
Le 14 avril dernier, une enquête du média indépendant Disclose révélait l’utilisation de charbon provenant des mines de Mozambique par l’usine sidérurgique d’ArcelorMittal à Dunkerque.
En août dernier, cette usine, une des plus polluantes de France, aurait reçu plusieurs milliers de tonnes de charbon en provenance de Moatize (Mozambique) dans la plus grande discrétion, aucun document public de l’entreprise n’en mentionnant la provenance.
L’enquête révèle comment ce charbon est extrait. La mine de Moatize a plongé la ville dans le chaos : des fumées noires sont présentes en permanence, le taux de particules fines atteignant plus de sept fois le seuil recommandé par l’OMS (340 μg/m3) ; consommer l’eau et le maïs est devenu dangereux du fait de la pollution. La population sur place est très touchée : le nombre de maladies liées à la pollution au charbon (tuberculose, troubles neurologiques) est en hausse constante et les habitations sont endommagées à cause des explosions provoquées pour détacher la roche. Ces dernières, déclenchées à l’aide d’explosifs, envoient même des projectiles de roche qui viennent toucher les maisons des travailleurs qui vivent aux alentours.
ArcelorMittal avait initialement prévu de construire deux fours électriques sur le site de Dunkerque, censés réduire les émissions de CO2. Le groupe a finalement prévu d’en construire un seul. Le charbon reste bien la principale matière première de l’usine dans sa production d’acier.
L’usine de Dunkerque produit 12 millions de tonnes de CO2 par an : ici comme au Mozambique, ArcelorMittal intoxique la population.
Thibaut Bergeron