Nos vies valent plus que leurs profits

Palestine

Israël a rouvert le passage de Rafah entre l’Égypte et Gaza mais dans des conditions drastiques : 50 personnes et six heures d’ouverture par jour. Pour l’instant, pas question de laisser passer l’aide humanitaire internationale. Il est probable que parmi les 22 000 blessés et malades gazaouis qui ont besoin d’une évacuation d’urgence, un grand nombre mourront avant d’avoir pu passer le poste-frontière et aller se faire soigner à l’étranger. L’humanisme sioniste a ses limites…

Le samedi 31 janvier a été particulièrement meurtrier dans le territoire palestinien. L’armée israélienne a bombardé les villes de Gaza, Khan Yunes et Rafah tuant au moins 32 personnes (dont six enfants) et en blessant plusieurs dizaines d’autres. Officiellement, et comme d’habitude, elle visait des « terroristes », mais pour l’occupant sioniste tout Palestinien est un terroriste en puissance. Depuis l’entrée en vigueur du bien mal nommé cessez-le-feu le 10 octobre dernier plus de 500 Palestiniens, dont une majorité écrasante de civils et 136 enfants, ont été assassinés par Israël.

Deux journalistes du quotidien israélien Haaretz, Yazniv Kubovich et Nir Hasson, ont obtenu confirmation auprès de l’armée que cette dernière avait fait plus de 71 000 victimes directes dans le territoire palestinien, non compris les dizaines de milliers de morts enfouis sous les décombres et les décès causés par la famine, l’absence de médicaments ou de matériel médical. Jusqu’à présent des chiffres similaires avaient été avancés par le ministère gazaoui de la Santé et les agences de l’ONU, mais disqualifiés par le gouvernement Netanyahou comme simple « propagande du Hamas ». Selon des experts internationaux, le nombre total des victimes, toutes causes confondues, devrait avoisiner les 200 000. Et chaque jour le massacre continue.

Sari Bashi, la directrice du Comité public contre la torture en Israël, a dénoncé les arrestations que la puissance occupante poursuit dans la bande de Gaza malgré le cessez-le-feu mais aussi les conditions de détention de tous les détenus. Elle alerte également sur la volonté du régime israélien de mettre en place la peine de mort pour les Palestiniens. Les prisonniers sont soumis à des viols, des violences physiques et morales et des tortures qui entrainent parfois la mort. En outre ils souffrent de conditions de détention déplorables et d’une nourriture insuffisante. Selon les chiffres officiels (sans doute sous-estimés) du Service pénitentiaire israélien près de 11 000 détenus palestiniens sont classés comme « prisonniers de sécurité ». Parmi eux, plus de 3 500 sont catalogués « détenus administratifs », c’est-à-dire qu’ils sont emprisonnés sans procès, ni jugement. Il faut ajouter quatre centres de détention gérés par l’armée, qui se refuse de fournir des données sur le nombre de prisonniers. Des constatations confirmées par une autre ONG israélienne de défense des droits de l’homme, B’Tselem, qui a intitulé son dernier rapport : « Bienvenue en enfer ». On comprend pourquoi.

Treize organisations de soutien à la Palestine et de défense des droits démocratiques appellent à se rassembler lundi 26 janvier devant l’Assemblée nationale pour dire non au projet de loi de la députée Caroline Yadan qui – sous prétexte de lutte contre l’antisémitisme – vise à museler toute critique de l’État d’Israël et à criminaliser le soutien au peuple palestinien assimilé à une apologie du terrorisme. En commission des Lois, le projet a été adopté par 18 voix contre 16 grâce à l’abstention… du Parti socialiste. Au sein de cette formation, des gens comme François Hollande ont même apporté leur soutien à ce texte. Le rassemblement devrait coïncider avec la discussion du texte en séance plénière.

Rassemblement à partir de 12 heures 30 au métro Invalides (lignes 8, 13 et RER C). Les manifestants se relaieront jusqu’à 22 heures.

Donald Trump a signé à Davos (Suisse) la charte fondatrice de son fameux « Conseil de paix », en présence d’une vingtaine de chefs d’États et de gouvernements ayant accepté l’invitation à rejoindre cet organisme. Un grand absent cependant : le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou qui avait un des premiers à soutenir l’initiative trumpiste. Et pour cause. Son absence fait suite à l’annonce de la Suisse, qui se dit juridiquement tenue de coopérer avec la Cour pénale internationale et de valider le mandat d’arrêt émis à son encontre pour crimes de guerre commis à Gaza. Netanyahou a préféré ne pas prendre de risque et rester chez lui. L’exemple suisse est d’autant plus frappant que d’autres États qui reconnaissent la CPI ont fait savoir au cours des mois qu’ils n’appliqueraient pas ce mandat d’arrêt. Parmi ces derniers la Hongrie, l’Allemagne… et la France qui a laissé à plusieurs reprises Netanyahou survoler son espace aérien en toute impunité. Le respect du droit international par Macron et d’autres est à géométrie variable.