L’Allemagne connaît un mouvement lycéen contre le retour du service militaire et la militarisation depuis décembre 2025, avec des dates espacées, mais à chaque fois plusieurs dizaines de milliers de jeunes en grève et dans la rue, y compris dans de petites villes, et une structuration locale autour de comités de grève lycéens.

Entre début et mi-octobre, une poignée d’établissements, dont des lycées franco-allemands mais pas seulement, ont été bloqués à Hambourg, Berlin et Munich. Ces blocages ont été suivis de manifestations de solidarité avec le mouvement lycéen en France, émaillées de revendications autour des conditions d’études, mais surtout de dénonciations de l’augmentation spectaculaire des budgets de l’armée au détriment de celui de l’éducation. Ces initiatives reflétaient aussi la volonté de certains comités de grève lycéens de ne pas se cantonner à la préparation de la prochaine grève, à une date lointaine imposée par le comité central de grève, qui reste assez opaque dans ses prises de décision. La prochaine date de mobilisation contre la militarisation, le 20 novembre, est envisagée comme une date de grève lycéenne internationale. Une perspective encore peu incarnée, mais bien moins abstraite qu’il y a quelques semaines.

Mais les jeunes ne prévoient pas d’attendre la fin novembre : le collectif « La Gen Z gère » (Gen Z regelt), appelle à manifester le 31 octobre. Sur le site, plus de 135 000 personnes annonçaient leur venue au 26 octobre, avec des manifestations prévues dans plus d’une vingtaine de villes. Un syndicaliste policier mettait en garde, avec un racisme décomplexé, contre le danger que des « jeunes casseurs migrants » rejoignent les manifs pour affronter la police, affirmant qu’il n’y aurait « aucune pitié ». À Stuttgart, les autorités veulent même interdire la manifestation.

Alors que, dans l’Autriche voisine, des manifestations lycéennes puis étudiantes significatives ont eu lieu contre l’interdiction du port du voile à l’école et les coupes budgétaires à l’université, et que, début septembre, les manifestations syndicales contre les licenciements en Allemagne avaient montré une certaine colère, il est bien possible que la jeunesse allemande emboîte le pas à ses voisins.

D. R., 26 octobre 2026

 

 


 

 

Sommaire du dossier du numéro 66 de Révolutionnaires