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Municipales 2026 — Résolution du CPN du NPA-R

Résolution du CPN des 11 et 12 avril 2026

Municipales 2026 : une présence du NPA-R riche de potentialités de construction, une extrême gauche qui reste stable, l’extrême droite et l’abstention qui marquent la situation

Pour la énième fois consécutive, cette consultation est marquée par une forte abstention : un peu plus de 42 % au second tour.

Et là où les maires se vantent d’avoir décroché le ticket dès le premier tour c’est souvent avec un nombre de voix très faible. À Gennevilliers, sur 50 000 habitants, il y a 25 000 inscrits, 11 500 votants et un peu plus de 7 000 voix pour le maire PCF à la tête d’une liste d’union de la gauche sans la FI.

Le « près de chez vous, proche de vous » ou encore le barrage au RN ne suffisent plus à convaincre face aux politiques de gestion du système et de clientélisme dont la gauche institutionnelle a usé et abusé.

Face à cela, l’extrême droite tire son épingle du jeu.

Le Rassemblement national dirige maintenant 57 communes de plus de 3 500 habitants, 48 de plus qu’en 2020. Il progresse également en nombre de sièges avec 3 121 conseillers municipaux, contre 827 obtenus lors des municipales de 2020. Au total, le RN a la main sur 63 mairies. Les autres formations d’extrême droite obtiennent 306 élus. Pas de coup d’éclat de l’extrême droite sur les grandes villes, mais un solide réseau de petites villes et autant de parrainages en réserve pour l’élection présidentielle de 2027.

Nos articles complets sur l’extrême droite aux municipales après le premier tour et après le second tour.

Ces scores entraînent immanquablement une surenchère sur l’immigration ou la sécurité, qui ne touche pas que la droite de la droite mais aussi la gauche institutionnelle. Du côté FI, le souverainisme et les éloges à Dassault, l’acceptation de la minute de silence pour le néo-nazi Quentin Deranque et l’illusion véhiculée d’un changement par les urnes l’éloigne de son aura de radicalité même si, à une échelle de masse, ce n’est pas encore ce qui transparaît, mais plutôt le soutien aux dénonciations du génocide et aux militantes et militants en butte à la répression d’État. Le rassemblement contre le racisme à Saint-Denis est emblématique : réaction populaire bienvenue face au climat raciste, il a été l’occasion d’un meeting LFI très « républicaniste » qui s’est conclu par la Marseillaise.

Nos articles sur la gauche après le premier tour et après le second tour.

Les scores de l’extrême gauche indépendante de la gauche institutionnelle

Avec 117 000 voix au premier tour des municipales, à peu près autant qu’en 2020 alors que la participation a un peu augmenté, l’extrême gauche reste un courant électoral marginal, loin des sommets électoraux des années 2000 (eux-mêmes assez relatifs puisqu’ils n’ont pas dépassé 10 %). LO et la LCR avaient occupé un espace politique de la gauche « radicale », dans le contexte ouvert par 1995 et parce que toute la gauche institutionnelle, PS dont Mélenchon à l’époque, PCF et Verts était réunie dans le gouvernement de Jospin et partageait son bilan anti-ouvrier. Cet espace est partiellement occupé par la FI (dont le principal objectif municipal a cependant été de reprendre des places occupées par le PCF). Celle-ci se présente comme « de rupture » et vierge du bilan des années Hollande, mais revendique aussi haut et fort sa politique institutionnelle et son nationalisme. Ces choix politiques se manifestent dans sa recherche d’alliances avec le reste de la gauche y compris le PS dès qu’il s’agit de gouverner des exécutifs de la bourgeoisie, que ce soit au second tour des municipales ou lors des législatives en 2024. Cette relation pourtant fusionnelle avec le PS n’est que peu perceptible pour la fraction de l’électorat qui sait gré à la FI de tenir bon sur le racisme ou la dénonciation du génocide à Gaza face à la hargne de la droite et du système médiatique. Le classement par Nuñez de la FI à l’extrême gauche fait partie de ce jeu politique de la droite et du macronisme qui vise à affaiblir durablement la gauche en promouvant un arc républicain à front renversé (tout sauf la FI) qui accompagne la dédiabolisation et l’institutionnalisation du RN.

