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Brèves

L’actualité en bref

Marine Le Pen est vent debout contre l’accord conclu entre les États-Unis et l’Union européenne. Mais attention : son indignation est sélective. Si elle dénonce une « capitulation en rase campagne » et « un fiasco moral » de la part de la Commission européenne, elle n’a pas un mot pour critiquer l’attitude de Trump. Et pour cause. Car depuis le retour de celui à la Maison Blanche il est ouvertement courtisé par l’extrême droite. En février dernier, le président du RN Jordan Bardella s’était rendu à Washington pour un grand raout ultra-conservateur, alors que Louis Aliot, maire RN de Perpignan était présent lors de l’investiture de Donald Trump en janvier ainsi qu’Éric Zemmour. Alors pour la fachosphère pas question de s’en prendre à l’idole tout en défendant, en paroles, les intérêts des patrons et des agriculteurs bien de chez nous. Un grand écart difficile…

Xavier Janet était jusqu’à présent directeur des affaires publiques de la FNSEA, l’organisation représentant les intérêts de l’agro-business dans le monde agricole. Il vient d’être nommé sans coup férir directeur de cabinet de Sophie Primas, la porte-parole du gouvernement. Il fait dire que les deux se connaissaient déjà. Il avait été son collaborateur parlementaire au Sénat entre 2011 et 2021. Une preuve de plus des liens qui unissent, depuis toujours, milieux patronaux, classe politique et gouvernements.

Deux organisations israéliennes de défense des droits humains, B’Tselem et Physicians for Humans Rights Israel (Médecins pour les droits humains Israël) viennent d’affirmer que l’État sioniste commettait un « génocide » contre les Gazaouis, à l’issue de deux enquêtes menées sur plusieurs mois. B’Tselem affirme dans son enquête : «  L’examen de la politique israélienne dans la bande de Gaza et de ses conséquences horribles ainsi que les déclarations de hauts responsables politiques et militaires israéliens sur les objectifs de l’attaque, nous amènent à la conclusion sans équivoque qu’Israël mène une action coordonnée visant à détruire intentionnellement la société palestinienne dans la bande de Gaza ». L’ONG médicale s’est concentrée quant à elle sur le « démantèlement délibéré et systématique du système de santé de Gaza » et conclut que les opérations « répondent aux critères de génocide tels que définis dans la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, dont Israël est signataire ». Il y a fort à parier que les deux ONG ne vont pas tarder d’être accusées « d’antisémitisme » par Netanyahou et ses soutiens. 

La Cour suprême russe a interdit le « mouvement sataniste international » qui, selon plusieurs médias indépendants et organisations non-gouvernementale, n’a jamais existé. Ce qui n’a pas empêché Kyrill, le patriarche orthodoxe de Moscou, d’applaudir cette décision. Un geste qui sert la propagande de Poutine qui cherche à s’ériger en champion des valeurs chrétiennes conservatrices face à l’Occident. Une décision qui fait écho à l’interdiction, en 2023, d’un groupe « LGBTQ+ international » lui aussi parfaitement inconnu. Ces décisions kafkaïennes pourraient faire sourire si elles n’étaient pas utilisées contre des opposants accusés d’avoir des liens avec ces mouvements imaginaires et envoyés en prison.

Un groupe d’une quarantaine d’adolescents revenant d’une colonie de vacances en Espagne se sont faits débarquer d’un avion par la police sur l’aéroport de Valence à la demande du commandant de bord. Selon le pilote, l’équipage et la compagnie Vueling, ces jeunes auraient eu un comportement, non seulement gênant pour les autres passagers, mais dangereux en refusant d’éteindre leurs portables et en jouant avec des équipements de sécurité. Il n’en a pas fallu davantage à toute une partie des médias et à des politiciens pour accuser le commandant et son équipage d’antisémitisme, car cette colonie appartient à une organisation communautaire juive. Le gouvernement français à même demandé des explications au gouvernement espagnol ! Ce n’est pourtant pas la première fois que des passagers turbulents sont débarqués d’un avion. Des supporters niçois avaient par exemple été contraints de quitter un avion en 2017. L’acteur Depardieu lui-même avait été invité à descendre en raison de son comportement grossier.

Il y a suffisamment de véritables actes antisémites et racistes à dénoncer sans transformer une mesure de sécurité relativement banale en affaire d’État. L’instrumentalisation de ce genre d’incident risque au contraire de contribuer à développer l’antisémitisme.

