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Brèves

L’actualité en bref

Par la voix du chancelier, Friedrich Merz, l’Allemagne vient d’annoncer qu’elle ne livrerait plus d’armes à Israël pour perpétuer le génocide de Gaza. Et les observateurs de saluer un tournant décisif dans la politique de Berlin. Ce pays est, après les États-Unis, le second fournisseur d’armes à l’État sioniste avec 30 % du total. Les exportations allemandes comprennent des composants de défense aérienne, des munitions et des technologies pour le développement d’armes. Le chancelier a tenu à préciser : « Le gouvernement allemand reste profondément inquiet de la souffrance continue de la population civile dans la bande de Gaza. » Un humanisme touchant qui le serait encore plus si les autorités n’avaient pas tenu à préciser que cet embargo ne concernait que Gaza. Ce qui laisse sous-entendre que les armes allemandes pourraient continuer à être utilisées contre la population palestinienne de Cisjordanie. De vrais humanistes on vous dit !

Londres a annoncé avoir placé en détention les premiers migrants arrivés sur des petits bateaux et ayant vocation à être renvoyés « dans les prochaines semaines » en France dans le cadre du nouveau traité franco-britannique entré en vigueur cette semaine. Le traité est basé sur un principe d’« un pour un ». La France reprendra des migrants arrivés au Royaume-Uni par la Manche et dont la demande d’asile n’est pas jugée admissible parce qu’ils sont passés auparavant par un pays considéré comme « sûr », selon le Home Office. Dans l’autre sens, Londres acceptera des personnes se trouvant en France et ayant fait une demande sur une plateforme en ligne, en donnant la priorité à celles ayant des liens avec le Royaume-Uni. Ce troc sordide ne résoudra en rien le sort des migrants et ne permettra pas, contrairement à ce qu’affirment Londres et Paris, de démanteler les réseaux de passeurs. Mais il aggravera un peu plus le sort des personnes arrêtées tout en permettant au Premier ministre travailliste, Starmer, et à Macron de montrer à leur extrême droite qu’ils luttent contre l’immigration. Et c’est là tout le but de l’opération.

La polarisation sur la loi Duplomb a fait passer au second plan une autre décision importante du Conseil constitutionnel. Il a en effet censuré la loi Retailleau visant à élargir aux étrangers « condamnés pour des faits d’une particulière gravité et présentant de forts risques de récidive » l’allongement de la durée de maintien en centre de rétention administrative (CRA) de 90 à 210 jours. Les membres du Conseil ont considéré qu’enfermer des étrangers condamnés pendant sept mois n’étaient pas constitutionnel. Un sérieux revers pour le ministre de l’Intérieur qui voulait faire de cette loi un marqueur dans la lutte contre les étrangers indésirables en général, et les migrants en particulier. Mais Rétailleau et ses amis ont d’ores et déjà annoncé qu’ils allaient revenir à la charge. De ce point de vue, rien n’est encore gagné !

À la grande satisfaction de celles et ceux qui s’étaient mobilisés contre elle, la loi Duplomb a été censurée partiellement par le Conseil constitutionnel. Ce dernier a estimé illégale la réintroduction de l’acétamipride, pesticide tueur d’abeilles et dangereux pour la santé humaine. Cependant la plupart des articles de cette loi, taillée sur mesure pour l’agrobusiness, ont été validés, notamment ceux qui favorisent la construction ou l’élargissement des bâtiments d’élevage intensif et les ouvrages de stockage d’eau, les fameuses « mégabassines », pour les gros agriculteurs. Comme le dit la Confédération paysanne, seule organisation agricole nationale hostile au texte, c’est « une victoire d’étape », mais la lutte continue pour abolir l’ensemble de la loi.

Plus de 17 000 hectares sont partis en fumée dans l’Aude du fait des pires incendies qu’ait connus ce département depuis des décennies. Avec le réchauffement climatique, ce genre de catastrophe risque de se reproduire. En octobre 2022, après un été qui avait vu les forêts de Gironde ravagées par les flammes, Emmanuel Macron annonçait le renouvellement de douze canadairs ainsi que l’achat de quatre nouveaux… pour 2028. Trois ans plus tard, la flotte existante est plus que jamais à bout de souffle et les nouveaux avions promis ne sont pas sûrs d’être livrés. En février 2024, le Premier ministre d’alors, Gabriel Attal, avait même pris un décret pour réduire de 52,8 millions d’euros les crédits alloués à la sécurité civile. Autant de moyens en moins dans la lutte contre les incendies. Et aujourd’hui, Bayrou remet le couvert en faisant de nouvelles promesses tout en sabrant dans les dépenses civiles. Le gouvernement sait toujours trouver l’argent pour équiper l’armée de nouveaux chasseurs de combat et de bombardiers, mais il n’en a plus lorsqu’il s’agit de se procurer des bombardiers d’eau. Question de choix.

