et des suppressions de postes, dans le public et le privé !
Éditorial du NPA-Révolutionnaires du 11 mai 2025