L’extrême gauche, au vrai sens du terme, est néanmoins un courant qui persiste dans cette situation particulièrement adverse électoralement. Ses forces militantes sur le terrain se sont certainement affaiblies dans les vingt dernières années de disette électorale mais elles ne se sont pas effondrées. Et une partie de cet affaissement s’est fait par le ralliement de fractions d’organisations révolutionnaires à la gauche institutionnelle, en particulier à la FI.

Les organisations d’extrême gauche qui restent indépendantes politiquement et capables de se présenter à des élections comme les municipales sont au nombre de trois en plus de notre NPA-R : LO, le PT et RP. D’autres courants révolutionnaires ont fait le choix de se noyer dans la FI. Avoir un bilan un peu étoffé de leur choix à la lumière des municipales est un éclairage pour ouvrir la discussion sur les étapes vers le pôle des révolutionnaires.

Nos articles : ici, et encore .

La fraction du mouvement révolutionnaire qui se noie dans la FI

Feue la Gauche anticapitaliste (GA) et le Parti ouvrier indépendant (POI) sans aucune indépendance politique

Quelques figures associées à la GA (Gauche anticapitaliste, scission du NPA de 2011 qui a rejoint l’orbite de la FI) avaient déjà obtenu des succès électoraux en tant que candidats de la Nupes puis du NFP, comme Hendrik Davi, député des Bouches-du-Rhône. Ils sont aujourd’hui éparpillés entre la FI et « L’après », un petit mouvement qui revendique l’union de la gauche de la FI au PS.

Scénario proche au sein du courant lambertiste en 2015, où le ralliement à Mélenchon de la majorité des militants a mené à l’éclatement d’une des principales organisations de l’extrême gauche européenne. Depuis, le POI – qui a conservé l’essentiel de l’appareil lambertiste – mène une politique directement insoumise et défend mordicus LFI. Au point que peu d’électeurs connaissent l’identité politique des candidats POI de la FI. Par exemple, la candidate LFI de Toulon, Isaline Cornil, qui se présente comme « syndicaliste enseignante » membre de FO (caractéristique du POI) a défendu un « RIC local » et s’est affirmée en faveur d’une « police municipale de proximité non létale axée sur la tranquillité publique »1.

Gauche révolutionnaire (GR) et Parti communiste révolutionnaire (PCR) : tentatives d’auto-construction à l’ombre de LFI

Dès 2012, les plus importants groupes d’Angleterre et des États-Unis issus du trotskisme ou du capitalisme d’État, comme le SWP ou le SP britannique et Solidarity ou feue l’ISO américaines, vantaient les vertus de Mélenchon dans leur presse, plutôt que de soutenir l’extrême gauche.

La Gauche Révolutionnaire (GR) associée au CWI et au SP d’Angleterre s’est ralliée à Mélenchon depuis le début de l’année 2012 et n’apparait ainsi plus sous ses propres couleurs aux élections depuis bientôt 15 ans. Si elle vend un journal dont le contenu global est la défense des luttes et reste associée à une Internationale se réclamant du trotskisme, les campagnes électorales auxquelles la GR participe, voire anime, s’inscrivent dans les perspectives de LFI. En 2026, sa principale porte-parole, Leïla Messaoudi, mène la liste « Décidons Petit-Quevilly ! » essentiellement organisée autour de la défense des services publics associée à la perspective d’une « ville ouverte, solidaire et fraternelle » et étiquetée LFI. Dans le tract de la GR distribué à l’occasion de ces élections2, on peut trouver des formules présentant la FI comme « seule force menant la bataille politique contre le capitalisme » !

L’absence de perspectives autres que celles de la gauche mène à n’envisager que des ralliements à une gauche elle-même divisée… les alliances en deviennent alors biscornues et les groupes ralliés à la gauche parient différemment sur les chevaux en lice. Le PCR appelle à voter LFI partout tandis que la Riposte (venue du même courant) défend à l’inverse la citadelle du communisme municipal assiégé par LFI et le PS3.