Une enquête conjointe du quotidien britannique The Guardian, du média en ligne israélien Local Call et du site israélo-palestinien +972 Magazine montre que le géant de la tech, Microsoft, collabore étroitement avec l’armée israélienne dans le cadre de la guerre de Gaza. Microsoft a développé une version personnalisée de sa plateforme cloud pour l’unité militaire israélienne 8 200, spécialisée dans le renseignement et la guerre cybernétique. Plus de 200 millions d’heures d’enregistrements audio sont stockées par Microsoft, dont des appels de dizaines de milliers de Palestiniens définis comme « suspects » par l’occupant. Ces derniers sont ensuite arrêtés… ou abattus sans autre forme de procès. Un business juteux pour Microsoft qui capitalise sur le génocide à Gaza.

Les locaux de la compagnie aérienne israélienne El Al, qui se trouvent rue de Turbigo, dans le 3e arrondissement de la Paris, ont été tagués dans la nuit de mercredi à jeudi à Paris.
Les inscriptions « Palestine vivra, Palestine vaincra », « Fuck zionism » ou encore « El Al Genocide Airline » ont été floquées sur les murs du bâtiment et l’entrée recouverte de peinture rouge. La ministre israélienne des Transports, Miri Regev, a condamné sur X un « acte barbare et violent ». De son côté l’ambassadeur d’Israël en France, Joshua Zarka, s’est rendu sur place en déclarant : « C’est un acte de terrorisme parce que ça a pour but de terroriser, de terroriser les employés d’El Al, de terroriser les citoyens israéliens, de leur faire peur… » Ces gens-là ne manquent pas d’air. Ils qualifient cette action, qui n’a fait aucune victime le bâtiment étant vide au moment des faits, de « terroriste » eux qui soutiennent sans état d’âme un gouvernement génocidaire qui pratique le terrorisme d’État à grand échelle qui a fait déjà au moins 60 000 victimes. Leur cynisme et leur culot ne peuvent qu’écœurer.

Dans une lettre à François Bayrou, que son entourage a fait opportunément fuiter au quotidien de droite Le Figaro, Emmanuel Macron appelle à « une plus grande fermeté envers Alger » et demande notamment de suspendre « formellement » l’accord de 2013 avec l’Algérie « concernant les exemptions de visa sur les passeports officiels et diplomatiques ». Cette attitude à l’égard de l’ancienne colonie française est fortement encouragée et applaudie par la droite et l’extrême droite qui ont la mémoire longue et n’ont jamais vraiment digéré que les Algériens aient finalement obtenu leur indépendance après une guerre sanglante qu’ils ont gagnée. Au cœur de la brouille actuelle entre les deux pays, le sort de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal et celui du journaliste sportif Christophe Gleizes, tous deux condamnés à de lourdes peines de prison sous des prétextes bidon par la justice du président dictateur Abdelmadjid Tebboune qui veut sans doute les utiliser comme monnaie d’échange dans de futures négociations. On ne voit pas trop en quoi l’attitude de Macron améliorera leur sort. Mais pour le locataire de l’Élysée, l’important est la politique d’affichage. Comme d’habitude…

Encore un fait divers comme en raffolent la droite, l’extrême droite… et Retailleau. Un homme avait été filmé alors qu’il allumait une cigarette avec la flamme du Soldat inconnu, monument qui se trouve sous l’Arc de Triomphe à Paris. La vidéo avait été mise en ligne sur les réseaux sociaux provoquant une indignation quelque peu surjouée à l’extrême droite mais aussi dans les rangs du gouvernement. La première à ouvrir le feu a été la ministre déléguée chargée de la Mémoire et des Anciens Combattants, Patricia Mirallès, qui a dénoncé « un geste d’une indécence inacceptable » en ajoutant : « On ne bafoue pas impunément la mémoire de la France. » Son collègue de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a, lui, fustigé une attitude qui « porte atteinte à la mémoire de ceux qui sont morts pour la France ». Sortez les clairons et les drapeaux ! Et, divine surprise pour la fachosphère, le coupable identifié et arrêté est un Marocain en possession d’un titre de séjour et qui sera probablement expulsé. Aux accents patriotiques se mêle donc maintenant une campagne à tonalité raciste dans laquelle tout ce petit monde communie avec ferveur.