Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Interpellés le 4 août dernier dans un camp de fortune installé sous le métro aérien à La Chapelle, deux jeunes Afghans ont été placés en détention au commissariat local du 18e arrondissement. Là, ils affirment avoir été passés à tabac notamment à coup de pieds, de poings, de coups avec des ceintures, et avoir subi de violences avec des objets comme des poubelles, humiliés et insultés après que leurs tentes et leurs affaires personnelles aient été détruites. Leur avocat a également évoqué des actes de torture, tels que l’enfoncement de stylos dans leurs oreilles et l’utilisation d’une serpillière pour leur faire éponger leur sang ou la mettre dans la bouche. La police des polices a ouvert une enquête. Mais d’ici que les flics cogneurs soient poursuivis…

Philippe Court, le préfet du département, vient de porter plainte contre Aurélien Taché, député de la France Insoumise, élu depuis 2017. Il reproche au parlementaire d’avoir affirmé dans un tweet que « La police tue partout. Dans le Val-d’Oise où je suis élu, comme dans les Deux-Sèvres où j’ai grandi », réagissant à l’organisation d’une marche blanche le 19 septembre à Augé (Deux-Sèvres) pour rendre hommage à Gabriel Bée, un homme de 33 ans tué par un gendarme au mois de mai pour tapage nocturne. Le préfet a aussitôt reçu le soutien de Bruno Retailleau, le ministre de l’Intérieur, qui a appelé à soutenir les forces de l’ordre. Selon les chiffres compilés par le média indépendant Basta, 747 personnes dont été tuées par la police et la gendarmerie entre 1977 et 2020, soit une moyenne annuelle d’environ 17 morts par an. À cela il faut en ajouter 44 autres abattues en 2021 et 2022, et 55 en 2024, un record depuis 57 ans. Un nombre qui ne cesse d’augmenter. Pour une police qui ne tue pas, cela commence à faire beaucoup.

Une plaque en hommage aux Justes, c’est à dire à celles et ceux qui ont caché ou sauvé des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, souvent au péril de leur vie, a été vandalisée dans un parc de cette commune, située dans la banlieue lyonnaise. Le maire socialiste, Cédric Van Styvendel, a dénoncé un acte antisémite soulignant que « le mariage de la lâcheté et de la bêtise doit nous inquiéter et nous mobiliser ». Il a ajouté que la plaque, qui portait le nom de onze Justes villeurbannais, serait rapidement réinstallée. Cet acte raciste n’est pas isolé. Le 30 juillet dernier, un homme de 27 ans a été condamné à un an de prison ferme pour avoir brûlé un Coran dans une mosquée de la ville. L’antisémitisme, comme l’islamophobie, sont des formes de racisme que la classe ouvrière doit combattre sans relâche comme autant de poisons qui divisent ses rangs.

Jean Pormanove, de son vrai nom Raphaël Graven, est mort en direct le 17 août devant des centaines de milliers d’internautes alors qu’il participait à des émissions sado-masochistes où, depuis des semaines, il se faisait torturer et humilier en direct. Celles et ceux qui regardaient ces scènes dégradantes pouvaient éventuellement, contre paiement, demander aux tortionnaires du malheureux, dénommés Naruto et Safine, de lui infliger les supplices de leur choix. Les émissions étaient hébergées par la plateforme australienne Kick mais tournées à Contes, dans les Alpes-Maritimes. La ministre du Numérique, Clara Chappaz, avait été alertée, dès le mois de décembre 2024, par Mediapart sur les sévices subis par Pormanove. Sans réponse. En février de cette année c’était au tour de la Ligue des droits de l’homme de saisir sur le même sujet l’Arcom, l’autorité de régulation de l’audiovisuel, sans plus de résultat. Il a fallu la mort de cet homme pour que le parquet de Nice se réveille. Un peu tard. Mais quel que soit le manque de réaction des autorités, le fait que de telles chaînes puissent exister reflète le fait que nous vivons dans une société malade prête à faire de l’argent sur tout, même sur les traitements violents et sadiques que l’on inflige devant des caméras à des êtres humains. Un business de la maltraitance avec pignon sur rue dont les premières victimes sont des personnes vulnérables.

