Le 23 septembre 2026, Maricarmen, 87 ans, a été expulsée de sa maison sur une civière du Samu, après que le fonds vautour Urbagestión qui avait acheté l’immeuble pour spéculer, a augmenté le loyer de 500 euros à 1 650 euros.
Les mobilisations pour le logement secouent l’arène politique
Des manifestations massives ont forcé Urbagestión à accepter que Maricarmen puisse rentrer chez elle. Elle est malheureusement décédée à l’hôpital.
Mais la mobilisation a montré sa capacité à obtenir des victoires, tout en dénonçant ce système économique qui permet à 13 entreprises de posséder jusqu’à 100 000 logements locatifs et de spéculer au détriment du droit au logement et à une vie décente pour tous et toutes.
En huit ans, le gouvernement « le plus progressiste de l’histoire » n’a pas répondu aux besoins de la classe ouvrière et de la jeunesse en matière de prix des loyers, d’interdiction des expulsions ou d’augmentations salariales. Sa loi sur le logement de 2023 ne remet pas en question la spéculation.
Ceux qui sont descendus dans la rue le savent, tout comme ils savent que la droite et l’extrême droite mentent en désignant les travailleurs migrants comme la cause de nos malheurs. Les « envahisseurs », ce sont les investisseurs, qu’ils soient espagnols, américains ou européens, et non les migrants.
Opération électoraliste de la gauche et des directions syndicales
Voyant dans ces mobilisations une occasion unique de déporter le débat sur les questions sociales plutôt que sur les thématiques réactionnaires, Pedro Sánchez a annoncé l’avancement des élections au 29 novembre.
Les directions syndicales ont alors appelé à une journée de grève générale le 11 novembre, non contre lui, mais dans le but clair de soutenir sa campagne. Elles n’avaient pas appelé à une grève générale depuis quatorze ans, alors que ce gouvernement augmente le budget militaire de plus de 196 % depuis 2018, tandis que les loyers augmentent de 45 % et le coût de la vie de 27 %.
Les campements, les comités de grève unitaires et l’auto-organisation du mouvement
Au cœur du mouvement pour le logement, un campement s’est installé d’abord Plaza del Sol à Madrid, puis dans de nombreuses autres villes, avec des assemblées générales quotidiennes massives, qui discutent du « 11N », créent des comités de grève unitaires, avec des étudiants et des travailleurs, syndiqués ou non.
Ces cadres permettent de décider des actions et des perspectives, sans dépendre à tout moment de la volonté des directions syndicales et de la gauche institutionnelle, qui voudra que tout s’arrête pour l’entrée en campagne électorale.
D’après un article de Ruben Quirante (Izar) à retrouver sur notre site
Sommaire du dossier du numéro 66 de Révolutionnaires
- La jeunesse et les travailleurs en lutte dans toute l’Europe
- Albanie : après près de six mois de « révolution des flamants roses », la Gen Z repart à l’assaut
- Élections en Serbie : Vučić est dégagé, et maintenant ?
- Allemagne : la Gen Z contre le militarisme
- Italie : « Si vous ne nous laissez pas rêver, nous ne vous laisserons pas dormir ! »
- Mouvement pour le logement, les salaires et contre les politiques de réarmement dans l’État espagnol
- Grèce — Le 21 octobre devrait marquer le début : brisons l’attente électorale par la lutte !
