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Brèves

L’actualité en bref

L’association de défense des consommateurs UFC-Que Choisir met en garde contre la consommation excessive de chocolat qui contient « une quantité non négligeable » de cadmium, un métal lourd aux effets nocifs pour la santé. Ce métal s’accumule dans l’organisme et expose à un risque accru de pathologies cardiovasculaires et de cancer. Et ce cri d’alarme n’est pas isolé. Début juin, des médecins libéraux avaient déjà alerté sur la contamination massive – principalement des enfants et des femmes – au cadmium via des engrais phosphatés utilisés en agriculture, qui se retrouve notamment dans d’autres produits comme les céréales du petit déjeuner, le pain et les pommes de terre. Malbouffe partout, santé nulle part. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail a promis, de son côté, de publier en fin d’année ses travaux en cours visant à évaluer l’exposition humaine au cadmium, afin de définir « des leviers d’action pour réduire l’imprégnation de la population ». D’ici là on n’a plus qu’à croiser les doigts.

Une manifestation en soutien à la centrale syndicale Union générale tunisienne du travail (UGTT) a réuni 3 500 personnes dans la capitale alors que le président Kaïs Saïed, qui s’est octroyé les pleins pouvoirs depuis un coup de force à l’été 2021, multiplie les attaques contre les militants syndicalistes. Le 7 août, ses partisans avaient tenté de prendre d’assaut le siège de l’UGTT avec le plein soutien du chef de l’État. Plusieurs ONG ont soutenu le rassemblement de protestation dont la Ligue tunisienne des droits de l’homme et le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT). « Nous sommes là par solidarité avec le travail syndical et pour exprimer notre refus de l’intimidation de toute force d’opposition par le pouvoir », a expliqué Zied Dabbar, le président du SNJT. De son côté, l’ONG Human Rights Watch a accusé les autorités d’« avoir dans leur viseur les forces syndicales, l’un des derniers piliers démocratiques en Tunisie », après l’arrestation, depuis 2022, de dizaines d’opposants, avocats, journalistes et militants de la société civile.

Alors que l’offensive contre Gaza-ville, qui va remobiliser plus de 60 000 réservistes supplémentaires, est engagée, la radio de l’armée israélienne a annoncé chercher à recruter des soldats à l’étranger (notamment aux États-Unis et en France) pour combler 12 000 postes manquants. La guerre de Gaza – qui dure depuis bientôt 23 mois – est le plus long conflit de l’histoire du pays. Près de 900 militaires israéliens y ont trouvé la mort, 18 500 ont été blessés ou souffrent de stress post-traumatique et une cinquantaine d’entre eux se sont suicidés. À cela il faut ajouter les 14 600 hommes et femmes qui ont refusé de répondre à l’appel à la conscription et sont donc considérés comme déserteurs. Dans certaines unités, près de la moitié des réservistes se sont fait porter pâle. Tout cela, couplé aux imposantes manifestations contre la guerre qui ont eu lieu le week-end dernier – notamment à Tel Aviv – montre qu’une fraction croissante de la population ne croit plus la propagande officielle selon laquelle cette guerre, qui a tué plus de 60 000 Palestiniens, est nécessaire à la défense du pays. Mais de là à se débarrasser de Netanyahou et de sa clique, il y a un pas qui reste à franchir.

Selon une analyse des données publiées par le Système européen d’information sur les feux de forêt, les incendies ont déjà ravagé plus d’un million d’hectares dans l’Union européenne depuis janvier 2025, une superficie record depuis l’établissement de ces statistiques en 2006. Ce chiffre dépasse largement le record annuel datant de 2017 qui s’établissait à un peu moins d’un million d’hectares pour l’ensemble de l’année. À ce jour, quatre pays de l’Union européenne – l’Espagne, Chypre, l’Allemagne et la Slovaquie – ont déjà dépassé leur record annuel en vingt ans de données existantes. Et le Portugal, dont le record absolu de 563 530 hectares brûlés en 2017 tient toujours, n’avait jamais atteint une telle superficie brûlée à la date du 21 août. La planète brûle, le réchauffement climatique est hors de contrôle et les leaders politiques ne font que blablater sur le climat.

