Le président de Djibouti, Ismaïl Omar Guelleh, a été réélu le 11 avril dernier pour un sixième mandat, avec 97,81 % des voix. Un score quasi identique à celui de la Présidentielle de 2021, dans le cadre d’une nouvelle mascarade électorale. Pour lui permettre de se représenter à 78 ans, la Constitution a été modifiée, supprimant la limite qui fixait à 75 ans l’âge légal de candidature. Le dictateur est à la tête de ce pays d’un peu plus d’un million d’habitants depuis 1999.
Petit pays, mais dont la position est stratégique : il borde le détroit de Bab-el-Mandeb, qui donne accès à la mer Rouge puis au canal de Suez. Dans cette ancienne colonie française se situent pas moins de cinq bases militaires de puissances impérialistes : France, États-Unis, Chine, Japon et Italie. Depuis que la France a connu d’importants revers au Sahel puis au Sénégal, la base de Djibouti est sa plus grande en Afrique, avec 1 500 soldats. En 2021, Macron s’était empressé de féliciter chaleureusement Ismaïl Omar Guelleh pour sa réélection. Nul doute qu’il en sera de même cette fois encore.
Les autorités françaises se vantent de leur partenariat stratégique de défense avec Djibouti, renouvelé en 2024, au moment même où le régime était mis en cause pour des bombardements contre sa propre population civile par hélicoptères et par drones. La Françafrique ne recule devant rien pour assurer ses arrières : les autorités françaises ont été jusqu’à entraver l’enquête concernant l’assassinat d’un magistrat français à Djibouti, le juge Borrel, qui impliquerait les plus hautes autorités djiboutiennes, voire Guelleh lui-même. En 2020, le tribunal judiciaire de Paris a condamné l’État français pour faute lourde, à savoir l’inhumation du juge sans autopsie et la destruction des scellés de l’affaire. Que le pays soit gouverné par la terreur est de peu de prix face à une stratégique « amitié franco-djiboutienne »…
11 avril 2026. Lydie Grimal