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Brèves

L’actualité en bref

Mercredi 24, les conducteurs de trains de la gare de Lyon-Perrache se sont mis en grève pour réclamer des effectifs supplémentaires et une amélioration de leurs journées de service. Une majorité d’agents sur les 40 % s’étant déclarés grévistes se sont réunis en assemblée générale pour discuter de leurs revendications et décider de la suite du mouvement. Bien que la grève n’ait pas été reconduite au lendemain, les grévistes ont appelé à une nouvelle journée de grève et à une AG le 2 octobre. Cette date coïncide avec la prochaine journée interprofessionnelle appelée par l’intersyndicale, l’occasion de lier leur lutte à celles de l’ensemble des travailleurs : effectifs, conditions de travail, salaires, pour imposer nos revendications, c’est tous et toutes ensemble qu’il faudra se battre !

À l’occasion de la sortie du film Muganga : celui qui soigne, qui lui est consacré, le docteur Denis Mukwege a accordé une interview au journal en ligne Le Huffpost où il évoque les violences sexuelles que subissent des milliers de femmes en République démocratique du Congo. Ce long-métrage retrace la rencontre et la collaboration de ce médecin congolais avec Guy Cadière, un chirurgien belge. Ce dernier va venir appuyer le gynécologue qui soigne depuis plus de vingt ans – au péril de sa vie – des femmes violées dans le cadre de la guerre qui ravage le pays. Les deux médecins aident les femmes à se reconstruire, aussi bien physiquement que psychologiquement. Le Dr Mukwege explique : « Lorsqu’on dit que le viol est une arme de guerre, c’est parce qu’il produit les mêmes conséquences que les armes classiques. » Car cet acte a un but bien précis : faire fuir les populations et s’emparer de leurs terres, riches en minéraux rares, le pays abritant notamment 80 % des réserves mondiales de tantale utilisé dans la fabrication des smartphones. Des viols souvent commis devant les familles, les enfants et les maris, pour ôter à ces derniers l’envie de se battre. Et de conclure : « On parle juste des femmes ici, mais ce conflit a déjà fait six millions de morts. Le monde est silencieux, mais c’est le conflit le plus meurtrier après la Seconde Guerre mondiale. » Et pas grand monde en parle…

Les militants de la flottille humanitaire en route pour la bande de Gaza ont été visés à nouveau dans la nuit du 23 au 24 septembre par 15 à 16 drones alors que leurs bateaux se trouvaient au large de la Crête. Les engins ont provoqué des explosions et cinq embarcations ont été touchés. Les dirigeants de la Global Sumud Flotilla ont dénoncé dans un communiqué « de multiples drones, des objets non identifiés largués, des communications brouillées et des explosions entendues depuis plusieurs bateaux » avant de conclure : « Nous sommes actuellement témoins directs de ces opérations psychologiques, mais nous ne nous laisserons pas intimider. » Partie en début de mois de Barcelone, la flottille avait déjà fait l’objet de deux attaques de drones alors qu’elle était à l’ancre devant Tunis. Ses responsables ont accusé Israël d’être derrière ces agressions. Composée de 51 bateaux, la flottille revendique la participation de militants pro-palestiniens de 45 pays. Elle veut tenter de forcer le blocus qu’Israël impose à Gaza depuis 2007.

Le jury des Sky Arts Awards a décidé d’attribuer son prix 2025 de littérature à l’écrivaine irlandaise Sally Rooney pour son livre Intermezzo. C’est son éditeur qui a reçu le prix à sa place car la romancière avait été interdite d’entrée au Royaume-Uni pour son soutien affiché à l’association Palestine Action, dissoute pour « terrorisme ». Tout en récompensant l’ouvrage pour ses qualités propres, les jurés ont voulu aussi manifester leur solidarité avec Sally Rooney, poursuivie pour avoir osé afficher ses opinions en faveur des Gazaouis. Car outre-Manche aussi, le soutien à la Palestine est criminalisé.

Les ONG Public Eye et Unearthed viennent de publier un rapport révélant que l’Union européenne a exporté en 2024 près de 122 000 tonnes de 75 pesticides interdits sur son territoire, soit une hausse de 50 % par rapport à 2018. Les destinataires principaux sont les pays pauvres où les risques pour la santé et l’environnement sont les plus élevés. Championne de ces exportations mortifères : la firme allemande BASF, le plus grand groupe chimique du monde, qui emploie plus de 120 000 personnes sur les cinq continents. Il a vu l’an dernier son bénéfice net multiplié par six. Exporter des poisons, ça rapporte…

