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Fibre Excellence : 350 licenciements brutaux aux pieds des montagnes

Samedi 31 janvier, plus de 2000 personnes ont marché dans les rues de Saint-Gaudens, ville de 12 000 habitants au sud de la Haute-Garonne, suite à l’annonce de la fermeture de la seule grosse usine de la ville. 350 emplois sont directement menacés, plusieurs milliers d’emplois induits (10 000 selon la CGT).

« Une usine qui ferme, c’est un territoire qui meurt »

L’annonce est tombée au retour des fêtes : l’usine va fermer mi-mars, ainsi que l’autre site du groupe à Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône où 250 personnes vont perdre leur emploi. Fibre Excellence fait pourtant vivre la région, des bûcherons qui permettent au bois d’arriver à l’usine, en passant par les transporteurs, les ouvriers qui transforment le bois en papier, puis l’acheminement vers les clients.

Les prétextes de la fermeture ? La hausse du prix du bois de trituration depuis 2021, la hausse des droits de douanes de Trump sur l’Amérique latine, qui ont entraîné une réorganisation de la filière du papier vers l’Europe ainsi que la baisse du prix de l’électricité produit par la biomasse, revendu par l’usine. Pour l’instant, les salariés demandent à ce que l’État fasse un geste sur le prix de l’électricité et la sécurisation de l’approvisionnement.

Pas de raison de se laisser crever !

Les salariés ont décidé de s’organiser : lorsque le directeur-général est venu sur l’usine pour parler avec les chefs et les représentants du personnel mercredi 28 janvier, sans daigner s’adresser à l’ensemble des salariés, ces derniers ont décidé de l’interpeler à la sortie jusqu’à qu’il leur parle. Un premier entraînement pour préparer la manifestation de samedi dernier, à laquelle ont participé de nombreux habitants et commerçants.

Les syndicats n’ont pas mis la grève à l’ordre du jour, pour le moment, afin, disent-ils, ne pas donner de prétexte à la direction de fermer l’usine plus tôt. Le prochain rendez-vous sera le 11 février : un rassemblement sur place pendant que des représentants des deux sites se rendent à Bercy.

L’urgence de la situation pousse salariés et syndicats à aller chercher un soutien de la part de l’État, en espérant que ce gouvernement puisse faire un geste pour sauver les emplois. Des alliés à aller chercher seraient aussi, et surtout, les salariés de toutes les entreprises menacées de licenciements, qui auraient bien raison de se solidariser des travailleurs de Fibre excellence !

Selma Timis