Nos vies valent plus que leurs profits

Limousin : « 3 petits cochons ça va, 1 200 bonjour les dégâts ! »

Nous nous sommes retrouvés à plus de 400 lors d’une marche et d’un pique-nique pour dénoncer un projet de porcherie industrielle près du lac de Vassivière (23) samedi 9 mai.

Un élevage de 1 200 porcs, sur caillebotis, avec épandage du lisier sur 300 hectares alentour, donc pollution de la terre et de l’eau pour l’ensemble du territoire et de ses lacs. On sait que le phosphore et l’azote du lisier vont contribuer en quelques années à la prolifération irréversible de cyanobactéries et cyanotoxines dans le lac de Vassivière, 1 000 hectares au cœur du plateau des Millevaches (c’est-à-dire des 1 000 sources) : danger pour la santé humaine, pour les animaux domestiques ou d’élevage. Donc à terme, interdiction de pêche, baignade, activités nautiques, une menace directe pour les emplois liés au tourisme et à l’agriculture non intensive.

Après la Bretagne, va-t-on laisser continuer cette fuite en avant ?

Les deux agriculteurs qui portent ce projet sont pilotés par le groupe Cirhyo, plus gros producteur français de porcs, hors Bretagne, qui fournira les porcelets et assurera la commercialisation (notamment dans les rayons charcuterie de Carrefour Market et de Lidl).

Ces usines d’élevage (porcs et volailles le plus souvent), ça veut dire des traitements antibiotiques, de la souffrance animale, des aliments importés, de la pollution, et des éleveurs complètement dépendants de la firme avec qui ils sont en contrat. La FNSEA défend ces élevages industriels qu’elle prétend indispensables pour nourrir la population à un prix abordable.

C’est ce modèle agricole capitaliste que la grande distribution et l’agro-industrie ont construit dans leur course au profit à tout prix, au mépris des paysans, des consommateurs et de notre environnement !

Correspondant