NPA-L’anticapitaliste : disparition parmi les satellites de LFI qui réclament « l’union de la gauche »

Si le PCR prétendait œuvrer pour « l’indépendance de LFI » face au PS, le NPA-A, lui, a dénoncé le « sectarisme du PS »4. Dépendant des calculs des autres, le NPA-A n’a pas eu de politique autonome autre que l’appel à voter « massivement pour les listes de la gauche radicale » autour du mot d’ordre « reprenons les communes ». Parce que « nous » les aurions « prises » un jour ? À Moissac, le NPA-A a soutenu la liste « Fièr·e·s et Solidaires » (630 voix, 12 %) qui va de Place publique au PCF et n’inclut pas LFI tandis qu’à 20 kilomètres de là les militants du NPA-A ont rallié la liste « Montauban de Gauche, écologiste et citoyenne » qui se fait sans le PS et avec le PCF et LFI4 (1 998 voix, 8,5 %). En Bretagne, le NPA-A a revendiqué « l’initiative » de discussions débutées l’année passée débouchant sur la liste « L’Union pour Kemper » menée par LFI (2 569 voix, 10 % au premier tour). Tandis qu’à Montreuil, les militants du NPA-A se sont unis dès décembre à la liste « Vive Montreuil » du PCF6, en concurrence avec une liste LFI, obtenant un élu au premier tour. À Arles ou à Pau, le NPA-A a soutenu l’union de la gauche sans LFI tandis qu’à Toulouse c’est l’inverse. Et à Paris, le soutien à la liste LFI de Chikirou a été tempéré dans le 20e arrondissement par les liens avec Danielle Simmonet qui était sur les listes du PS…

À Bordeaux, Philippe Poutou a défendu une candidature indépendante soutenue par le NPA-A sur des axes très flous, par exemple pour « une politique municipale qui reposerait sur une autogestion populaire, un pouvoir entre les mains des habitants-es dans leurs quartiers. Entre utopie et espoir, nous sommes convaincus que l’avenir est entre nos luttes et nos résistances »7.

Puissante, volontaire, démocratique, fière, écologiste, populaire, citoyenne ou encore solidaire mais toutes « insoumises » ou « union de la gauche », aucune de ces listes n’a tenté d’exprimer d’une quelconque manière les intérêts de la classe ouvrière.

Les listes d’extrême gauche révolutionnaire indépendantes de la FI

NPA-R : une campagne de terrain réussie à notre échelle qui appelle des suites en termes de construction

Le NPA-Révolutionnaires était présent dans 22 communes à ces élections municipales : Paris, Lyon, Marseille, Strasbourg, Toulouse, Lille, Rouen, Nantes, Grenoble, Angers, Bagnolet, Bordeaux, Lormont, Cenon, Pessac, Caen, Gennevilliers, Ivry, Metz, Nanterre, Rennes, Saint-Étienne-du-Rouvray. Nos 29 listes, qui ont regroupé près de 1300 candidats, dénommées dans la très grande majorité « ouvrières et révolutionnaires », ont obtenu au total 18 500 voix au premier tour des élections municipales.

Nous avons également, à l’instar des autres listes révolutionnaires, subi un boycott quasi-total des médias dont la défense de façade de la pluralité des points de vue s’arrête, sans surprise, au fait de donner la parole à des listes qui assument un programme révolutionnaire et internationaliste. Sans compter les cinq millions de travailleurs et de travailleuses étrangers qui vivent, travaillent et payent des impôts ici… mais n’ont pas le droit de vote.

Pendant cette campagne militante, nous avons toqué à la porte et discuté avec des milliers de travailleurs et de jeunes, pour constituer nos listes « ouvrières et révolutionnaires » puis pour appeler à voter et faire voter pour elles. Nous n’avons pas à cette occasion défendu un programme électoral de gestion locale fait de mesures même « radicales »… comme si nos problèmes de travailleurs – des salaires, allocations et pensions trop bas jusqu’aux logements insalubres mais aussi l’escalade guerrière et militariste à l’œuvre – pouvaient se résoudre en gérant un conseil municipal dans l’océan capitaliste.

Nos listes ont cherché à lutter contre tout sentiment de résignation face à cette situation en mettant en avant des objectifs de lutte pour le monde du travail. Ceux-ci ne peuvent être atteints que par l’organisation des travailleurs et des populations pauvres afin de résoudre nous-mêmes nos propres problèmes dans la perspective communiste d’une société organisée en fonction de nos besoins à tous et toutes.