Le ministère des Armées s’est adressé à Renault pour lui proposer de fabriquer des drones militaires qui seraient ensuite livrés à l’armée ukrainienne. Les premières réactions à ces projets des travailleurs concernés et des syndicats n’ont pas du tout été favorables, même si on leur a fait miroiter la préservation des emplois. « On a signé pour fabriquer des voitures, pas des armes ! » ont répondu de nombreux salariés. Devant à cette hostilité, Renault envisagerait désormais de produire les drones en Slovénie. On ignore comment réagiront les travailleurs slovènes, mais il n’y a jamais à se réjouir de la production d’armes, dans quelque lieu que ce soit, car ces armes finissent toujours par être utilisées, y compris contre d’autres travailleurs. D’autant que ceux qui les fabriquent font souvent partie des premiers ciblés…

Nous étions habitués à voir tous ceux qui affirment leur solidarité au peuple palestinien et dénoncent le génocide de Gaza se faire accuser d’antisémitisme, non seulement par divers médias mais par des membres du gouvernement. Mais cette fois, c’est Netanyahou qui lance cet anathème… contre Macron, pour la raison que celui-ci affirme vouloir reconnaître un État palestinien. La déclaration de Macron et la prise de position de la représentation française à l’ONU ne risquent pourtant pas d’avoir la moindre conséquence pratique. Sans compter que Macron n’a pas cessé de fournir des armes à l’État israélien et que les propagandistes de Tel Aviv ont table ouverte dans les médias. Mais, pour le gouvernement d’extrême droite israélien, ce geste purement symbolique est encore de trop.

Une nouvelle campagne de l’horloger Swatch pour ses montres a provoqué une vague d’indignation dans le plus grand pays d’Asie. Sur une des affiches promotionnelles, on voit en effet un mannequin, montre de la marque au poignet, tirer les coins de ses yeux pour les allonger et avoir l’air « chinois ». Un des stéréotypes les plus courants qui passe mal parmi les populations asiatiques. Cela a entraîné, sur les réseaux sociaux, des appels à boycotter Swatch, et pas seulement en Chine. La marque s’est finalement excusée en retirant l’affiche litigieuse sans cependant reconnaître sa connotation raciste. D’autres marques étrangères ont connu pareille mésaventure au cours des dernières années. Par exemple, Dolce & Gabbana, après la publication en 2018 de vidéos montrant une personne utilisant des baguettes pour manger de la cuisine italienne, ou Dior qui, en 2023, affichait aussi un mannequin tirant sur le coin de son œil. Des clichés douteux qui ont la vie dure.

Dans une interview accordée à Paris Match, Macron en fait des tonnes sur sa proximité avec François Bayrou l’appelant « mon ami… mon compagnon de route » et défend son projet de budget « lucide et courageux que nous avons longuement préparé ensemble ». Mais vu le taux d’impopularité record du Premier ministre et sa majorité parlementaire à éclipse, le président de la République se trouve contraint de réaffirmer que Bayrou pourra rester à Matignon jusqu’en 2027… sans vraiment y croire puisqu’il agite malgré tout la menace de dissolution, tout en affirmant qu’il n’en veut pas. Bref un compliment à Bayrou qui a des airs de méthode Coué appliquée à la politique.

Suite à la proposition d’Emmanuel Macron qu’une prochaine rencontre Poutine-Trump-Zelensky se tienne à Genève, le ministre suisse des Affaires étrangères, Ignazio Cassis, a annoncé que son gouvernement était prêt à offrir l’immunité à Vladimir Poutine sans tenir compte du mandat d’arrêt international lancé contre lui par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Et Cassis d’expliquer que le pouvoir fédéral suisse fait la distinction entre une visite privée et une visite « pour une conférence de paix ». Ce qui sera éventuellement le cas de Poutine. Et ce n’est pas un exemple isolé. À travers le monde plusieurs pays, membres ou non membres de la Cour pénale internationale, refusent d’exécuter ces mandats d’arrêts internationaux pour des raisons diplomatiques et politiques. Au premier rang desquels les États-Unis, Israël, l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, la Hongrie, la Mongolie, l’Argentine, etc. Ces mandats ne sont appliqués en général qu’à des dictateurs déchus des pays pauvres. Quant aux génocidaires des grandes puissances et leurs alliés ils peuvent continuer à massacrer sans crainte d’être poursuivis.