Nos vies valent plus que leurs profits

Daoud condamné en Algérie, encensé par la droite en France

Le 21 avril, l’écrivain d’origine algérienne Kamel Daoud, qui vit et publie en France, a été condamné en Algérie à trois ans de prison en vertu d’une loi qui interdit d’évoquer la guerre civile qui a opposé l’armée et la police algériennes aux islamistes de 1992 à 2002 au nom de la « réconciliation nationale ». Au cours de ces affrontements, des massacres ont été commis par les islamistes aussi bien que par la dictature militaire qui a profité de l’occasion pour éliminer des opposants. Daoud, lui-même islamiste repenti, a choisi depuis qu’il vit en France de faire de l’islamophobie son fonds de commerce et de collaborer avec des médias de droite et d’extrême droite comme Le Point et Causeur. L’ancien ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, peu connu pour son amour de la liberté, et l’actuelle ministre de la Culture, Catherine Pégard, se sont empressés de voler à son secours, alors qu’il ne risque guère de purger sa peine, sauf s’il lui venait l’idée de retourner en Algérie. La « justice » n’a pas grand-chose à voir avec ce règlement de comptes entre une dictature militaire liberticide et un intellectuel algérien qui s’est mis au service de l’impérialisme occidental et de la propagande xénophobe.