Voilà le mot d’ordre porté par le comité des travailleurs de l’atelier de maintenance des équipements (AME) de Vaugirard (Paris 15e), en grève depuis mardi 7 avril.
Un comité où les travailleurs s’organisent en assemblées générales hebdomadaires depuis fin février et quotidiennes depuis mardi 7 avril.
Chaque matin, les grévistes tiennent le piquet devant leur atelier pour convaincre leurs collègues de les rejoindre. Discussions, échanges, arguments, tout est mis en œuvre pour montrer que la grève n’est pas seulement possible, mais nécessaire pour faire plier la direction. L’AME de Vaugirard assure la révision et la réparation d’éléments essentiels tels que les freins, compresseurs, moteurs, ainsi que les systèmes électroniques et hydrauliques. Autrement dit, une partie centrale du fonctionnement technique des trains repose directement sur leur travail.
Ainsi, ils revendiquent 50 points d’augmentation, soit 327 euros brut par mois pour tous, une exigence minimale jugée nécessaire face à la hausse du coût de la vie, notamment du pétrole qui augmente en raison, entre autres, des guerres impérialistes. La force des grévistes et leur expression, c’est le comité de grève, une organisation de lutte basée sur la démocratie directe et la solidarité où chacun peut prendre la parole, proposer, décider. Ici, pas de confiscation de la lutte : les travailleurs décident eux-mêmes de leur combat.
Sans étiquette syndicale propre, mais avec le soutien de la CGT, ce comité impose un fonctionnement démocratique jusque dans les discussions avec la direction. Lors de la rencontre du 10 avril, les tours de parole ont été organisés par un président de séance désigné par les grévistes sous le regard passablement étonné du directeur et de ses acolytes, qui se sont pliés aux règles de tour de parole imposées par les grévistes. Cette séquence inédite illustre la volonté claire de ne pas laisser la direction dicter les règles de la négociation.
La conscience que la lutte ne peut gagner que si elle ne reste pas isolée s’est développée au cours du mouvement. Les grévistes ont fait des visites dans les différents ateliers pour motiver les collègues à rejoindre la lutte et leur grève commence à être connue.
Bien sûr, la lutte pour les points, et derrière pour les salaires, concerne l’ensemble des travailleurs et travailleuses de la RATP, du transport et de toute la classe ouvrière. Si les ateliers se lançaient dans un mouvement ils pourraient devenir les fers de lance d’une riposte plus générale.
La conviction des grévistes est simple : la force des travailleurs, c’est la grève. À l’heure où nous écrivons ces lignes, l’activité consciente des grévistes rend son extension possible.
Correspondant