En additionnant nos voix à celles recueillies par les autres listes révolutionnaires (LO, RP, PT), c’est finalement plus de cent mille travailleurs et travailleuses, jeunes et retraités qui ont souhaité donner de la force aux combats qui se mènent chaque jour contre l’austérité, l’exploitation, la violence sociale, le racisme, les guerres, la destruction de la planète… C’est un encouragement pour toutes celles et ceux qui les mènent ! »

Tableaux des résultats (au format PDF)

Lutte ouvrière (LO)

LO a présenté des listes intitulées « Lutte ouvrière – le camp de travailleurs » dans 240 villes, ce qui représente plus de 10 000 personnes sur ces listes. Elles ont obtenu 74 500 voix et 24 élus dont 15 ouvriers ou employés. Plus particulièrement, là où la gauche n’existe plus et où la contestation du « pouvoir aux exploiteurs et aux fauteurs de guerre » a pu s’appuyer sur un militantisme quotidien, la ténacité des militants de LO a été reconnue par une frange du monde du travail. C’est par exemple le cas dans le Nord ou le Doubs : à Audincourt (16 %, 394 voix), à Bruay-sur-l’Escaut (8 %, 279 voix), à Fourmies (13 %, 483 voix), à Grand-Charmont (6 %, 94 voix), à Hérimoncourt (18 %, 137 voix) ou à Valentigney (8 %, 240 voix). Dans les métropoles, les scores de LO sont similaires aux nôtres.

Avant ces élections municipales, nous avions fait la proposition à LO de nous présenter ensemble. Pendant la campagne, nous avons continué à défendre l’idée que les organisations se réclamant du communisme révolutionnaire et voulant faire entendre les intérêts des travailleurs devraient chercher à intervenir ensemble dans les luttes mais aussi à apparaître rassemblées dans les élections. Dans les villes où une liste NPA-R côtoyait celle de LO, nos candidats ont d’ailleurs défendu ouvertement cette démarche.

Parti des travailleurs (PT)

Le PT revendique pour sa part 3 000 candidats et près de 60 listes. Elles ont obtenu 11 500 voix au total, ce qui correspond à des pourcentages encore plus faibles que le reste de l’extrême gauche dans le cadre de campagnes à l’économie sans toujours l’envoi de bulletins et de circulaires. Ils ont des élus à Mainvilliers (9 %, 206 voix) ou à Orthez (7 %, 337 voix) dans le cadre d’une liste intitulée « une mairie à l’offensive » ou encore à Bouffémont autour d’une liste « union pour la démocratie communale » (26 %, 594 voix).

De manière générale, les listes du PT ont mis essentiellement en avant les coupes dans les services publics, les budgets militaires mais aussi la défense des communes. Leur politique mêle confusément la défense de la « république » avec la défense des intérêts fondamentaux des travailleurs dont une opposition affichée aux guerres. Sur ce terrain, le PT a eu le mérite de prendre une initiative à laquelle nous avons été pour le moment les seuls avec l’UCL à répondre pour une manifestation à Paris, initiative que nous proposons à toutes les organisations opposées aux guerres impérialistes (https://npa-revolutionnaires.org/non-a-la-guerre-rassemblement-a-paris-le-17-avril/). Il s’agit d’élargir ce cadre à d’autres organisations, d’extrême gauche mais aussi au-delà, et de militer pour sa réussite.

Révolution Permanente (RP)

RP a présenté huit listes en propre (réunissant environ 350 candidats) et a soutenu, à Saint-Avold, une liste « ouvrière et solidaire » sans étiquette politique apparente, enregistrée comme « divers gauche » en préfecture (408 voix, 6,33 %). Les listes de RP ont obtenu au niveau national 12 000 voix, dont 2 564 voix (7,34 %) dans les 4 et 5e arrondissements de Marseille où Mathilde Lanté se présentait comme « militante féministe et révolutionnaire » qui « met son métier [d’avocate] au service des luttes sociales8 », 1 894 voix (7,13 %, deux élus) pour une autre « avocate au service des luttes », Elsa Marcel à Saint-Denis, et 1 913 voix (2,9 %) pour Ariane Anemoyannis, étudiante avocate dans le 13e arrondissement de Paris.