Des militantes féministes et une dizaine de personnalités souhaitent ériger un monument dédié aux dizaines de milliers de femmes décédées, souvent dans des conditions atroces, des suites d’un avortement clandestin avant la légalisation, en 1975, de l’IVG par la la loi Veil. Baptisé « Aux avortées inconnues », ce projet, que ses initiatrices souhaitent voir implanté à Paris, sera officiellement présenté dimanche 28 septembre à la Maison de la Poésie à l’occasion de Journée internationale du droit à l’avortement. « Il s’agit de rendre hommage à toutes ces femmes qui se battaient pour leur liberté et pour vivre leur vie », a expliqué la cinéaste Mariana Otero, fille de la peintre Clotilde Vautier morte en 1968 à la suite d’un avortement clandestin. Au-delà de l’hommage en lui-même, le projet, qui sera associé à un site internet, se veut également la porte d’entrée à une collecte d’informations sur le profil des victimes et plus largement sur ce « trou noir de l’Histoire ». Combien de femmes sont décédées entre le vote de la loi de 1920 – qui interdisait l’avortement et le considérait comme un crime – et son abolition cinquante-cinq ans plus tard ? Nul ne le sait, car les décès liés à l’avortement étaient déclarés sous d’autres noms, par exemple péritonite ou complications gynécologiques, mais on les estime à plusieurs milliers par an. Il est plus que temps de rendre hommage à ces victimes du machisme, de la bigoterie et de la bêtise.

La reconnaissance de la Palestine par Emmanuel Macron à l’ONU a provoqué des réactions diverses et variées dans la classe politique. Les macronistes, et Olivier Faure pour le Parti socialiste, l’ont qualifiée un peu vite d’ « historique », alors qu’avant Paris plus de 140 pays l’avaient déjà reconnue depuis sa proclamation par Yasser Arafat en… 1988. Mieux vaut tard… À gauche Roussel, pour le PCF, et Mélenchon, pour la France insoumise, parlent de « victoire » mais ne s’attardent pas sur ce que ce geste va concrètement apporter aux Palestiniens. Et tous de défendre la solution à deux États qui, même si elle se réalisait (ce qui est hautement improbable) ferait de l’État palestinien une espèce de bantoustan d’Israël. À droite et à l’extrême droite, on s’aligne sur Netanyahou en affirmant que cette reconnaissance favorisera le Hamas. Tout en nuance. En fait le geste tardif de Macron et de ses compères européens, qui ne s’accompagne d’aucune sanction à l’égard de l’État sioniste, ne changera rien à la situation du peuple palestinien qui ne peut compter pour survivre que sur sa lutte et la solidarité de la classe ouvrière internationale.

La Commission européenne vient de proposer de reporter d’un an supplémentaire, de fin 2025 à fin 2026, l’entrée en vigueur de la loi contre la déforestation. Cette loi vise à interdire la commercialisation en Europe de produits comme l’huile de palme, le cacao, le café, le soja et le bois quand ils proviennent de terres déboisées après décembre 2020. En 2024, l’Union européenne avait déjà reporté d’un an l’entrée en vigueur de cette loi qui suscite une levée de boucliers des milieux d’affaires de l’agrobusiness mais aussi des États-Unis et de nombreux États africains et asiatiques opposés à toute règlementation. Et tout ce beau monde a reçu l’appui de la droite et de l’extrême droite au Parlement européen ainsi que de certains pays comme l’Italie et l’ Autriche. Ce report est perçu par les organisations environnementales comme un nouveau « coup de tronçonneuse » dans les forêts. Un de plus.

Pour régler définitivement un litige qui remonte à 2019, la banque suisse UBS a annoncé qu’elle allait s’acquitter d’une somme de 835 millions auprès du fisc français. Sur cette somme, 730 millions d’euros sont une amende à laquelle s’ajoutent 105 millions d’euros de réparations civiles. L’établissement helvétique avait, pendant des années, démarché discrètement des millionnaires et milliardaires résidant dans l’Hexagone en leur proposant d’ouvrir, en toute discrétion, des comptes non déclarés en Suisse pour leur permettre de placer leur argent en échappant à l’impôt. Mais UBS s’en tire plutôt bien puisque, dans un premier temps, l’amende avait été fixée à 3,7 milliards d’euros, plus 800 millions de dommages et intérêts. Après appel, les pénalités avaient été ramenées à 1,8 milliard d’euros, puis en cassation à la somme actuelle. Mais 835 millions d’euros ne représentent pas grand-chose pour la banque helvétique qui a déclaré l’an dernier un bénéfice avant impôt de 6,8 milliards de dollars (5,75 milliards d’euros). Et soyons sûrs que les banquiers de Bâle et de Zurich ont trouvé depuis lors, les moyens de contourner la loi et de continuer à s’en mettre plein les poches.