Nos vies valent plus que leurs profits

Encore un jeune mort au travail

Mercredi 13 mai, un homme de 18 ans est mort sur son lieu de travail à Orange (Vaucluse). Il travaillait dans une pépinière et a été retrouvé inconscient : il est probablement mort étouffé, coincé entre le guidon d’un motoculteur et le plafond d’un camion utilitaire qu’il était en train de décharger seul. Une enquête est ouverte pour « homicide involontaire ». Le jeune homme était en alternance dans cette pépinière et lycéen en bac professionnel horticulture. Le mois dernier déjà, deux jeunes sont morts au travail : l’un lycéen de 15 ans, effectuant son stage obligatoire de seconde, écrasé sur un chantier, l’autre de 22 ans tombé dans un hachoir d’une usine Lustucru. Au total, 420 apprentis, stagiaires et salariés de moins de 25 ans sont décédés au travail depuis 2020 en France. Alors que les accidents du travail touchent 2,5 fois plus les personnes de moins de 25 ans que le reste des travailleurs, selon l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), les dispositifs d’aides financières pour les patrons qui embauchent des apprentis sont de vraies mannes. Par exemple, pour un apprenti entre 18 et 20 ans, payé un tout petit peu plus de 800 euros par mois, un patron ne débourse que 400 euros : le prix d’une vie pour le Medef.