Malgré le fait que plus de la moitié des voix obtenues par RP l’ont été sur des listes menées par des avocates, le caractère de classe de leurs candidatures était affirmé sur les affiches comme sur les professions de foi avec toujours une référence au camp des travailleurs. En revanche, la bourgeoisie n’était pas l’ennemi désigné, avec des slogans comme « Reprendre Rennes aux politiciens professionnels » ou « Reprendre Marseille aux riches ». Si les listes RP se positionnaient explicitement en adversaire de la FI, elles tentaient en même temps de la concurrencer sur son propre terrain, en revendiquant « une gauche de combat » ou « une gauche qui lutte » et en déclinant un long catalogue de mesures plus ou moins locales comme le fait de réduire le temps de travail des agents municipaux « de 35 à 32 heures », de « désarmer la police municipale » (mais pas de la dissoudre ?) ou encore de proposer un jumelage avec une ville palestinienne. À Rennes, RP promettait même de plafonner les loyers à 6 euros du mètre carré, une mesure parmi les 32 autres du même genre que la liste a choisi de mettre en avant. Ces inventaires à la Prévert ne pouvaient que renforcer l’idée d’un programme électoral municipaliste, à l’opposé de la logique d’un programme de lutte, logique pourtant revendiquée par ailleurs par RP.

Cette logique municipaliste était renforcée par la place que RP a choisi de donner aux revendications dites « démocratiques » comme la « révocabilité des élus municipaux » ou leur rémunération « au salaire d’une infirmière ». Ces revendications, qui sont parfaitement justes en soi et issues de traditions du mouvement ouvrier depuis la Commune de Paris, peuvent, si elles sont agitées comme des totems et coupées d’un programme de luttes et de perspectives révolutionnaires, semer d’illusion d’une bonne gestion, surtout à l’échelle locale. Or c’est sous cet angle que se sont présentés les candidats devant les électeurs : « Votez Elsa Marcel, pour une élue de combat au conseil municipal »9. Cette absence de clarté sur le caractère de classe de la démocratie caractérise les discours de RP qui, comme le PT, appelle régulièrement à la démission de Macron et à la fin de la Ve République.

À Saint-Avold (Moselle), RP a soutenu une liste « ouvrière et solidaire » dans le cadre d’une « liste sans logos de partis ». Un conteur présent sur la liste revendique auprès de Mediapart : « On remet la lutte de classes dans les urnes »10. Le Républicain Lorrain décrit « une liste de gauche »11 et la seconde de liste est une ancienne candidate de LFI aux législatives (sans mention d’une rupture avec LFI)12. Ce genre de tactique évoque la dernière expérience municipale de RP et le zèle autour de la liste « Bordeaux en lutte » qui avait associé LFI, Philippe Poutou et RP en 2020.

L’autosatisfaction bruyante de RP qui prétend que sa propre « percée » est « le fait nouveau »13 des élections municipales est une nouvelle démonstration du bluff tapageur que ce courant est prêt à déployer. Peu importe à ces camarades qu’ils aient moins de voix, moins de listes et moins de candidats que les autres organisations d’extrême gauche en lice, ils se déclarent vainqueurs !

Et vainqueurs de quoi ? De leurs camarades révolutionnaires qu’ils présentent exclusivement comme des concurrents : « Partout où les électeurs ont eu à choisir entre une liste RP et des listes LO, NPA-R ou PT, celle de RP est arrivée largement en tête, parfois réunissant même plus de voix que toutes les autres réunies »14. RP a concentré ses forces dans un nombre réduit de campagnes quand d’autres ont choisi de se déployer un peu ou beaucoup plus. C’est le nombre de voix au total et le nombre de candidats mobilisés (un milieu qui dépasse largement les militants des organisations d’extrême gauche) qui montre une influence sur des milieux variés, dans des endroits diversifiés, qui pourront s’activer dans de futures luttes voire se coordonner dans le cadre d’un mouvement d’ensemble.

RP a cette logique de concurrence de boutique tellement chevillée au corps qu’elle a interprété le fait que nous ayons présenté les résultats du NPA-R accompagnés du total des voix d’extrême gauche (voir tableau de nos résultats plus haut) comme une manœuvre visant à « masquer la réalité »15 de « nos scores très faibles » (appréciation de RP). Nous n’avons masqué aucune réalité mais dit et répété durant la campagne que nous additionnerions les voix de toutes les listes d’extrême gauche indépendantes, façon d’illustrer notre démarche pour un pôle des révolutionnaires !

