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Knafo : Xtrêmement réactionnaire

À Paris, la campagne municipale a vu surgir Sarah Knafo, se qualifiant de justesse au deuxième tour avec 10 % des voix, malgré une implantation locale très limitée. Une percée qui s’appuie sur une stratégie de saturation médiatique multi-plateformes : omniprésence sur les plateaux télévisés (inconnue totale, elle s’est vu offrir le 20 heures de TF1… alors même que l’extrême gauche n’a pas eu le moindre article !), relais répétés dans certains médias et diffusion massive sur les réseaux sociaux. Une stratégie du clash, à la Trump, pour pousser adversaires et médias à réagir. Sans compter l’instrumentalisation à outrance de la mort du néo-nazi lyonnais. Au final, cette visibilité, bien qu’artificielle, lui a permis de surfer sur une adhésion bien réelle de toute une frange ultra-réactionnaire de la bourgeoisie parisienne à ses idées nauséabondes et de s’imposer comme un « vote utile » à droite, précipitant le ralliement de cadres LR locaux.

Cette percée n’aurait pas eu lieu sans un soutien financier astronomique, ainsi que celui des médias et des réseaux sociaux, contrôlés par quelques milliardaires comme les Musk, Bolloré, Saadé ou Stérin, pour leurs propres intérêts. Exemple sidérant : après le rachat de Twitter par Elon Musk, l’algorithme avait été modifié pour promouvoir le compte de Musk, y compris auprès d’utilisateurs qui l’avaient pourtant bloqué. Pour Knafo, au-delà même du fait que l’extrême droite surfe sur des thèmes chocs que favorisent par essence les réseaux sociaux, le soutien actif de X est flagrant : plusieurs études d’experts – Arago, Algoratlas et Visibrain – montrent que ses publications sur X atteignent des niveaux de visibilité anormalement élevés, sans pareil avec son audience sur d’autres réseaux. Ses contenus y sur-performent sept à dix fois plus que des comptes de taille comparable. Résultat, des millions de vues pour un contenu forcé sur les utilisateurs.

Le soutien et la propulsion par le grand capital investi dans les médias et les réseaux sociaux ne suffit peut-être pas à expliquer toute l’audience électorale de l’extrême droite, mais c’est sûr, ça aide !

Alex Nivers