Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

La ville de Gabès, dans le sud tunisien, a été paralysée mardi par une grève générale, lancée par l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT) et diverses autres associations professionnelles pour réclamer le démantèlement d’une usine vieillissante d’engrais, du Groupe chimique tunisien, qui serait impliquée dans plus de 200 cas d’intoxications, particulièrement d’enfants, survenus depuis début septembre. Cela fait maintenant deux semaines que les mouvements de protestation ébranlent cette ville de 400 000 habitants. « La ville est paralysée, tout est fermé à Gabès. Nous sommes tous en colère contre la situation environnementale catastrophique dans notre ville sinistrée », souligne Saoussen Nouisser, une responsable régionale de l’UGTT. Et de poursuivre : « La grève se veut une réponse aux promesses non tenues du pouvoir qui ne fait rien pour sauver la ville »… mais tout pour épargner les profits des patrons pollueurs.

l’organe public de surveillance, l’Ibama, s’était farouchement opposé à une telle prospection dans une zone marine jugée particulièrement fragile. Mais Lula l’a obligé de changer de position et de donner son accord. « Cette autorisation est un sabotage de la COP », a réagi l’Observatoire du climat, un collectif d’ONG, qui a annoncé son intention d’« aller en justice pour dénoncer les illégalités et les défauts techniques du processus de délivrance de licence, qui pourraient faire en sorte qu’il soit annulé ». Quoi qu’il en soit, l’affaire illustre, une fois de plus, le fossé entre les discours écolos des dirigeants politiques et leurs actes.

Dans le budget 2026, le gouvernement envisage de passer de 14 à 18 ans l’âge de revalorisation des allocations familiales versées à partir du deuxième enfant. À l’heure actuelle, la majoration des allocations familiales, qui intervient aujourd’hui à partir des 14 ans du deuxième enfant, permet en fonction des revenus du foyer, une aide de 18,88 euros à 75,53 euros mensuels. C’est cette aide qui devrait être supprimée permettant à l’État de diminuer les montants des allocations familles de 200 millions d’euros dès l’an prochain. Au détriment bien sûr des familles nombreuses.

Encore des drames évités de justesse. Près de 185 migrants ont été secourus au large des côtes du Pas-de-Calais par le centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage de Gris-Nez. 81 se trouvaient en difficulté en baie de Somme et 80 autres ont demandé de l’aide après une avarie moteur au large d’Équihen-Plage. Une vingtaine de plus se trouvaient à bord d’embarcations signalées en danger mais certaines ont refusé l’aide et ont poursuivi, coûte que coûte, leur route vers le Royaume-Uni. Pour cette fois il n’y a pas eu de morts à déplorer, mais les migrations continuent malgré les mesures répressives prises par Londres et Paris. Solidarité avec les migrants, droit de libre circulation et d’installation pour tous et toutes !

La fortune de Bernard Arnault, l’homme le plus riche du pays, est passée de 176 à 192 milliards d’euros en une seule journée, dopée par le bond de plus de 12 % de l’action du groupe de luxe LVMH à la Bourse. Il a donc gagné 16 milliards d’un coup sans lever le petit doigt. La nouvelle est tombée en pleine discussion budgétaire alors que le gouvernement se refuse à taxer « l’outil de travail » des super-riches, c’est-à-dire notamment les actions boursières. La gauche, elle, est prête à appliquer la taxe Zucman et à les taxer à… 2 %. Alors que le problème de fond est d’exproprier ces profiteurs et de confisquer leurs fortunes bâties sur la sueur et le sang des exploités.

Le garde des sceaux, Gérald Darmanin, a annoncé urbi et orbi qu’il rendrait visite à Sarkozy en prison « pour se rendre compte de ses conditions de sécurité ». Et d’affirmer, avec un certain culot, que ces visites sont « habituelles ». Darmanin, qui se moque comme d’une guigne de son fameux « devoir de réserve », a trouvé ce moyen d’affirmer sa pleine solidarité avec l’ancien président de la République dont il fut le porte-parole de campagne en 2014. Leurs liens depuis sont restés intacts, en témoigne la visite, dans le plus grand secret, de Darmanin à Sarkozy, quelques jours seulement après sa condamnation. Pour ne rien dire de la visite de Sarkozy à l’Élysée à la veille du week-end. Bref que ce dernier soit un délinquant multi-récidiviste n’empêche nullement le ministre de la Justice et Macron de lui manifester leur pleine solidarité de classe.

La ministre de la Culture, Rachida Dati, fait partie des six membres des Républicains à avoir passé outre la consigne de non-participation au gouvernement Lecornu décidée par son parti et qui risquent donc d’être exclus, selon Othman Nasrou, le secrétaire général de cette formation. Mais interrogé par Sud Radio pour savoir si, dans ces conditions, Les Républicains ne soutiendraient pas Dati comme candidate à la mairie de Paris l’an prochain, Nasrou, après un temps d’hésitation, a expliqué que « cela n’avait rien à voir ». Pas vraiment un argument, plutôt une attitude qui prouve que la droite ne sait plus sur quel pied danser. Mais, bien que désunis, voire opposés, en raison de leur gestion de carrière, ils sont bien d’accord sur ce qui leur est fondamental : s’attaquer aux travailleurs et protéger les riches.

Les retraites complémentaires des ex-salariés du privé ne seront pas revalorisées au 1er novembre et donc gelées pour l’année 2026, « faute d’accord » entre les syndicats et le patronat qui gèrent le régime de l’Agirc-Arrco. Les syndicats proposaient une modeste augmentation de 1 % en phase avec l’inflation mais les parons ont vigoureusement refusé proposant un ridicule 0,2 %. Après la décision de Lecornu d’une année blanche pour l’ensemble des pensions et prestations sociales, le patronat en rajoute une couche en gelant les complémentaires. Encore un mauvais coup contre les retraités.

Environ sept millions de personnes ont participé samedi 18 octobre à des nombreuses manifestations pour protester contre la politique de Donald Trump, en particulier la chasse aux migrants, les licenciements massifs dans l’administration, les atteintes aux droits humains, les tentatives de museler la presse, etc. Sous le slogan « No Kings » (« Pas de rois ») les 2 700 rassemblements, qui avaient reçu le soutien de plus de 200 organisations nationales (ONG, syndicats, associations culturelles et communautaires) et de milliers de groupes locaux, ont eu lieu dans tout le pays, de New York à San Francisco, en passant par Chicago, Atlanta et même près de la résidence privée de Trump à Mar-a-Lago, en Floride. Cette journée de protestation fait suite à une première mobilisation en juin 2025, qui avait rassemblé plus de cinq millions de personnes lors de 2 000 rassemblements dans tous les États. Elle montre le ras-le-bol d’une fraction croissante de la population à l’égard du locataire de la Maison-Blanche, ras-le-bol que les démocrates espèrent capitaliser pour les prochaines élections de mi-mandat. Mais il faudra plus que de simples manifestations de rue pour se débarrasser du trumpisme.