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Destitution ? Cohabitation ? Quand la gauche parlementaire s’amuse

À contre-courant des Insoumis, Lucie Castets, candidate du Nouveau Front populaire à Matignon, a balayé d’un revers de main, sur BFMTV, le lancement d’une procédure de destitution contre Emmanuel Macron, proposition lancée par La France Insoumise si le président n’appelait pas Castets pour former le gouvernement. Elle a mis les points sur les i en précisant : « Mon sujet n’est pas la destitution, c’est la cohabitation. » Mais l’opposition entre elle et Mélenchon est plus sur la forme que sur le fond. Car l’une et l’autre appellent en fait à gouverner avec Macron si ce dernier accepte le résultat des élections législatives. Sur la même ligne le maire socialiste de Saint-Denis, Karim Bouamrane – dont le nom vient d’apparaître comme un nouveau candidat potentiel au poste de Premier ministre –, va encore plus loin en défendant le principe d’une « coalition » (avec sans doute une partie des macronistes et de la droite) derrière une personnalité de gauche à Matignon. Au passage il s’aligne sur Macron en affirmant que « personne n’a gagné » les législatives. En résumé, l’aventure du Nouveau Front populaire risque se terminer en eau de boudin ou plutôt en une cohabitation droite-gauche dont la Cinquième République a déjà fait plusieurs fois expérience. Car ces politiciens – de gauche, du centre ou de droite – sont, chacun à leur façon et avec leurs rhétoriques propres, les fidèles serviteurs de la bourgeoisie.