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Brèves

L’actualité en bref

Les 68 employés d’une papeterie de Nersac (Charente) ont été licenciés en février dernier par leur employeur, Lecas industrie, qui dépend du groupe Hamelin, l’un des leaders européen du secteur. Depuis le mois de juin, ils ne touchent ni salaires, ni indemnités, ni aide d’aucune sorte, en dépit d’un PSE validé par l’Etat, car Lecas a depuis demandé sa liquidation judiciaire et affirme ne pas être en mesure de tenir ses engagements. Les salariés ne peuvent même pas s’inscrire à France Travail en attendant que l’imbroglio administratif soit réglé… Leur avocat dénonce une escroquerie et un règlement de comptes consécutif à des luttes menées dans l’entreprise contre des licenciements de délégués du personnel.

Ces employés doivent donc attendre une réunion du tribunal de commerce, sans toucher un sou, pour connaître leur sort. Dans une période où les licenciements se multiplient, ce cynisme patronal et ce mépris des institutions pour la vie quotidienne des travailleurs exigent une large riposte.

Alors que le nombre de signatures au bas de la pétition contre la loi Duplomb frôle maintenant le chiffre de 2 millions, les signataires viennent de recevoir l’appui public, dans Le Monde, de près de 400 professionnels de la restauration allant des chefs étoilés aux responsables de cantines responsables en passant par des bistrots et des collectifs de restaurateurs-paysans. Ils écrivent notamment : « Si nous prenons la parole aujourd’hui, c’est que nous sommes estomaqués par l’aveuglement de nos politiques et par les liens, devenus trop évidents, de ces derniers avec l’agro-industrie ». Et de poursuivre : « La loi dite ‘Duplomb’ est une insulte aux scientifiques, une insulte aux agriculteurs qui se passent des pesticides tous les jours, une insulte à la santé de tous, mais aussi une insulte à notre métier ». Et de conclure : « Aujourd’hui, nous sommes inquiets. Inquiets de l’avenir de notre alimentation qui subit de plein fouet la crise climatique et la perte de la biodiversité. Inquiets de la hausse effrayante des cancers. Inquiets de la qualité des produits que nous servons, qui ne semble que se détériorer, ces derniers contenant toujours plus de résidus de pesticides. Même l’eau que nous apportons à table, qu’elle soit minérale ou du robinet, est touchée par ce problème. Nous faisons ce métier pour nourrir, pas pour empoisonner. ». Empoisonner ? Le capitalisme s’en charge…

La ministre du Travail et de la Santé, Catherine Vautrin, a détaillé les mesures qu’elle proposait pour parvenir à économiser 5 milliards d’euros l’an prochain sur les dépenses de Santé, comme demandé par François Bayrou. Elle veut mettre fin à l’idée que l’assurance maladie « c’est gratuit, j’y ai droit ». On va donc faire payer les malades et assurés sociaux à tour de bras. Chasse aux arrêts maladie, doublement des franchises médicales, suppression du remboursement à 100 % des cures thermales et des médicaments pour les affections longue durée etc. Tout le monde va devoir passer à la caisse… sauf les trusts et les gros laboratoires pharmaceutiques qui se font du lard sur le dos de la Sécurité sociale.

François Bayrou, veut, parait-il, expurger les finances publiques en instaurant, l’an prochain, un régime de rigueur, c’est à dire un plan destiné à imposer aux plus pauvres de se serrer un peu plus la ceinture. Mais dans ce domaine il n’invente rien. Il peut prendre comme exemple le plan de rigueur de 1983 appliqué par la gauche. Le Premier ministre était alors François Mauroy et le Président de la République François Mitterrand, élu au poste suprême deux ans auparavant. Dans un premier temps ils mirent en œuvre quelques unes de leurs promesses électorales (réduction du temps de travail, revalorisation de certaines prestations sociales, impôt sur les grandes fortunes..) mais sans toucher aux fondamentaux du régime capitaliste. Mais, deux ans plus tard, ce fut la douche froide. Sous prétexte de lutte contre l’inflation, la hausse du chômage et le déficit extérieur, le gouvernement « de gauche » changeait de cap : réduction drastique des dépenses de santé, hausse généralisée des taxes sur le tabac, l’alcool, l’électricité et des cotisations sociales, blocage des prix et des salaires, ainsi que des restrictions sur la consommation et le crédit. Cette politique fut soutenue par l’ensemble de la gauche (Parti socialiste, Parti communiste, radicaux de gauche, etc) mais aussi ouvertement par la CFDT. Pas étonnant qu’aujourd’hui les mêmes tardent à mobiliser contre Bayrou et son budget anti-ouvrier.