Les 68 employés d’une papeterie de Nersac (Charente) ont été licenciés en février dernier par leur employeur, Lecas industrie, qui dépend du groupe Hamelin, l’un des leaders européen du secteur. Depuis le mois de juin, ils ne touchent ni salaires, ni indemnités, ni aide d’aucune sorte, en dépit d’un PSE validé par l’Etat, car Lecas a depuis demandé sa liquidation judiciaire et affirme ne pas être en mesure de tenir ses engagements. Les salariés ne peuvent même pas s’inscrire à France Travail en attendant que l’imbroglio administratif soit réglé… Leur avocat dénonce une escroquerie et un règlement de comptes consécutif à des luttes menées dans l’entreprise contre des licenciements de délégués du personnel.

Ces employés doivent donc attendre une réunion du tribunal de commerce, sans toucher un sou, pour connaître leur sort. Dans une période où les licenciements se multiplient, ce cynisme patronal et ce mépris des institutions pour la vie quotidienne des travailleurs exigent une large riposte.

Alors que le nombre de signatures au bas de la pétition contre la loi Duplomb frôle maintenant le chiffre de 2 millions, les signataires viennent de recevoir l’appui public, dans Le Monde, de près de 400 professionnels de la restauration allant des chefs étoilés aux responsables de cantines responsables en passant par des bistrots et des collectifs de restaurateurs-paysans. Ils écrivent notamment : « Si nous prenons la parole aujourd’hui, c’est que nous sommes estomaqués par l’aveuglement de nos politiques et par les liens, devenus trop évidents, de ces derniers avec l’agro-industrie ». Et de poursuivre : « La loi dite ‘Duplomb’ est une insulte aux scientifiques, une insulte aux agriculteurs qui se passent des pesticides tous les jours, une insulte à la santé de tous, mais aussi une insulte à notre métier ». Et de conclure : « Aujourd’hui, nous sommes inquiets. Inquiets de l’avenir de notre alimentation qui subit de plein fouet la crise climatique et la perte de la biodiversité. Inquiets de la hausse effrayante des cancers. Inquiets de la qualité des produits que nous servons, qui ne semble que se détériorer, ces derniers contenant toujours plus de résidus de pesticides. Même l’eau que nous apportons à table, qu’elle soit minérale ou du robinet, est touchée par ce problème. Nous faisons ce métier pour nourrir, pas pour empoisonner. ». Empoisonner ? Le capitalisme s’en charge…

La ministre du Travail et de la Santé, Catherine Vautrin, a détaillé les mesures qu’elle proposait pour parvenir à économiser 5 milliards d’euros l’an prochain sur les dépenses de Santé, comme demandé par François Bayrou. Elle veut mettre fin à l’idée que l’assurance maladie « c’est gratuit, j’y ai droit ». On va donc faire payer les malades et assurés sociaux à tour de bras. Chasse aux arrêts maladie, doublement des franchises médicales, suppression du remboursement à 100 % des cures thermales et des médicaments pour les affections longue durée etc. Tout le monde va devoir passer à la caisse… sauf les trusts et les gros laboratoires pharmaceutiques qui se font du lard sur le dos de la Sécurité sociale.

François Bayrou, veut, parait-il, expurger les finances publiques en instaurant, l’an prochain, un régime de rigueur, c’est à dire un plan destiné à imposer aux plus pauvres de se serrer un peu plus la ceinture. Mais dans ce domaine il n’invente rien. Il peut prendre comme exemple le plan de rigueur de 1983 appliqué par la gauche. Le Premier ministre était alors François Mauroy et le Président de la République François Mitterrand, élu au poste suprême deux ans auparavant. Dans un premier temps ils mirent en œuvre quelques unes de leurs promesses électorales (réduction du temps de travail, revalorisation de certaines prestations sociales, impôt sur les grandes fortunes..) mais sans toucher aux fondamentaux du régime capitaliste. Mais, deux ans plus tard, ce fut la douche froide. Sous prétexte de lutte contre l’inflation, la hausse du chômage et le déficit extérieur, le gouvernement « de gauche » changeait de cap : réduction drastique des dépenses de santé, hausse généralisée des taxes sur le tabac, l’alcool, l’électricité et des cotisations sociales, blocage des prix et des salaires, ainsi que des restrictions sur la consommation et le crédit. Cette politique fut soutenue par l’ensemble de la gauche (Parti socialiste, Parti communiste, radicaux de gauche, etc) mais aussi ouvertement par la CFDT. Pas étonnant qu’aujourd’hui les mêmes tardent à mobiliser contre Bayrou et son budget anti-ouvrier.