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Brèves

L’actualité en bref

Une fois n’est pas coutume. La CGT de France Télévisions s’est livrée à une critique acerbe du Journal de 20 heures présenté par Léa Salamé le soir du 10 septembre sur France 2. Et pour cause. La journaliste a pratiquement passé sous silence les revendications sociales et politiques des manifestants. Pas un mot sur les inquiétudes liées aux services publics, aux transports ou celles exprimées par les lycéens. Rien non plus sur les critiques de l’austérité, des inégalités et du déni démocratique que ressent une majorité de la population. À propos du traitement de la police par la présentatrice, le syndicat constate : « Dire que les forces de l’ordre ont “appris des Gilets jaunes à être plus efficaces”, sans rappeler que depuis que Macron est au pouvoir la répression policière n’a jamais été aussi violente, avec des dizaines de personnes mutilées et éborgnées, et même trois personnes tuées depuis 2015, c’est tourner le dos à cette population qui continue de défendre le droit légitime de manifester. » Et de conclure ironiquement : « Félicitations pour ce journal d’Ancien Régime, pour ce journalisme de cour. »

L’assassinat sur un campus universitaire de l’Utah, aux États-Unis, de Charlie Kirk, un jeune influenceur raciste, xénophobe, homophobe, complotiste et intime de Trump, a conduit ce dernier à accuser « la gauche radicale woke » de ce crime. Sans aucune preuve comme d’habitude. Mais cela a suffi pour les trumpistes bien de chez nous de reprendre la balle au bond. De Jordan Bardella à Éric Zemmour en passant par Éric Ciotti, tous y sont allés de leur couplet contre la gauche radicale. La palme revient cependant à Marion Maréchal Le Pen qui a osé faire un lien entre le meurtre de Kirk… et les manifestations et blocages de rue du 10 septembre en France. Pour caractériser ces gens-là on peut reprendre une célèbre réplique de cinéma de Michel Audiard : « Les cons, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît ! »

La Global Sumud Flotilla, la flottille pour Gaza, composée d’une vingtaine de bateaux humanitaires au bord desquels se trouvent des volontaires de 44 pays, a subi une seconde attaque en deux jours dans les eaux tunisiennes. Dans la nuit du 9 au 10 septembre 2025, un bateau battant pavillon britannique, l’Alma, a été touché par un engin explosif lancé depuis un drone. Cette attaque a provoqué un début d’incendie sur l’embarcation. Les organisateurs de la flottille ont directement accusé Israël, bien que ce dernier n’ait ni confirmé ni nié les attaques. Les participants ont exprimé leur détermination à poursuivre leur mission en vue de tenter de forcer le blocus, notamment naval, que l’État sioniste impose au territoire palestinien depuis 2007. Le départ, initialement prévu pour le 8 septembre, a été reporté à plusieurs reprises pour des raisons logistiques et sécuritaires.

Lors d’un récent attentat à Jérusalem, le Premier ministre israélien avait expliqué que son pays était en guerre sur six fronts : le Liban, la Syrie, l’Irak, le Yémen, Gaza et la Cisjordanie. Le lendemain, il en ouvrait un septième en bombardant des immeubles à Doha, la capitale du Qatar, supposés abriter des dirigeants du Hamas. Et il n’est pas sûr qu’il s’arrête en si bon chemin. Car tant qu’il aura le soutien des principaux pays occidentaux, au premier rang desquels les États-Unis, Benjamin Netanyahou, continuera sa fuite en avant guerrière qui, du moins à court terme, renforce la mainmise de l’impérialisme dans la région.

Tôt mercredi matin, un remorqueur d’intervention, d’assistance et de sauvetage a ramené au port de Boulogne-sur-Mer (Nord) un groupe de 44 migrants, dont trois personnes inanimées, déclarées décédées peu après. Selon les autorités, ces trois victimes ont « vraisemblablement été écrasées au fond » de leur embarcation partie de Sangatte. Lors d’un autre incident, trois personnes ont disparu en mer lors du départ chaotique d’une embarcation partie de la même zone. Un bilan macabre qui s’alourdit chaque jour du fait de la politique migratoire répressive pratiquée à la fois par la Grande-Bretagne et l’Union européenne.

Des têtes de cochons ont été découvertes devant les portes de neuf mosquées de Paris, de Seine-Saint-Denis et des Hauts-de-Seine. Une fois n’est pas coutume, le ministre de l’Intérieur sur le départ, Bruno Retailleau, a condamné « des provocations insupportables ». Mais ces actes islamophobes se produisent dans un situation où les campagnes anti-migrants et islamophobes, d’une partie de la droite, de l’extrême droite, voire de certains ministres, entretiennent un climat raciste qui encourage des crétins ou des gens manipulés à passer à l’acte.

Une jeune femme de 25 ans est morte après avoir reçu plusieurs blessures par arme blanche dans le quartier du Pont-Neuf. La victime avait croisé son ex quelques minutes avant qu’il ne l’attaque. Le couple s’était séparé au printemps dernier après deux ans de relation. La victime avait porté plainte à six reprises contre son conjoint. Elle avait été alors équipée d’un téléphone grave danger, un dispositif de protection pour les victimes de violences conjugales. Ce qui n’a pas empêché le meurtrier de passer à l’acte. Pratiquement chaque semaine, au moins un féminicide est commis dans le pays par un conjoint ou ex. Le produit meurtrier d’un sexisme et d’un machisme qui imprègnent l’ensemble de la société.

D’usines en supermarchés, le patronat européen licencie dans le monde entier. Les constructeurs automobiles Bosch, Stellantis et Volvo ont annoncé depuis le mois d’avril 21 400 licenciements à venir. Dont 7 000 emplois déjà supprimés chez Volkswagen depuis fin 2023. Un grand panel de secteurs sont touchés : de la banque (8 200) et des médias (750) aux biens de consommation et leur distribution (5 600), en passant par les télécommunications (100), l’énergie (2 400), les microprocesseurs (5 000), la chimie (200) et les fabricants pharmaceutiques (9 000). Les coupes concernent 5 % des effectifs de l’énergéticien de l’État allemand Uniper, et le même chiffre est atteint dans la seule usine de Volvo Cars en Caroline du Sud (États-Unis). Et jusqu’à 11 %, au sein de Novo Nordisk, le fabricant qui représente 54 % des parts du marché des traitements contre le diabète et l’obésité et affiche 100 milliards de dollars de résultat net pour l’année dernière. Auchan ferme 25 magasins en Espagne en supprimant 710 postes. C’est pour en ouvrir d’autres plus tard, avec plus de pression sur moins de travailleurs, et des aides publiques pour « créer de l’emploi ». Contre cette offensive patronale coordonnée, à nous de coordonner nos luttes.

Un reporter du Monde raconte le quotidien intenable d’un couple ayant acquis leur camion pour échapper aux baisses de salaire. Car la concurrence entre les travailleurs se déchaîne, avec 60 % d’entre eux qui ont acheté leur camion. Elle est orchestrée par des plateformes de type Uber pour leur faire payer le maintien des profits des grands transporteurs dans un contexte de ralentissement des affaires. Le salaire moyen, pour beaucoup bien inférieur, est de 1 260 euros pour ces contrats auto-entrepreneurs. Quant aux distributeurs, ils peuvent interdire à l’épouse du chauffeur d’entrer dans leurs entrepôts par pur sexisme et font souvent patienter une journée les camionneurs pour les faire servir de stocks gratuits. Enfin, la surcharge systématique et les tarifs en berne engendrent des accidents mortels qui ne peuvent être imputés qu’au système qui les rend possibles.