En coordination avec les Émirats arabes unis et la Jordanie le gouvernement britannique a annoncé son intention de larguer de l’aide humanitaire par voie aérienne aux Gazaouis et de réaliser des évacuations sanitaires d’enfants ce dont la population a « désespérément besoin ». La veille, Paris, Berlin et Londres avaient exhorté Israël à « lever immédiatement les restrictions sur l’acheminement de l’aide ». Nobles déclarations. Mais toujours pas un mot pour dénoncer la responsabilité de l’État sioniste dans ce génocide et pas question non plus d’arrêter les livraisons d’armes qui permettent ces massacres ou de sanctionner Netanyahou. De la pure hypocrisie.

Selon l’ONG Médecins sans frontières au moins 652 enfants sont morts de faim depuis le début de l’année dans ce pays africain. Quant aux cas de malnutrition infantile ils ont augmenté de 208 % entre janvier et juin par rapport à la même période de 2024. La situation alimentaire est catastrophique et 31 millions de personnes souffrent de faim aiguë. À l’origine de cette situation la flambée du coût de la vie, des attaques de groupes djihadistes mais aussi, et surtout, la décision des pays occidentaux de couper de façon drastique les fonds destinés à l’aide humanitaire. C’est le cas des États-Unis, de la Grande Bretagne et de l’Union européenne qui, dans le même temps, ont procédé de façon spectaculaire à l’augmentation des budgets d’armement. Des canons pour les uns, la famine pour les autres…

L’ex-président syrien Bachar al-Assad, aujourd’hui réfugié en Russie, échappe à son mandat d’arrêt en France, qui a été annulé par la Cour de cassation. C’est en novembre 2023 que ce mandat avait été lancé contre le dictateur syrien pour complicité de crimes contre l’humanité et crimes de guerre pour avoir utilisé, en 2013, du gaz sarin contre la population civile qui avait fait plus de mille morts. La Cour de cassation a estimé qu’aucune exception ne pouvait lever l’immunité personnelle absolue d’un chef d’État en exercice, ce qui était le cas d’al-Assad à l’époque. Les génocidaires ne sont condamnés ou tout simplement exécutés sans jugement que quand ils sont pris par des ennemis puissants, souvent eux-mêmes criminels de guerre, et ne disposent pas de suffisamment d’appuis, tels Saddam Hussein ou Khadafi. Un génocidaire comme Netanyahou ne sera sans doute jamais condamné. Une justice internationale dans un monde impérialiste où seules comptent la richesse et la puissance est une illusion.

Macron vient d’annoncer qu’il s’apprêtait à reconnaître l’État de Palestine en septembre prochain à l’occasion de l’Assemblée générale de l’ONU et dans le cadre d’une conférence sur la question co-organisée avec l‘Arabie saoudite. Rappelons que l’État palestinien a été proclamé par Yasser Arafat en 1988, reconnu comme « État non membre observateur » par l’ONU en 2012 et comme État à part entière par 144 pays à travers le monde. Macron a attendu que la population gazaouie soit massacrée et que celle de Cisjordanie de plus en plus soumise à une colonisation forcée pour franchir le pays. Quelle audace ! Mais toujours pas question pour lui de cesser les livraisons d’armes à l’État sioniste, voire de demander la dénonciation de l’accord de coopération qui le lie à l’Union européenne. Une reconnaissance hypocrite sur un champ de ruines.

Après plus de 40 ans derrière les barreaux dans l’Hexagone, le militant communiste libanais, Georges Ibrahim Abdallah, est arrivé à Beyrouth. Sorti de la prison de Lannemezan (Hautes-Pyrénées) il a été transféré à l’aéroport de Roissy, son avion le transportant ensuite jusqu’à la capitale libanaise. Des membres de la famille du militant propalestinien et de l’équipe qui l’a soutenu l’attendaient dans le salon d’honneur de l’aéroport. Des dizaines de ses partisans, certains brandissant des drapeaux palestiniens et du Parti communiste libanais, s’étaient rassemblés près du hall des arrivées. Il s’est ensuite rendu dans son village natal de Kobayat, dans le nord du pays, où, selon sa famille, « un accueil populaire et officiel lui sera réservé ». Auparavant il avait déclaré à l’AFP : « « Quarante ans, c’est beaucoup, mais on ne les sent pas quand il y a une dynamique de lutte ».