Comment RP parvient-elle à se donner le beau rôle malgré ce sectarisme ? En inventant d’« avoir entamé sans succès une démarche pour des listes communes auprès de Lutte ouvrière et du NPA-Révolutionnaires ». RP n’a certainement pas « entamé » une seule démarche dans ce sens en notre direction, ni avant d’avoir annoncé ses listes en novembre dernier, ni après. L’annonce de leurs candidatures marquait une rupture avec leur stratégie précédente puisque RP ne s’était pas présenté aux Européennes en 2024 et n’avait présenté qu’une seule liste aux législatives, soigneusement calibrée pour ne pas être opposée à la FI. La démarche d’indépendance électorale qu’ils ont inaugurée aux municipales de cette année, et que, encore une fois et malgré toutes ses limites, nous considérons comme positive, tranche avec leurs choix précédents et aurait certainement mérité une discussion entre révolutionnaires. Mais RP n’a pas fait la moindre « démarche pour des listes communes », seulement des déclarations après coup qui lui permettent d’afficher une volonté unitaire – encore un bluff.

Et maintenant, quels pas vers le pôle des révolutionnaires ?

Notre démarche pour un pôle des révolutionnaires ne peut pas rester abstraite et incantatoire. Elle doit tenir compte de l’existence et des choix politiques des organisations d’extrême gauche.

Nous privilégions nos rapports avec LO pour trois raisons : leur choix prioritaire d’implantation dans le monde du travail et la défense du « camp des travailleurs », le fait d’assumer ce profil à l’occasion des élections, le positionnement d’indépendance politique totale vis-à-vis de la gauche institutionnelle et l’honnêteté politique qui caractérise nos rapports ainsi que la clarté de l’expression de nos désaccords qui ne sont pas masqués même si les échanges lors de débats sont parfois âpres et pas toujours constructifs.

Nous devons creuser le sillon que nous avons entamé de relations avec LO qui, si elles débouchaient sur des initiatives ou campagnes communes, pourraient entraîner à terme le reste de l’extrême gauche.

Par ailleurs, nous saisissons les occasions crédibles de faire apparaître et agir ce pôle des révolutionnaires dans la situation, que ce soit dans les luttes des travailleurs et de la jeunesse contre les coupes budgétaires et le militarisme, dans les luttes pour les salaires pour ne pas payer le prix à la pompe de la sale guerre impérialiste ou dans les actions et protestations indispensables contre ces guerres impérialistes qui se multiplient.

Résolution du CPN du NPA-R des 11 et 12 avril 2026

 

 


 

 

1  https://www.info83.fr/isaline-cornil-municipales-toulon-2026/

2  https://www.gaucherevolutionnaire.fr/municipales-2026-pour-des-elus-combatifs-au-service-des-travailleurs-et-de-la-population/

3  https://www.lariposte.org/2026/01/elections-municipales-de-2026-le-pcf-en-ordre-disperse/

4  https://lanticapitaliste.org/actualite/politique/le-15-mars-renforcer-la-gauche-de-combat-construire-un-front-antifasciste

5  https://lanticapitaliste.org/agir/politique/deux-meetings-marquants-moissac-et-montauban

6  https://lanticapitaliste.org/agir/politique/kemper-une-liste-solidaire-et-populaire

7  https://rouge-bordeaux-anticapitaliste.fr/

8  https://mathildelante.municipales-rp.fr/

9  https://x.com/AnasseKazib/status/2029263793138659739/photo/1

10  https://www.mediapart.fr/journal/politique/150226/saint-avold-une-candidature-ouvriere-peut-elle-faire-reculer-le-rn

11  https://www.republicain-lorrain.fr/elections/2025/11/05/une-liste-profondement-anticapitaliste-christian-porta-annonce-sa-candidature-aux-municipales-de-saint-avold

12  https://www.instagram.com/p/DUTd8OKiNSB/?img_index=3

13  https://www.revolutionpermanente.fr/Revolution-Permanente-l-extreme-gauche-et-les-elections-municipales

14  Voir note 13

15  Voir note 13