La Grande-Bretagne a connu un record historique de demandes d’asile, avec un total de 111 084 personnes ayant déposé une demande sur une période de douze mois allant de juin 2024 à juin 2025. Ce chiffre, en hausse de 14 % par rapport à l’année précédente, constitue le plus élevé depuis le début des relevés en 2001. Les réfugiés proviennent principalement du Pakistan, puis d’Afghanistan, d’Iran et d’Érythrée. Environ 40 % d’entre eux sont arrivés après avoir traversé la Manche à bord de petits bateaux, souvent au péril de leur vie. La droite et l’extrême droite se sont emparées de ces chiffres pour accuser le gouvernement travailliste de ne pas avoir tenu sa promesse de réduire l’immigration et de « contrôler les frontières ». Pure démagogie. Depuis son arrivée au pouvoir, le Premier ministre, Keir Starmer, a mis en place une féroce politique anti-migrants… qui n’empêche pas ces derniers de continuer d’arriver en prenant tous les risques. Car, à l’échelle mondiale, ces migrations – dues tout à la fois aux guerres, aux crises politiques, au dérèglement climatique, etc. – sont de plus en plus massives et augmenteront sans doute encore à l’avenir, quelles que soient les législations répressives adoptées par les États. La seule solution : ouvrir les frontières et accueillir à bras ouverts ces femmes et des hommes à la recherche d’une vie meilleure.

Kneecap, un groupe de rap originaire de Belfast, doit se produire le 24 août au festival Rock en Seine. Mais des appels se multiplient pour qu’il soit interdit de scène. Pourquoi ? Parce que les trois musiciens qui l’animent (Mo Chara, Moglai Bap et DJ Provai) n’ont jamais caché leur soutien aux Palestiniens et leur opposition à la guerre de Gaza. Cela a suffi à la macroniste Caroline Yadan, députée représentant les Français de l’étranger (dont ceux d’Israël), bientôt rejointe par l’ultra-sioniste Conseil représentatif des institutions juives de France pour demander sa déprogrammation. De son côté la municipalité de Saint-Cloud a décidé de suspendre sa subvention au festival du fait de la présence de ce groupe. Quant au ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, il s’est dit « très attentif » à la question. Tout est bon pour tenter de faire taire celles et ceux qui se tiennent au côté du peuple palestinien contre ses bourreaux.

Saisi par le préfet, alerté lui-même par le député local Rassemblement national, le tribunal administratif de Lille a ordonné au maire communiste de la commune, Jean Létoquart, de retirer de la façade de la mairie une banderole qui affirmait « cessez le feu à Gaza » et « stop aux massacres à Gaza ». En réaction, le premier magistrat communal, accompagné de 400 personnes – dont des militants du PCF, de la CGT, de Solidaires, de la FSU, de la Ligue des droits de l’homme ou de l’Association France Palestine solidarité, a accroché la banderole au rond-point de la Paix, à l’entrée de l’agglomération, accompagnée d’une citation de Jacques Prévert : « Quelle connerie la guerre ! » On ne fera pas taire les voix de soutien au peuple palestinien.

Interpellés le 4 août dernier dans un camp de fortune installé sous le métro aérien à La Chapelle, deux jeunes Afghans ont été placés en détention au commissariat local du 18e arrondissement. Là, ils affirment avoir été passés à tabac notamment à coup de pieds, de poings, de coups avec des ceintures, et avoir subi de violences avec des objets comme des poubelles, humiliés et insultés après que leurs tentes et leurs affaires personnelles aient été détruites. Leur avocat a également évoqué des actes de torture, tels que l’enfoncement de stylos dans leurs oreilles et l’utilisation d’une serpillière pour leur faire éponger leur sang ou la mettre dans la bouche. La police des polices a ouvert une enquête. Mais d’ici que les flics cogneurs soient poursuivis…

Philippe Court, le préfet du département, vient de porter plainte contre Aurélien Taché, député de la France Insoumise, élu depuis 2017. Il reproche au parlementaire d’avoir affirmé dans un tweet que « La police tue partout. Dans le Val-d’Oise où je suis élu, comme dans les Deux-Sèvres où j’ai grandi », réagissant à l’organisation d’une marche blanche le 19 septembre à Augé (Deux-Sèvres) pour rendre hommage à Gabriel Bée, un homme de 33 ans tué par un gendarme au mois de mai pour tapage nocturne. Le préfet a aussitôt reçu le soutien de Bruno Retailleau, le ministre de l’Intérieur, qui a appelé à soutenir les forces de l’ordre. Selon les chiffres compilés par le média indépendant Basta, 747 personnes dont été tuées par la police et la gendarmerie entre 1977 et 2020, soit une moyenne annuelle d’environ 17 morts par an. À cela il faut en ajouter 44 autres abattues en 2021 et 2022, et 55 en 2024, un record depuis 57 ans. Un nombre qui ne cesse d’augmenter. Pour une police qui ne tue pas, cela commence à faire beaucoup.